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moins ënorgueîlli d'une fortune si inattendue. Sa douceur était inaltérable , on ne pouvait rapprocher sans l*aimer« li était singulier de comparer sou extrême simplicité avec le luxe et à Tarrogance des autres princesses de la famille, (i). Elle n'était gaîe, disait-elle, qu'à Navarre , parce qu'il y avait peu d'étiquette, Ellea?ait eu, à ce quel'on prétendait, une grande passion pour un des généraux attachés à l'empereur; mais ou lavait contraint à faire un mariage brillant , qui ne fut jamais consommé (a). . Sa Majesté m'offrit de me prêter une parure
(i) Il faut excepter la princesse Stéphanie, grande duchesse douairière de Bade, que Ton dit être le modèle de tout ce que la grandeur peut offrir de plus aimable.
(a) Depuis la restauration il a été cassé; elle a renoncé à son titre de princesse pour suivre le penchant de son cœur, en épousant M. le comte de Guitry,
ancien écuyer de rinipéralrice Joséphine. On prétend qu'il n'apprécie poâ comme il le doit le sacrilice que lui a foît une femme chanuante, qui lui a apporté une grande fortune , et qu'il ne la rend pas aussi heurease qu'elle le mérite. Je ne sais si ces bruits sont fondés ; mais je suis certaine que madame de Guitry trouvera dans ses devoirs maternels et sa piété sincère , des consolations et du courage.
ponrce grand jour ; mais je pensai que jen'oserais bouger si je portais sur moi une chose de prix ne m'appartenant pas : ainsi je refbsai, et me décidai, quoiqu*à regret, à n'avoir que mon modeste collier de perles , qui au moins ne m'empêcherait pas de danser. Mesdemoiselles de Ifackau et de Castellane , qui avaient accepté la proposition de Timpératrice « auraient bien vouhi être à ma place dans le courant de la soirée. A chaque contredanse, eilesdemandaient sll ne manquait rien à lenr riche parore ; et on voyait qu elles osaient à peine remuer, tant elles avaient peur d'en perdre une partie.
L'heure du bal sonna enfin , à notre grande satisfaction ; les dames d'Evreux arrivèrent en foule : plusieurs d'entre elles , parées avec tout le mauvais goût de la province, 'mais le plus grand nombre fort bien mises. Les hommes en habits habillés 9 comme aux jours ordinaires. . Lorsqu'il y eut beaucoup de moude réuni , les portes communiquant à l'appartement de Joséphine s'ouvrirent, et elle entra, éclatante de parure et de diamans. Llle avait une robe lamée en argent , et elle poi'iait un diadème superbe : elle était suivie de tous les uflSciers et des dame^ de sa maison. Ce cortège et
son maintien étaient les mêmes qu'aux fttes des Tuileries. £lle ût le tour entier de la salle , adressant quelques paroles obligeantes à
toutes les daines ; ensuite elle s'assit et le bal s'ouvrit
M. de Glennont-Tonnerre fournît un épisode
qui lit rire tout le monde, excepté lui. Dansant devant Sa Majesté 9 il voulut faire de son mieux» et risqua un entrechat qui eut des suites ftcheuses. M. de Clermont-Tounerre était fort gros; il retomba avec si peu de légèreté, qu'il enfonça le plancher exaucé de six pouces du pavé de marbre ; son pied se trouva tellement engagé , qu'il- fallut faire venir un menuisier pour agrandir le trou où il était pris, comme un renard dans un piège. Les peines qu'il s'était données pour se tirer tout seul d'embarras, avaient fait grossir sa jambe ; il souffrait beaucoup ; mais ne voulant pas en convenir , il dansa encore deux ou trois contredanses; on voyait très-bien les eJOforts qu'il faisait pour surmonter sa douleur, et échapper aux plaisanteries toujours renaissantes. Pour le tourmenter un peu , nous affectâmes vingt fois dans la soirée de lui demander de ses nouvelles, avec un intérêt qui lui donnait beaucoup d'humeur , et
qui nous amusa davantage encore. Cela n'ostpas bien; mais on doit nous pardonner ces petites moqueries^ en songeant que nous étions alorç fort jeunes^ fort étourdies, et que rien ne nous paraissait plus ridicule qu'iin gros vieux homme de trente an$ dansant ! Trente ans ! bon Dieu ! mais c'est un vieillard , disions-nous. Je parie que maintenant aucune de nous ne pense ainsi.
A deux heures du matin on servit un souper magnifique; il y avait trois tables ; celle de
l'impératrice était de trente couverts; nous y étions toutes, à Texception de madame d'Arberg, qui faisait les honneurs de la seconde, et madame de Ségur ceux de la troisième. Les principales dames de la ville furent désignées pour celle de Joséphine ; les hommes ne soupèrent qu'après nous. A quatre heures on se retira. Tout fut parfaitement ordonné, et je suis sûre que l'on s'en souvient encore ù Évreux.
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