CHAPITRE PREMIER
Nouveaux eflorts pour faire sortir de Port-Royal M"e de Roaunez. Réformation du procès-verbal de l'Adsemblée avec suppression de la lettre circulaire dressée par M. de Moutauban.
Ceux qui avaient conjuré la sortie de Mii« de Roannez de Port-Royal, voyant que la lettre de cachet n'avait pas été capable de lui faire changer de résolution et de l'arracher de ce monastère, eurent recours à un autre artifice pour réussir dans ce dessein. Celte demoiselle avait une sœur, religieuse professe dans l'abbaye de Notre-Dame de Soissons. Leur tante, qui en était abbesse, et qui avait écrit inutilement à sa nièce, s'avisa de faire sortir cette religieuse de son monastère et de l'envoyer à Paris pour gagner sa sœur. Elle y vint donc en ce temps-ci avec toutes sortes d'armes et d'attraits. Elle employa auprès de M"» de Roannez les remontrances, les prières, les conjurations, les larmes, et toutes les ruses de la piété et de la tendresse ou feinte ou véritable, pour tirer cette sœur hors de ce saint lieu; et après avoir fait de vains efforts pour ce sujet, elle en vint jusqu'aux menaces d'employer tout le crédit de la maison d'Elbœuf plutôt que de n'y pas réussir. Mais la fermeté desasœurla garantit encore pour ce coup de cette persécution domestique.
La lettre que M. le cardinal Mazarin avait écrite pour enlever du procès-verbal de l'Assemblée la lettre circulaire contre le Père Bagot, dressée par M. l'évéque de Montauban, produisit son effet au commencement du mois de septembre. C'était une étrange violence de détruire ainsi, par une autorité souveraine, les délibérations de l'Assemblée après sa séparation; mais rien n'était capable de résister au premier ministre, qui ne trouvait point à propos de rien