‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 309 sur 412 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Le Père Bourgoing, général de l'Oratoire, envoie à sa congrégation un nouveau formulaire pour la signature des deux constitutions.

Depuis que la dernière constitution avait été présentée au roi par le nonce, et reçue dans l'Assemblée générale du

1. Anne-Marie-Louise d'Orléans, dauphine d'Auvergne et duchesse de Montpensier (1626-1693).

On lit ici au ms. en marge, d'une main étrangère qui paraît être celle de la Mère Le Féron : La demoiselle ayant ouï sonner compiles pendant qu'elle visitait le monastère avec les dames qui l'accompagnaient, elle voulut aller au chœur. Lorsqu'elle y arriva, on commençait la lecture qui se fait avant cette dernière heure de l'office. Elle entra fort doucement pour ne pas interrompre, et elle s'assit à terre sur ses jambes, tout contre la lectrice qui ne la vit pas. Mais tout le chœur ayant vu que c'était Mademoiselle, on se mit à terre comme elle.

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clergé de France qui avait beaucoup enchéri sur les décrets des deux derniers papes, les plus modérés attendaient avec patience quel usage on en ferait, et ta surséance du Parlement touchant l'enregistrement des bulles et de la déclaration suspendait les esprits dans la plupart des compagnies et des diocèses. Mais ceux qui avaient un grand zèle pour l'établissement de la doctrine de Molina travaillaient avec empressement à engager dans la signature toutes le« personnes de leur dépendance ; et on en avait déjà vu quelques effets dans le diocèse de Poitiers; car il n'était ps^ possible que le sieur Filleau y eût du crédit et qu'il se tînt en repos. Sur la fin du mois précédent, les chanoines de Saint- Hilaire, qui prétendent ne dépendre que du pape, firent publier la bulle d'Alexandre Vil avec leur mandement dans l'étendue de leur bourg et de leur juridiction, qui est dans l'enclos de la ville de Poitiers; et par celte ordonnance, ils obligeaient tous leurs suppôts d'abjurer l'hérésie du jansénisme S comme s'il n'était plus permis de douter qu'il y en eût une. L'avocat du roi triomphait de ce mandement et se vantait de persécuter les disciples de saint Augustin par le fer et par le feu.

Dans les derniers jours du mois de juin, le Père Bourgoing, général de l'Oratoire, qui ne négligeait nulle rencontre de se signaler et de faire valoir la réconciliation prétendue de sa congrégation avec la société des Jésuites, voulut encore prendre les devants pour faire un grand éclat dans l'Église sur ce sujet. Ceux qui connaissaient son génie n'en étaient nullement surpris. Car le Père Desmares avait témoigné le 23 de mai, en dînant chez M. de Dernières, que le Père de Condren, gé-néral de l'Oratoire, avait dit trois jours avant sa mort en parlant du Père Bourgoing : « On le fera général après moi; mais il gâtera tout. Il y a déjà longtemps que lorsque je veux agir par mon esprit, qui est de douceur et de charité, il m'en empêche, et agit autrement. » Cette dernière occasion lui en fournit une nouvelle matière et vérifia la prédiction que son fameux prédécesseur avait faite de lui. Car sans différer plus longtemps, il envoya cette lettre circulaire à sa congrégation :

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