‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 310 sur 412 · JESUS MARIA · texte numérisé non relu

JESUS MARIA

« A Notre-Dame des Ardilliers le 29 juin 1657.

Mes très chers et Révérends Pères,

La grâce et le parfait amour de Jésus-Christ Noire-Seigneur soient en vous à jamais.

« La grande charité de nos Pères, non seulement de notre conseil, mais aussi de plusieurs maisons et spécialement de la communauté de Paris assemblée, me presse et m'oblige de vous prier de trouver bon que l'assemblée générale^ indiquée* par notre lettre circulaire au mois de septembre prochain, soit différée jusqu'après Pâques. C'est ce que je fais avec regret; mais ils ont eu égard à mon infirmité, qui reçoit très peu de soulagement et qui ne me permettrait pas d'y assister et d'y rendre l'assiduité nécessaire sans tomber dans une extrémité. Il ne restera qu'à envoyer les ordres des députations et les avis ordinaires du lieu et du temps auquel elle se tiendra. Cela ne sera pas sans exemple, puisque trois de nos assemblées tenues aux Ardilliers, à Saint-Magloire, et celle de notre élection à Paris ont été faites en ce temps-là avec les précautions nécessaires pour ceux qui seraient dans l'emploi de nos collèges.

« J'ajouterai par incident un avis important et une très importante prière que je vous fais de souscrire à la constitution et à la bulle de nos très saints Pères, selon le formulaire prescrit par nos seigneurs les évêques et qu'ils ont résolu, dans leur assemblée générale, être proposé par chacun d'eux aux ecclésiastiques de leurs diocèses; duquel nous avons jugé à propos de vous envoyer copie avec cette lettre. El comme je m'assure que vous y serez très disposés, je vous supplie de n'y témoigner aucune difficulté; mais plutôt facilité, promptitude et obéissance aux trois puissances légitimes sous lesquelles nous vivons : du souverain pontife, des évêques et du roi, et auxquelles nous devons obéir: à la première comme chrétiens et catholiques; à la seconde comme prêtres et prêtres de l'Oratoire; et à la troisième comme français et sujets du roi qui se rend le protecteur et exécuteur des canons, décrets et décisions de l'Église et du SaintSiège apostolique. Nous y sommes obligés : Aon solum propter tram, sed etiam propter conscientiam .

« Vous pouvez prévoir le danger évident auquel ceux qui

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en feraient refus s'exposeraient de se perdre et de perdre la congrégation si elle les tolérait; et je déclare en son nom, puisque Dieu m'en commet la conduite, de ne les pouvoir souffrir sans m'y opposer ouvertement. Il est question d'une doctrine déclarée hérétique par le Saint Siège, et reconnue telle par les évéques assemblés, et non tolérée dans le royaume, et par conséquent sujette à toutes les rigueurs des lois et des canons, et sous un roi qui promet toute main forte, et qui est très porté de zèle avec ses ministres pour l'exécution. Vous pouvez juger de là des extrémités où cela peut aller et que nous devons tous prévenir par une soumission et obéissance prompte à laquelle Dieu nous oblige sous peine de déchoir du nom de chrétiens, de catholiques, de prêtres de l'Oratoire et d'enfants de l'Église et de la congrégation. Mais je proteste vous écrire ceci par précaution et non par aucun soupçon, et encore moins créance qu'aucun se rende difficile à une chose si sainte et si juste. Pardonnez au zèle et à la charité que Jésus-Christ me donne pour tous ceux qu'il m'a donnés et commis.

Qui ferventer amant semper sibi somnia fingunt.

« Je demeure en lui et en sa très sainte mère.

Mes très chers et très révérends Pères. Votre très humble et très obligé serviteur,

François Bourgoing,, prêtre de l'Oratoire de Jésus.

« L'original de cette lettre demeurant aux registres de la congrégation, j'ai prié nos révérends Pères assistants de la souscrire, et ceux à qui elle sera adressée de donner créance aux copies coliationnées et soussignées du Père Thiersaut, secrétaire de la congrégation. »

Et plus bas était écrit : « Nous souscrivons la présente lettre de notre révérend Père général, G. Dorron, J. Berthad.

Collationné sur l'original par moi soussigné, prêtre et secrétaire de la congrégation de l'Oratoire de J.-C, N. S. P. Thiersaut. »

A la fin de cette lettre, il avait fait imprimer l'extrait du procès verbal de l'Assemblée générale du clergé de France tenue le mercredi 14 de mars de la même année au grand couvent des Augustins.

Cette trop grande précaution ne tendait qu'à troubler la congrégation de l'Oratoire sous prétexte d'y entretenir

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