‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 30 sur 412 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

État de l'affaire de M. lé cardinal de Relz. Harangue prononcée devant le roi par M. l'archevêque de Sens contre les entreprises des huguenots. Sollicitations des curés de Paris pour le retour des exilés.

On apprit dans les derniers jours du mois de mars que l'on recommençait à poursuivre M. Chassebras, curé de la Madeleine, et que l'on recherchait avec tous les soins imaginables les lieux où il pouvait être caché. Ceux qui voulaient pénétrer dans les desseins de la cour crurent que la raison de ce changement venait vraisemblablement de la crainte que l'on avait que M. le cardinal de Retz pourrait bien révoquer la commission qu'il avait donnée du grand vicariat de Paris à M. du Saussay, son officiai. Car il était fort mal satisfait de lui, à cause que lui ayant adressé une procuration pour faire en son nom le serment de fidélité, il la lui avait renvoyée sans exécuter ses ordres, qui portaient qu'en cas qu'on la refusât, il devait protester de se pourvoir en temps et lieu contre ceux qui l'empêcheraient. Et il était d'autant plus irrité de cette conduite que non seulement ce grand vicaire n'avait rien fait de ce qu'il lui

marquait en cela si précisément, mais même il avait montré à M. le cardinal Mazarin cette procuration et la lettre que son maître lui écrivait à ce sujet.

Ceux qui étaient persuadés de la crainte qu'avait la cour de la révocation du grand vicariat de M. du Saussay s'affermirent dans leur pensée quand ils apprirent que depuis quatre ou cinq jours on avait révoqué la parole que l'on avait donnée de faire approcher de Paris les amis de M. le cardinal de Retz, ce qui faisait prévoir sur ce sujet de nouvelles brouilleries.

Le dimanche 2""= d'avril, l'Assemblée générale du clergé de France se rendit au logis de M. l'archevêque de Narbonne et en partit sur les trois heures pour aller au Louvre. M. de Rhodes, grand-maître des cérémonies, l'y reçut et le conduisit dans la salle du conseil'. M. du Plessis Guénégaud, secrétaire d'État, qui dans ses emplois avait le département du clergé, l'y vint prendre, et passant par la salle des Gardes qui étaient sous les armes, l'amena au grand cabinet de la reine où étaient le roi, la reine, M?"" le duc d'Anjou, M. le Chancelier et plusieurs grands du royaume. M. le cardinal Mazarin ayant joint la compagnie dans l'anticabinet et s'étant mis à la tête de M. l'archevêque de Narbonne, M. l'archevêque de Sens, qui était prié de porter la parole, s'avança vers Sa Majesté à laquelle il flt une vigoureuse remontrance, et prononça cette harangue avec tant d'éloquence et tant de force qu'elle fut généralement estimée de toute la cour ; ceux mêmes qui avaient peu d'affection pour lui ayant été contraints d'avouer que c'était une pièce admirable. Après que le roi eut témoigné hautement qu'il estimait beaucoup le zèle du clergé, lui promettant de considérer leurs remontrances et de pourvoir aux désordres que les huguenots avaient commis ; la reine prit la parole et dit qu'elle n'avait rien à ajoutera ce que le roi venait de dire, sinon qu'elle priait messieurs du clergé d'achever l'affaire

1. Il y a dans cette phrase une obscurité; on ne sait à quoi se rapporte le conduisit. Le paragraphe tout entier est mal rédigé ; il y a même certainement quelques lacunes. On ne voit pas bien que le clergé venait se plaindre, comme le dit le sommaire, des entreprises des. protestants. La chose est de peu d'importance puisque les procèsverbaux des assemblées du clergé sont imprimés; le ms. y renvoie même en indiquant le numéro de la page (323),

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