‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 34 sur 412 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

dente, dans l'assemblée provinciale de Normandie, mais aussi par l'entreprise manifeste qu'il avait faite depuis peu sur la juridiction de M. le cardinal de Retz, archevêque de Paris, ayant fait afficher le dimanche 28 mars un mandement pour la publication du jubilé dans la Sainte Chapelle, dans lequel il assignait entre autres stations l'église de Saint-Jacques du Haut Pas, qui n'était ni dépendante, ni de la juridiction de la Sainte Chapelle. Cependant il y avait été le lendemain avec ses habits pontificaux. Cette aversion de sa personne et de sa conduite fut la cause de ce que, sur l'ouverture que fit M le doyen de Paris de le nommer pour la consécration des saintes huiles, quelques chanoines ayant vu qu'il s'en allait faire une conclusion à la pluralité des suffrages parce que le chef de leur compagnie prétendait que rien ne se faisait en cela que par le consentement de M. le cardinal de Retz, se retirèrent pour ne prendre aucune part h cette conclusion.

Le mercredi 12, on nomma des officiers dans le chapitre pour assister à cette cérémonie ; mais la seule proposition que l'on en fit irrita tellement les chanoines que plusieurs témoignèrent que si on les nommait pour cet effet, ils n'y déféreraient nullement, et même il y en eut un qui dit que si on le nommait pour faire la fonction de diacre, il prendrait plutôt un officier de Charenton* qu'aucun du chapitre pour cette cérémonie, tant il avait d'horreur du choix que l'on faisait de ce prélat.

Cette aversion leur dura jusqu'à la fin, car le lendemain jeudi, jour de la cérémonie, de quinze chanoines qui étaient restés dans le chapitre, il y en eut huit qui se retirèrent et allèrent au service à Saint-Victor, de sorte que M. de Coutances, se voyant ainsi abandonné^ tomba en faiblesse au milieu de la cérémonie, ne put consacrer qu'avec une extrême peine, et apparemment le cœur ne lui serait pas revenu sans le vinaigre que l'on apporta sur l'autel. Cependant la Gazette qui se publia le samedi suivant rapporta la chose tout autrement, et insinua que ce prélat n'avait fait la consécration des saintes huiles que sur les très instantes prières du chapitre de Paris.

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