‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 56 sur 412 · Ms. : Défaisaient · texte numérisé non relu

Ms. : Défaisaient

70 MÉMOIRES DE GODEFROr HERMANT

qu'il s'élail tenu plusieurs examens oii ils ne s'étaient pas trouvés. Ils répliquèrent que cela était arrivé parce qu'ils ne l'avaient pas voulu, et qu'il avait été en leur liberté et en leur pouvoir d'y assister. Enfin la contestation dégénérant en cohue, quelques-uns dirent qu'il fallait faire venir M. le chancelier de France ; mais on leur répartit que ce n'était pas les jansénistes qui faisaient le bruit. On commença à délibérer sur l'incident, savoir s'il fallait nommer ou non de nouvea ux examinateurs ; et parce q u'il y avai t une très grande différence entre le Père Bagot et M. Arnauld, et que l'on avait autant de zèle pour sauver l'un que l'on avait eu de chaleur pour censurer l'autre, on remit la continuation de la délibération, non au 15 du même mois, comme on avait fait dans Taffaire de ce docteur, mais au premier jour du mois suivant.

M. Amyot, qui avait toujours l'esprit plein d'intrigues et de censures de Faculté, ne put pas s'empêcher d'en entretenir son peuple le jour de la Pentecôte. Il dit que comme le pape pouvait être trompé dans les choses de fait qu'il décidait, on pouvait s'opposer à ces sortes de décisions sans tomber dans l'hérésie; que c'était seulement s'exposer à passer pour téméraire et pour opiniâtre, et que c'était pour ce sujet que la Faculté de théologie, en censurant M. Arnauld l'avait seulement qualifié de téméraire sur la question de fait qui concernait les cinq propositions comme elles se trouvaient dans le livre de Jansénius. 11 exhorta ensuite ses paroissiens à se donner bien garde de ces nouveaux dogmatisants, parce qu'ils étaient dans d'étranges erreurs et soutenaient des maximes très pernicieuses et capables de corrompre les âmes des fidèles; et cette nouvelle invective fut l'unique fruit que l'on put tirer de son prône.

On continuait toujours à dire que M. l'official de Paris allait être déposé de son grand vicariat, et en effet les affaires de l'Église étaient ensi grand désordre qu'il ne se fit pas d'ordination aux Quatre-Temps d'après la Pentecôte, pour éviter l'embarras otiM. l'évêque de Coutances s'était trouvé à celle de Pâques. Mais M. Du Saussay, qui avait reçu de Rome une lettre par laquelle un particulier lui mandait que le pape demandait son portrait, et que l'un des principaux cardinaux lui faisait la même demande, était tellement enivré de la pensée de son grand mérite qu'il ne pouvait se persua-

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