‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 339 sur 412 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

M. le nonce s'instruit par la lecture de quelques écrits, et par des conférences avec des personnes désintéressées.

On voyait alors quelque rayon d'espérance qui faisait juger que les diflérends de l'Église pourraient bien s'accommoder, parce que M. le nonce n'était pas si éloigné que par le passé d'écouter avec patience ceux qui tâchaient de lui faire connaître tout le fond de cette affaire, que les Jésuites avaient toujours déguisée à la cour de Home par leurs calomnies.

Dans le mois de juillet, M. Delahaye, supérieur du monastère de Bellechasse', lia une négociation avec M. le nonce par le moyen de M. le marquis Palavicin et d'un Père théatin . Dans un entretien qu'eut M. le marquis Palavicin * avec ce ministre du pape, il lui représenta qu'il ne fallait pas aller si vite dans la grande affaire contre les disciples de saint Augustin, qui n'était proprement que l'affaire des Jésuites contre des gens de bien qu'ils considéraient comme les ennemis jurés de leur société. M. le nonce lui répondit qu'il était convaincu de ce qu'il lui disait, quoique d'ailleurs il eût reconnu en plusieurs rencontres que cette personne qui lui donnait cet avis n'était pas ami des jésuites, et qu'ainsi il avait de la peine à se persuader que ces Pères voulussent poursuivre des gens de bien pour les perdre sans qu'il y en eût un sujet tout différent de celui dont on

1. H y avait à Paris, rue de Bellechasse, un monastère de chauoinesses qui s'établirent dans la capitale en 1636.

2. La fainilie Pallavicini au Pallavicino était encore célèbre à Rome au xviii» siècle; un jésuite de ce nom, mort en 1667, venait d'être fait cardinal par Alexandre VII.

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