‹ Mémoires sur l'impératrice JoséphineChapitre 26 sur 47 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

La Saitît-Joseph à Navarre. — La fête tif rimpémtrice à Évreux. — On chante un Te Deum. — Le secrétaire di-.s cuiDn)andemen8 de Joséphine. — Couplets de circonstance. — ^^ailanie d'Audenarde , mademoiselle de Mackau , ^^adamc Gazani, mademoiselle de CaîtcUane, madame de Colhert. — Une députation du village d'Anniéres. — -\.^esdames de Sé^ur , Pierlut , de Viel-Castcl , Deschamps , Ilorean. — Un jeu de carte de M. le comte de Xui:^ iu. — L'iiuj^éi'atrice mt donne ua cachemire.

J'ai oublié de dire commeot on célébrait la Saint-Joseph à Navarre : voici la description

d'une fêle ^ui eut lieu lorsque j'étais chez l'impératrice*

Dans la matinée , une députation de jeunes

demoiselles distinguées de la ville d'Evreux vint au palais de Navarre» portant sous un dais de fleurs, le buste de l'impératrice. La fille du maire récita des vers à la louange de S. M. qui faisait tant de bien dans le pays (i).

(i) Ootre des aumilnes considérables, elle avait

fondé une école pour de pauvres orphelines. Elles y apprenaient à lire, écrire , compter, coudre et l'aire de la

On leur servit un beau de jeûner , auquel assista Sa Majesté, qui leur fit plusieurs jolis présens.

Elle défendit qu'il y eût aucune réjouissance publique à Évreux à l'occasion de sa fête. Malgré ses ordres ^.on chanta un Te deum à la cathédrale, on illumina généralement, et des feux de joie s élevèrent dans les carrefours les plus retirés , aussi brillans que sur la grande place ( i ) .

dentelle. Sa Majesté avait acheté un terrain considérable, pour faire bâtir une salie de spectacle, et agraadir la promenade» qui était fort petite et mal plantée.

(i) Joséphine eût été heureuse de ces témoignages d'attachement; mais elle craignait qu'ils déplussent à Pempcreur. Elle savait que Marie-Louise était excessi- Tement jalouse de i'ailectioa qu'on avait pour sa rivale. Elle avait en horreur tout ce qui pouyait lui rappeler celle dont elle occupait la place. Pour aller à St. -Germain, elle faisait ^prendre la route de Ghatou , afin d'éviter de passer devant Malmaison. Ce caractère envieux a dû lui causer de grands chagrins; car, malgré sa fayeur, elle n*a pu affaiblir les sentimens de son époux pour Joséphine; il ne prenait pas la peine de les cacher, parlait d'elle souvent, et ne négligeait aucune occasion de taire valoir celle qu'il avait livrée au désespoir, poussé par son insatiable ambition. 11 Taura regretée davantage encore à l'époque de ses malheurs. Si elle eût yécu, il eût au moins conservé une amie, prête pour lui à tous les sacrifices.

25o MÉMOIRES

Le soir M. Deschamps noos apporta des couplets que nous devions chanter à Sa Majesté.

C'était la première fois qu'elle se trouvait à cette époque à Navarre ; elle y répandait de si nombreux bienfaits^ qu'une partie de la société imagina de se déguiser en paysans des environs qui venaient la remercier. Les autres personnes chantèrent en leur nom. Ces vers sont inédits; l'auteur avait composé plusieurs jolis vaudevilles : il était ^ depuis long-temps, secrécrétaire des commandemens de Sa Majesté; il lui portait le plus sincère attachement, et elle l'aimait beaucoup. J ai donc pensé que , quoique peu remarquable, cet à -propos devait trouver place dans des souvenirs principalement consacrés à Joséphine (i).

Aift : U Roi des Preux ^ le fier Roland,

Comme nos cœurs , joignons nos voix, GhaotOQs Tauguste Joséphine.

(i) On croit que M. Deschamps s'est noyé. Après la

mort de Joséphine, il fut dans une position d'autant plus fâcheuse, qu'il avait à sa charge une orpheline .doQl il prenait soin. Voyant qu'il était sans ressource 5 dans

SU& JOSÉPHINE. :i5i

Aux fleurs qui naissent sous ses loix

Sa main ne laisse pas d'épine.

Partout la suit de ses bienfaits Ou l'espérance^ ou la mémoire; De Joséphine pour jamais Vire le nom I Tire la gloire ! (Bit. )

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