LIVRE XV
de différer son sacre et de continuer les fonctions d'official, ce qui l'avait tellement consterné qu'il en pensa mourir la nuit même, et n'eut le lendemain qu'autant de force qu'il lui en fallait pour se faire conduire chez M. le chancelier, auquel il représenta l'état déplorable où il se trouvait réduit, lui déclarant qu'il ne voulait plus se mêler des affaires de M, le cardinal de Retz, ni pour l'officialité, ni pour le grand vicariat. Mais cette disposition de la cour n'empêcha pas M. Porcher de faire' les fonctions de vicegérant, et M. de Bellièvre, premier président, ne se hâta point de répondre [à] la requête de M. Fouquet, procureur général, parce qu'il n'en goûtait point les motifs.
Voilà quelle était la situation des affaires de l'église de Paris, lorsque le dimanche 2'"^ jour de juillet, M. le chancelier et M, Le Tellier s'assemblèrent sur le sujet d'un courrier qui était arrivé sur le midi, et après en avoir conféré ensemble, M. le chancelier manda M. Chevalier, le lit arrêter prisonnier dans son hôtel et conduire dans la Bastille, après qu'il se fut assuré de la parole de M. Du Saussay, et qu'il l'eut fait consentir à reprendre l'officialité et le grand vicariat, et de remettre son sacre à un autre temps. Mais au milieu de toutes ces brouilleries, M. Porcher ne laissa pas de faire la cérémonie de la licence des médecins; M. le chancelier lui ayant donné un sauf-conduit pour cet effet en faveur de M. delà Chambre*, son médecin, dont le fils avait eu le premier lieu de sa licence.
Le 3 juillet, M. Lavocat, l'un des vicaires généraux de M. le cardinal de Retz, envoya un paquet à M. deMarmiesse, nommé à l'évêché de Conserans, l'un des promoteurs de l'Assemblée du clergé, dans lequel il y avait une lettre qu'il adressait à l'Assemblée, et qui depuis fut rendue publique par l'impression. M. de Marmiesse ayant lu sa lettre, qui linstruisait de tout ce qui était dans le paquet, le présenta à l'Assemblée et déclara que le tout était de M. Lavocat, grand vicaire de M. le cardinal de Relz, qui demandait la protection de l'Assemblée tant pour lui que pour M. Chevalier, son confrère, contre les violences que l'on avait com-