LIVRE XVII
d'un écrivain qui veut rendre ridicules ceux dont la générosité ecclésiastique sera la confusion éternelle de sa lâcheté et de celle de ses partisans. Le silence est le meilleur parti qu'il puisse prendre après cette conviction, et j'estime qu'il est déjà pleinement persuadé qu'il lui est plus aisé de se rendre agréable à ceux qui se servent de ses adresses et de sa plume, que de justifier sa conduite contre les accusations de ceux qui soutiennent les droits de l'Église par la force invincible de la vérité. »
M. l'archevêque de Sens procura l'édition de cet ouvrage, qu'il appelait son factum; mais l'auteur en est demeuré inconnu, car ceux qui l'ont attribué à Messieurs de Port- Royal ont été de mauvais critiques. Il fut la consolation de ceux qui aimaient l'Église, parce qu'ils virent que, dans le temps de sa plus grande oppression, sa cause n'était pas tout à fait abandonnée. Mais ni ce livre, ni les lettres que M. le cardinal de Retz avait écrites au roi et à la reine le neuvième jour du mois d'avril de la même année ne servirent de rien pour la restitution de ses fruits, parce qu'on le voulait réduire par la pauvreté à abandonner son siège archiépiscopal, et M. l'archevêque de Toulouse ne tendaità le dépouiller de cette dignité que pour s'en revêtir lui-même.*
C'était dans cette vue, si intéressée et si basse*, qu'il violait toutes les lois de l'Église, et l'ambition dont il était possédé le rendait insensible aux remords de sa conscience, et l'élevait fièrement au-dessus de la censure publique, sans considérer ce que Dieu lui préparait dès ce monde même dans l'ordre effroyable de sa justice.