LIVRE XV
de fait qui ne peut être désavouée ; l'autre, savoir si ces opinions ne sont pas impies et insoutenables, et c'est ce qui ne peut être révoqué en doute^ tant ces égarements sont grossiers. Ainsi ils travaillèrent sans fruit, et avec si peu de succès qu'ils laissèrent toutes leurs entreprises imparfaites. Car ils firent d'abord un écrit qu'ils appelèrent : Première réponse ; mais il n'y en eut point de seconde. Ils produisirent l& Première et la seconde Lettre à Philarque, sans que la troisième ait suivi. Ils commencèrent de plus un ouvrage plus long qu'ils appelèrent : Impostures, dont ils promirent quatre parties; mais après en avoir produit la première et quelque chose de la seconde, ils en demeurèrent là; et enfin le Père Ânnat, venu le dernier au secours de ses confrères, fit paraître son dernier livre qu'il appelle. La bonne foi des Jansénistes, qui n'était qu'une redite, et qui était sans doute la plus faible de toutes leurs productions, de sorte qu'il fut bien aisé au sieur Louis de Montalte de se défendre.
Dans la onzième, qu'il publia le 18 août, il répondit aux reproches qu'ils lui faisaient d'avoir usé de quelques railleries dans ses Lettres, ce qui était le plus injuste du monde. Car ce sont leurs propres passages qui en sont la matière et qui sont en effet le plus souvent si ridicules et si extravagants, qu'ils ne doivent s'en prendre qu'à euxmêmes de la risée qu'ils excitent, comme il est aisé d'en juger en les voyant*. Outre que l'auteur ne pouvait prendre une meilleure voie pour continuer cette conversation et témoigner en même temps l'éloignemenl qu'il en avait qu'en tournant en raillerie ce qu'il y avait de ridicule dans ces maximes, et en remettant à un autre temps d'en confondre sérieusement l'impiété, en sorte néanmoins qu'il marquait assez dès lors à ceux qui ont un peu d'intelligence l'aversion qu'il en avait, et qu'il devait faire paraître en son lieu. C'était donc sans doute la manière la plus naturelle, et dont il a usé selon toutes les règles des Saints Pères, qu'il rapporte, pour ne blesser ni la religion, ni la charité. Il vient ensuite dans la douzième, la treizième et la quatorzième, qui furent publiées le 9 et le 30 septembre et
1. Ici la mère Le Férou a écrit eu marge du ms. : « Plusieurs fautes icijusques à la fin du chapitre ». L'observation û'est que trop justifiée.
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le 28 octobre^ aux reproches qu'ils lui ont voulu faire de n'avoir pas fidèlement rapporté les passages de leurs auteurs. Sur quoi il donne premièrement les preuves de sa sincérité, et prenant de là occasion de traiter de nouveau les matières sur lesquelles ils l'avaient accusé d'imposture, il leur reproche leur opiniâtreté aies soutenir^ et opposant les maximes de l'Église à leur égarement sur la simonie, sur l'aumône, sur l'homicide, et le reste, et particulièrement sur ce qui regarde la doctrine de la probabilité, il les confond si puissamment que s'ils s'étaient plaints de ses railleries, ils ont bien plus de sujet à se plaindre de son sérieux.