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reur général, les y servit, quoiqu'il eût dans le chapitre de Beauvais un frère qui eût signé le statut comme les autres, et un neveu, nommé Claude Pasquier, qui se fût emporté avec chaleur contre les notaires lorsqu'ils étaient venus donner aux opposants les actes qu'ils leur demandaient. M. Fouquet donna, le S™* jour d'août, des conclusions équitables qui portaient ces propres mots : Je n'empêche pour le roi les suppliants être reçus appelants comme d'abus, tenus pour bien relevés, permis à eux d'intimer qui bon leur semblera. Audience donnée aux parties sur le dit appel au premier jour, et cependant défend de troubler les suppliants en la possession et jouissance de leurs chanoinies et prébendes, et en la perception des fruits et revenus d'icelles, et de rien innover, toutes choses demeurant au même état qu'elles étaient avant le statut, jusqu'à ce qu'autrement par la cour en ait été ordonné. Signé : Fouquet.
M. Lesné, conseiller de la Grand'Chambre, se chargea de la requête, en fît son rapport, et le septième jour d'août, M. de Bellièvre, premier président, donna un arrêt conforme aux conclusions de M. le procureur général, malgré les sollicitations pressantes de M. Le Moine.
Ces défenses furent intimées le 9 du même mois à M. Chaillou en parlant à sa personne, et le chapitre intimé. Mais le jour même, les chanoines appelants ayant ouï dire à quelques-uns de leurs confrères dans l'assemblée capitulaire, sur le sujet d'un chantre nommé Bièvre, qui venait de prêter le serment ordinaire du concile de Trente pour prendre possession d'une chapelle, qu'ayant déjà signé le statut, il n'y avait plus rien à exiger de lui davantage, M. Tristan prit la parole pour déclarer qu'il s'opposait à ce qu'il ne fût fait aucune mention du statut, attendu l'arrêt de défense qu'il venait de faire signifier à M. le doyen, ce qu'il répéta encore aux sergents du chapitre que l'on avait fait entrer pour signer. Mais ils ne laissèrent pas de passer outre ; de sorte que les appelants furent obligés d'en prendre acte par un notaire qui entra pour cet effet dans le chapitre.
Ces contraventions continuelles à l'arrêt de la cour obligèrent les appelants de présenter une seconde requête à la cour pour s'en plaindre, et il fut mis le 26 août sur cette requête que les parties parleraient sommairement devant
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M. Lesné ; mais ayant fait signifier cet arrêt à M. Pierre Bonvalet, procureur du chapitre au Parlement de Paris, le 12 septembre, ils eurent recours à la chicane pour lui faire répondre qu'il n'était point procureur du chapitre de Beauvais en cette partie, et n'avait aucun pouvoir d'occuper. Ce fut la seule défaite des chanoines, et les appelants, qui espéraient que leurs parties prendraient enfin des résolutions plus paisibles et plus fraternelles, ne les poursuivirent pas davantage pour ce temps-là au Parlement, dont M. Ghaillou et ses confrères appréhendaient la justice et voulaient éluder la juridiction.
Outre ces six appelants qui avaient obtenu des défenses, il y avait encore trois autres chanoines qui n'avaient pas signé le statut, savoir : M. Cardinal, officiai de Beauvais, et M. Pinguet, son promoteur, qui étaient obligés de conserver la juridiction de l'évêque, et un jeune chanoine, nommé Henri Aubert, fils du lieutenant civil du baillage, comté et pairie de Beauvais. Ils le laissèrent quelque temps dans la paisible jouissance de ses revenus, sans exiger de lui aucune souscription de leur statut, et ils ne commencèrent à le presser sur ce sujet que quand il leur demanda sa pension, quand il voulut aller faire ses études à Paris, où il se fit bachelier en théologie, et comme il est devenu depuis ce temps-là un modèle de piété et de désintéressement, de charité et de toutes sortes de vertus ecclésiastiques, il a témoigné depuis ce temps-là pouvoir expier ces sortes de souscriptions avec ses larmes, et a fait des fondations dans une église de la dépendance du chapitre à la campagne pour expier la faute qu'il reconnaissait avoir commise en rachetant par des signatures indiscrètes la jouissance de ses fruits.
L'esprit remuant de ces chanoines emportés fît voir au commencement du mois de septembre qu'ils ne cherchaient qu'à couvrir d'un voile de piété leurs entreprises contre leur évêque. 11 avait réuni la cure de Saint-Gilles à celle de Saint-Étienne et à celle de Saint-Quentin, parce que cette église paroissiale était sans revenu et ne pouvait fournir à la subsistance d'un prêtre. Ils s'avisèrent d'y aller en procession avec chapes, contre l'usage et la pratique de la compagnie qui n'y avait jamais été, cette église n'étant pas de leur dépendance, et les moins éclairés reconnurent que
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leur principale dévotion dans cette cérémonie était d'exciter du scandale.