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être la totale destruction des disciples de saint Augustin ne furent pas longtemps àreconnaître qu'il fallaitquelque chose de plus que cet enregistrement pour terminer cette grande affaire. M. l'archevêque de Toulouse et le père Annat, qui s'apercevaient que ce moyen leur avait assez peu réussi et était fort éloigné de l'effet qu'ils s'étaient proposé, firent de nouvelles instances auprès de M. le cardinal Mazarin le jeudi 27 décembre, pour ne pas laisser imparfait un si grand ouvrage, et le prièrent de porter le roi à envoyer des lettres de cachet dans chaque diocèse pour commander à tous les évoques de faire signer le formulaire de la dernière assemblée, et, de peur que le secrétaire d'État qui serait chargé d'une commission de cette nature n'adoucît les termes de la lettre, ils le dispensèrent de cette peine en le priant eux-mêmes d'en faire une qui fût tout à fait de leur façon. Mais ils trouvèrent en M. le cardinal Mazarin un extrême éloignement pour une proposition si peu équitable, et le Père Annat fut surpris de la manière assez rude avec laquelle il le repoussa. Car il lui dit que sa seule compagnie lui faisait plus d'afiaires en une année que tout le reste de la France; que le roi avait fait de sa part tout ce qu'il pouvait faire pour donner satisfaction au pape, et contentement à toute la société, en montant en son lit de justice pour faire vérifier la bulle par le Parlement, et que bien loin d'y vouloir ajouter quelque chose, il ne doutait pas que la postérité ne trouvât un jour à redire à celte vérification, parce qu'il avait fait en cela plus qu'il ne devait.
Cet archevêque et ce confesseur du roi ne se rebutèrent point de ce refus, et le lendemain^ vendredi 28, ils remirent encore la même proposition sur le bureau, afin que ceux des chanoines de Beauvais qui avaient appelé comme d'abus du prétendu statut de leur doyen ne pussent plus à l'avenir se servir de cette voie; car ils reconnaissaient que si on la laissait ouverte aux particuliers, il n'y aurait plus lieu de persécuter [)ersonne sous le prétexte du jansénisme, et que tous ceux qui refuseraient de signer le formulaire se mettraient par ce moyen à couvert de l'autorité des évêques.
Il se trouva de leurs plus intimes confidents qui furent d'avis d'abandonner entièrement ce dessein comme étant contraire ù, tout ce qui venait d'être fait au Parlement, en
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présence du roi, dans la vérification de la bulle. Us remontrèrent que le premier ministre ne voudrait pas se faire une affaire de cette importance, dont la fin et l'unique fruit serait d'attirer sur lui tous les Parlements du royaume; que c'était établir indirectement l'Inquisition en France, contre laquelle il y avait de très grandes prescriptions ; que les évêques qui ne voudraient point exécuter l'ordre du roi ni déférer à celte lettre de cachet déclareraient qu'ils s'en tiendraient à ce qui venait d'être fait dans le Parlement, en présence de Sa Majesté, et qu'il était impossible, pour le bien général de l'Église et pour celui de leurs diocèses en particulier, de recevoir la bulle autrement qu'elle venait d'être vérifiée. Que le premier prêtre qui se sentirait grevé par cette violence inouïe en appellerait comme d'abus et ferait casser par le Parlement tout ce qui aurait été fait au préjudice de l'arrêt de vérification. Ce fut par cette considération que le zèle impétueux de M. l'archevêque de Toulouse et du Père Annat trouva encore une barrière; mais ils se réservèrent à un temps plus favorable, lorsque le cardinal Mazarin, qui était naturellement fort timide, verrait croître sa hardiesse par l'accroissement de son pouvoir et de son autorité.
Ce jour là même, M. Thévenin, chanoine de Paris, se servit d'une occasion favorable pour négocier en faveur de M. Duhamel. Car M. le chancelier ayant besoin du service du chapitre de Paris pour une prorogation qu'il y poursuivait en faveur de M. l'abbé de Coislin ', son petit fils, depuis évêque d'Orléans, afin de posséder la maison du cloître où logeait M. de Meaux jusqu'à la fin de sa vie, il se servit de cette conjoncture pour demander à ce premier magistrat du royaume la grâce de faire modérer l'exil de M, Duhamel et d'obtenir de la bonté du roi qu'il pût demeurer ou à Bellesme, ou en quelque autre ville plus commode que Quimper. Mais M. le chancelier lui répondit que cet ordre pour Quimper ne pouvait nullement se changer, parce qu'il avait été conclu en un conseil secret qui avait été tenu en présence du roi même, et où personne n'avait assisté que M. le cardinal et lui, que cette résolution avait été prise
1. Pierre du Cambout de Coislin (1637-1706), pelit-fils du chancelier Séguier et ueveu de M. de Poutchàteau. 11 devint évêque d'Orléans, cardinal et grand aunaônier de France.