‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 279 sur 412 · Députés du second ordre (note du ms · texte numérisé non relu

Députés du second ordre (note du ms

5. Du Chaîne, neveu de Tévêque de Senez, vieillard faible qui avait amassé beaucoup d'argent (note du ms.).

6. M. de Lévis de Ventadour (note du ms.). Cet archevêque de Bourges vécut de 1606 à 1662.

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C'est assez, Apollon, pense à faire retraite ; Quelle faim de parler! Tu n'en as dit que trop. On va courre après toi ; tout le monde s'apprête ; Adieu, mets vitement le Pégase au galop.

Il reste bien encore une bonne douzaine De flatteurs méritant le coup d'ongle ou de bec; Tu devrais bien encor faire honneur à ma veine, Mais boute-selle sonne ; à demain le rebec.

Celte critique était assez équitable en plusieurs points ; mais on pouvait dire en général qu'il n'y avait aucun prélat dans cette longue assemblée qui méritât des éloges sans mélange de quelques censures, puisque plusieurs de ceux qui connaissaient la pureté de la doctrine de saint Augustin et qui voyaient aussi clairement que Port-Royal que l'on tendait à condamner la doctrine de saint Augustin sous le nom de Jausénius ne firent nulle difficulté de la condamner avec les autres, et de signer lâchement le formulaire de M. de Marcaet des Jésuites, contre leurs propres lumières et leur conscience.

CHAFITHE VI 11

Quelques évéuements particuliers du mois de mai, et particulièremeut l'exclusioa des Jésuites de la ville de Bayonne.

11 arriva encore pendant le cours du mois de mai quelques autres événements qui n'ont pu être rapportés eu leur lieu, quoiqu'ils méritent bien de n'être pas oubliés. Dès les premiers jours de ce mois, on lisait avec une avidité incroyable la troisième Disquisition de Paul Irénée, écrite par M. Nicole pour condamner d'imprudence le Père Annal, sur ce qu'il avait écrit touchant le sens de Jausénius. Les Jésuites et leurs bons amis parurent fort embarrassés dès que cet écrit fut mis en lumière. M. Colombel, curé de Saint-Germain de l'Auxerrois^ en conçut une si profonde mélancolie qu'elle alla jusqu'à la consternation. La mélancolie qui l'agitait le porta à défendre à M. de l'un des

ecclésiastiques de sa paroisse, frère de M. l'évêque d'Aulonne, de confesser une dame des plus considérables de sa paroisse. Cela excita un très grand bruit qu'il eut

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peine à supporter, parce qu'il avait la tête trop faible pour se soutenir en ces sortes de rencontres, et tout le monde sut dans la suite que son entêtement contre ce qu'on appelait jansénisme lui démonta enfin la cervelle*. L'inquiétude qu'il en eut alors était fondée sur ce que M. de Contes, doyen de Notre-Dame, et M. Porcher, vice gérant, voulurent l'obliger de donner à cet ecclésiastique une déclaration qui portât en termes que ce n'était ni pour sa mauvaise vie ni pour aucune erreur qu'il eût reconnue en lui qu'il le priait de se retirer.

Le 5 du même mois, on mandait de Tours qu'un jésuite, qui était à Nantes peu de jours auparavant, en attendant le vent favorable pour s'embarquer pour Canada, disait que le livre du Père Bagot serait censuré et s'en réjouissait; parce qu'il était persuadé que sa compagnie, qui se perdait par son orgueil, avait besoin d'être humiliée; il ajoutait même qu'il priait Dieu tous les jours de faire pleuvoir des humiliations sur elle. Quelques-uns crurent à Tours, après avoir ouï de sa bouche une parole si libre, que c'était pour cela qu'on le reléguait au pays des infidèles pour y cueillir la palme du martyre.

Les Jésuites virent pendant ce mois de mai qu'il leur avait été plus aisé de se rétablir dans Venise que de s'établir dans Bayonne, quoique depuis plus de cinquante ans, ils n'eussent point cessé de faire de temps en temps tous les elforts nécessaires pour y avoir une maison. Ils en avaient dressé le plan dès l'année 1606^ pendant que le Père Boy, l'un de leurs plus fameux prédicateurs, y avait prêché Pavent et le carême, et il n'avait pas manqué de faire tous ses efforts envers le peuple pour lui faire concevoir que cet établissement dans leur ville était le plus grand bonheur qui pût arriver aux habitants. Mais quoiqu'il n'y eût gagné que le déplaisir de n'être point écouté, il ne perdit pas néanmoins l'espérance d'y trouver plus de disposition une autre fois.

Cette première tentative ne leur ayant pas réussi, ils en firent encore une seconde en 1613, par le moyen du Père Bort', qui s'y conduisit avec plus d'adresse, ayant pratiqué

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