‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 313 sur 412 · LIVRE XVll · texte numérisé non relu

LIVRE XVll

rer que si nous étions en temps de paix, et que nous ne fussions pas tous les jours à la veille de sortir d'ici comme nous sommes, sans avoir nos papiers avec nous, nous serions ravis de pouvoir lui rendre quelque service. Mais il faut que Dieu agisse auparavant pour nous rendre cette liberté.

« Mademoiselle, qui vint hier ici et visita nos sœurs, leur demanda si Port- Royal ne ferait pas bientôt voir la Bible traduite en français et la vie de saint Louis. A quoi elles répondirent que nous n'étions pas en état de travailler à ces ouvrages, étant persécutés et tourmentés comme nous sommes, ce qui est encore plus vrai qu'on ne le disait; et si Dieu ne nous avait point liés par son esprit avec nos sœurs, nous aurions été chercher la paix et le repos à cent lieues d'ici dans quelque profonde solitude, pour y étudier en liberté et achever de très saints ouvrages commencés. Mais nous remettons tout cela à sa providence, et croyons qu'il n'en agrée pas l'achèvement, puisqu'il ne nous met pas en état de nous y pouvoir occuper. »

Cette lettre n'est pas seulement une excuse de Messieurs de Port-Royal envers M. de Vence pour ne pas se charger de la revue et de l'examen de sa traduction de l'Evangile; mais elle fait voir aussi avec quelle exactitude ils s'appliquaient eux-mêmes à cette version célèbre du Nouveau Testament qui a paru longtemps après, sous le nom de Mons, qui est le lieu où elle a été imprimée; puisqu'étant en leur pouvoir de la donner au public dès ce temps-là, ils ont encore attendu plus de dix ans avant que de la mettre en lumière.

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