‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 387 sur 412 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

sur une lettre que le pape avait écrite à M. le cardinal, parce que Sa Sainteté demandait entre autres choses, pour réduire les jansénistes dans l'ordre, que l'on renvoyât M. Duhamel dans le lieu de son premier exil; que son Éminence n'ayant pu résister à une demande si précise, il avait été contraint de représenter au roi qu'il était nécessaire pour satisfaire le pape que M, Duhamel fût relégué à Quimper. Voilà de quelle manière M. le chancelier révélait sans peine les mystères du cabinet.

Le dimanche 30, M. le cardinal Mazarin dit à M. l'évêque de Coutances que les jansénistes entretenaient quantité de petits collèges, et qu'il était à propos de les dissiper. A quoi ce prélat ayant répondu qu'il y avait déjà deux ans que celui de Port-Royal n'existait plus, le roi ayant ordonné qu'on le ruinât, il répartit qu'il savait de bonne part qu'il y avait encore plus de quatorze collèges qui subsistaient. M. de Toulouse et le Père Annat lui avaient donné ce faux mémoire, ne pouvant souffrir que l'on instruisit quelques enfants, en petit nombre, dans la piété et dans l'éloignement du monde, parce que cette éducation pouvait un jour avoir de mauvaises suites pour les intérêts humains de la compagnie de Jésus.

Enfin, le 31 du même mois, M. Duhamel partit de l'abbaye de Saint-Cyran dans le dessein de faire le voyage de Quimper; il ne put obtenir de la cour la permission de se retirer chez M, son père, ou chez quelqu'un de ses amis. Mais les Jésuites qui le voulaient tenir sous leur domination dans Quimper bouchaient toutes les avenues des grâces et prévenaient contre lui toutes les puissances par la suite de leurs calomnies.

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