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étaient trop puissantes pour faire revenir la plupart de messieurs du Parlement à de plus grandes modifications ; et ils jugèrent qu'il était plus à propos d'insister sur l'autorité de la mercuriale qui concernait le règlement touchant les appellations des ecclésiastiques en fait de discipline, sur lesquelles il avait été dit que les sentences seraient exécutées indéfiniment, ce qui était d'une très grande conséquence dans la conjoncture où l'on se trouvait alors. Il fut arrêté sur ce point que le mot indéfiniment serait ôté, et qu'en sa place l'on mettrait, que les sentences seraient exécutées sauf appel, en cas que l'on vînt à l'interjeter.
La joie des Jésuites fut encore augmentée notablement lorsqu'ils ouïrent crier dans les rues le décret de la congrégation de l'Indice contre les Lettres Provinciales et quelques ouvrages de M. Arnauld publiés depuis la censure, sous ce litre : La condamnation des jansénistes par le pape, etc. Car ces additions odieuses ne leur coûtaient rien, et tout leur but était de donner des noms de secte à des personnes qui demeuraient étroitement attachées à l'unité de l'Église par les liens d'une fidélité inviolable.
Cependant M. le nonce recherchait toujours la réparation de l'injure qu'il se persuadait avoir été faite au Saint-Siège par la harangue de M. Talon, qu'il accusait hautement d'avoir avancé douze hérésies de compte fait, et surtout d'avoir voulu élever le roi au dessus du pape et des évoques par son onction royale. C'était le sujet des plaintes qu'il avait dessein de faire dans l'audience qu'il poursuivait. Mais le cardinal Mazarin lui fit entendre par avance que le roi était très satisfait de la harangue de cet avocat général, et qu'il n'y avait rien trouvé à redire. De sa part, il en était aussi extraordinairement satisfait, et il disait de lui, qu'à moins de dire publiquement aux jansénistes des injures de harengères, il n'avait pu se déclarer contre eux plus hautement qu'il avait fait, et qu'après cela, il ne pouvait plus passer pour janséniste. La reine n'en témoignait pas moins de son côté, et prenant cette occasion d'insulter à Mn^« de Saint Loup*, elle lui disait : «Eh bien! votre M. Talon a bien paru dans sa harangue n'être nullement janséniste...»
Le samedi 22 du même mois, il se tint un conseil secret
l. M*» de Saint-Loup, née La Roche-Posay, mourut à Poitiers en
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OÙ assistèrent M. le cardinal Mazarin, M. le prince de Conti, M. le procureur général et M. Servien. Son Eminence y proposa qu'il s'agissait de chercher les moyens de réduire les jansénistes à obéir au pape et au roi M. le procureur général [dit] que. le véritable moyen de terminer cette affaire était de leur faire signer le formulaire des évêques, et que c'était là le moyen le plus efficace pour mettre leur obéissance à l'épreuve. Mais Son Eminence, reprenant promptement la parole, [dit] que la signature était le dernier refuge des jansénistes, qu'il ne fallait nullement douter qu'ils ne l'acceptassent, ce qui serait un grand mal, parce qu'après leur acceptation il n'y aurait plus aucun lieu de les poursuivre, pour plusieurs raisons, mais principalement pour les mettre hors d'état de se fortifier dans leur hérésie, de sorte qu'avant que de les faire signer, il fallait faire contre eux ce que l'on jugerait à propos. La chose n'alla pas plus avant pour ce jour là^ et cette proposition capitale demeura pour lors sans décision.
Ce premier ministre ne put s'empêcher de témoigner dans ce conseil qu'il trouvait la reine admirable sur le fait des jansénistes, parce que, quand il s'agissait d'eux tous en général, elle voulait bien qu'on les exterminât entièrement^, mais que quand on venait à lui proposer en détail la destruction de quelque particulier d'entre eux, et à lui dire qu'il fallait commencer par pousser à bout M. d'AndiJly ou quelque autre^ elle s'écriait aussitôt qu'ils étaient trop gens de bien et trop bons serviteurs du roi. C'était la force de la vérité qui tirait cette confession de sa bouche, et tout le reste ne lui était venu en l'esprit que par des suggestions étrangères contre des personnes irréprochables dans la doctrine et dans les mœurs.
Ce jour là même, ce cardinal envoya quérir M, Talon pour recevoir de sa bouche l'éclaircissement de ses pensées sur trois articles dont M. le nonce se plaignait principalement, et après que cet officier du roi le lui eût expliqué, il en écrivit lui-même le résultat, de sa propre main, afin d'en parler plus correctement aux évoques quand il leur accorderait l'audience qu'ils sollicitaient, et de satisfaire à M. le nonce.
M. Chaillou, doyen de Beauvais, ayant reçu de Paris la relation de ce qui s'était passé au Parlement, assembla son
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chapitre sous le cloître, ea disant aux chanoines qu'il ne pouvait point différer de leur faire part d'une triomphante nouvelle. Mais les chanoines qui étaient engagés dans la défense de la cause de l'Église, et de leur évéque et des droits de la hiérarchie, demeurèrent fermes et intrépides parmi les insultes et les menaces de leur doyen, et continuèrent à faire en paix toutes les fonctions de leur ministère, en établissant toute leur confiance en Dieu.