LIVRE XIV
der que M. le cardinal de Retz osât faire cette révocation sans la communiquera Sa Sainteté, ne le pouvant faire sans lui déplaire. Mais il n'était point assez informé de la disposition de ce cardinal, qui ne trouvait pas dans le pape toute la protection qu'il en avait attendue, et qui était tellement poussé jusque dans la cour de Rome qu'il n'y avait plus de Français qui osât avoir aucun commerce avec lui.
Cet officiai ne laissait pas de disposer toutes choses pour son sacre, qu'il destinait avant la fin du mois de juin, et se persuadait qu'après qu'il aurait été faire un tour dans son évêché il reviendrait à Paris continuer la fonction de grand vicaire. Il se proposait même d'établir M. Séguier, théologal de l'église de Paris, pour être son vice-gérant dans l'offîcialité et dans le grand vicariat pendant son absence.
Ses grandes affaires l'obligèrent d'interrompre la visite des deux monastères de Port-Royal, qu'il avait déjà commencées, quoique l'information d'un très grand miracle, qui y était arrivé le vendredi 24 de mars et dont nous parlerons dans la suite l'obligeât à y travailler avec une nouvelle application.
Ayant fait imprimer de nouveaux bréviaires en ce tempslà, il les fit proposer au chapitre de Paris, avec une lettre où il ne faisait mention que du défunt archevêque de Paris, sans dire un seul mot de M. le cardinal de Retz. Aussi fut-elle insupportable à ces chanoines, et ils ordonnèrent qu'il ne serait fait aucune mention du bréviaire que sous l'autorité de M. le cardinal de Retz, leur archevêque ; de sorte que n'ayant reçu que de la confusion d'une conduite si illégitime, il en fut touché très sensiblement.
Cependant les Jésuites ses bons amis faisaient de leur mieux pour profiter de la conjoncture. Cqlui d'entre eux qui faisait le catéchisme dans la chapelle de Saint-Louis se signala parles excès qu'il commit le mardi de la Pentecôte contre Messieurs * de Port- Royal, les traitant de rebelles à l'Église, aux évêques et au pape, disant qu'ils ne croyaient point aux sacrements, et les appelant hérétiques, quoiqu'il avouât qu'ils étaient gens de bien en apparence et qu'il se fit des miracles chez eux, enfin il dit qu'ils étaient du nombre de ces miracles dont il était parlé dans l'Écriture