‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 297 sur 412 · Rue Quincampoix (ces deux mots ont été barrés · texte numérisé non relu

Rue Quincampoix (ces deux mots ont été barrés

2. Sauâ doute Valierville, comuauue du département de la Seine-In-»férieure (arr. de Neufchàtel.)

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Au milieu de tant de tempêtes, les miracles se multipliaient tous les jours dans le monastère de Port-Royal de Paris, et il s'en fît un le dimanche de la Trinité, des plus étonnants que l'ont eftt vus jusqu'à ce temps-là. Une jeune pensionnaire nommée Claude Baudran ', parisienne de naissance, âgée de quinze à seize ans, ayant été travaillée de plusieurs maux depuis sept ans, était sujette à de très grands maux de tète, à la colique avec une débilité générale et une extrême difficulté de respirer; et depuis peu de mois elle avait perdu entièrement l'usage de la voix. Mais ce qui était le plus grand de tous ses maux depuis les quatre dernières années est qu'elle était devenue prodigieusement enflée,. ayant dans le ventre une grande dureté en forme de loupe palpable et flottante que les médecins avouaient être extraordinaire et tout à fait inconnue ; car dans cet espace de quatre ans, ils avaient épuisé tout leur art sans en avoir tiré le moindre secours pour le soulagement de cette fille, qui était toujours à Port-Royal-des- Champs.

Le vendredi devant la Trinité, elle commença une neuvaine à la Sainte-Épine qui se garde toujours au monastère de la ville où elle fut amenée le lendemain. Le jour même de la Trinité, à six heures et demie du soir, elle fut visitée par MM. Isoré et Hamon, docteurs en médecine, et par les sieurs Dalencé et Guillard, maîtres chirurgiens. Après une longue consultation, M. Dalencé dit qu'il ne voyait point d'autre remède que de lui ouvrir le ventre avec un rasoir. Cela fut entendu de la malade et joignit en son esprit une extrême frayeur à une extrême confusion qu'elle avait de son mal, et d'une opération si sensible et si honteuse tout ensemble. Gela fit que tout le monde étant sorti de sa chambre, elle se leva et s'alla prosterner devant le Saint Sacrement et devant la Sainte-Épine, où ayant été environ une demi-heure, Dieu la guérit si parfaitement qu'étant revenue à son lit pour se coucher, sans aucune sorte d'éva-

1. Claude Baudraa, née en 1642, fut mise à P.-R. en 1651. Elle y prit l'habit de novice en 1662, mais en fut enlevée presque aussitôt par ordre du roi et mourut la même année. On a son portrait sur un ex-voto conservé à Linas (Seine-et-Oise), et attribué quelquefois à Philippe de Champaigne. Cette peinture a été gravée.

cuation, elle trouva son ventre tout désenflé, et dès ce moment il ne lui resta plus rien, ni dans la suite aucune incommodité, de sorte que les mêmes médecins et chirurgiens étant mandés dès le lendemain, et étant venus pour faire l'opération, ils furent surpris de trouver cette fille dans le meilleur état de santé où l'on peut être, le ventre tout plat, la parole et la voix revenues parfaitement, le teint même et la couleur du visage rétablie. On en chanta le Te Deum, et Messieurs les grands-vicaires se disposèrent à en faire une information.

Ces miracles n'étaient pas renfermés dans les bornes du royaume. Car un bon prêtre écrivait de Rome à M. Taignier, du 8 mai, qu'ayant reçu depuis quelques mois des linges et images qui avaient touché à la Sainte-Épine, et ayant fait dire une neuvaine de messes pour une fille malade de fièvre continue pendant soixante jours, dont le confesseur et les médecins attendaient plus la mort que la vie, le premier jour de la neuvaine elle sentit du soulagement, mais le dernier jour elle mangea, dormit, et le lendemain elle se leva, ce qu'elle n'avait point fait pendant le cours de sa maladie, ce que l'on attribua à un pur miracle et fut' de grande considération en ce pays-là.

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