‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 32 sur 412 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Morl de M. Bignon. Exil de plusieurs officiers du Parlement. Suite des affaires de l'archevêché de Paris et de la Faculté de théologie.

Le 7 de ce mois d'avril M. Bignon, avocat général au Parlement de Paris, l'un des plus savants hommes de notre siècle et qui avait le plus honoré sa profession, finit une vie dans laquelle il avait donné continuellement des exemples d'une grande intégrité. Il avait rempli deux fois la place d'avocat général, l'ayant reprise après la mort de M. Briquet *, son gendre, pour n'y tenir que le second rang, parce que M. Talon, son collègue, occupait le premier depuis sa démission. Nous avons vu l'étroite liaison qu'il avait eue avec M. l'abbé de Saint-Cyran, et son affection pour le monastère de Port- Royal, auquel il avait confié l'éducation de ses enfants. Parmi ses excellentes vertus, tm remarquait en sa personne [non] moins de force que de lumière^ et ceux qui le connaissaient de plus près attribuaient ce caractère à la délicatesse de sa conscience. Au commencement de la régence, on avait beaucoup parlé de le faire précepteur du roi, et personne ne doutait qu'il n'en fût très * capable; mais le spectre du jansénisme épouvantait déjà la cour, et ceux qui ne l'agréaient point dans cet emploi lui attribuèrent cette odieuse qualité afin de l'en exclure.

Cette perte ne fut pas la seule que souffrit alors le Parlement, et sa liberté souffrit une rude atteinte par l'emprisonnement et l'exil de quelques-uns de ses officiers. Il y avait déjà quelques mois qu'il avait voulu prendre connaissance du fait des monnaies, à cause de la fabrique des lys

1. Etienne Briquet, époux de Marie Bignon, était devenu avocat général par la démission de son beau-père. Il mourut en 1645. Sa fille, religieuse à Port-Royal, est la sœur Briquet, dont on a une relation de captivité si charmante.

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