VOTES »UI LES SOCVIIAIIS
tirer d'embams, et les crimes ne coûtent rien
Deux, créatures du véryr, dignes d'être le* exécuteurs d'un ordre aussi barbare, pour se défaire du malheureux et fcible monarque, imaginèrent de foire courir le bruit de l'arrivée de deux fakirs recommandables par leur sainteté , et qui modestement habitaient une petite tour peu éloignée de Delhi, sur les bords du Gemna. L'empereur qui avait beaucoup de piété , témoigna le désir de les visiter. Les traîtres avaient tout préparé pour l'exécution horrible qu'ils méditaient. Ceux qui devaient accompagner le prince, furent choisis parmi les partisans du vézyr. Arrivée auprès de la tour, la suite du prince s'arrête par respect. Alemguir monte seul; il est poignardé aussitôt. Après avoir consommé leur crime sous le manteau de la religion, ces monstres l'outragèrent encore, en jettant par la fenêtre les restes de ce malheureux prince. Leurs complices qui l'avaient accompagné, et qui attendaient le dénouement de cette scène tragique, l'enlevèrent et l'ensevelirent le même jour. Ce prince mourut ainsi victime de sa faiblesse | le 3o octobre 1759, après avoir régné six ans et quelques mois.
Chah-Alem II , dernier souverain de la race de Tymour , naquit en 1723. Le courage et l'activité qu'il déploya dans ses premières années
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semblaient devoir le préserver du triste sort qui lui était réservé. Nommé par son père Aleraguir II au gouvernement du Djedjer, en 1756, il s'y retira pour se soustraire aux machinations d'un ministre ambitieux, qui ne voulait pas se borner à gouverner son maître et l'empire , et qui eut bientôt lieu de se repentir d'avoir oMigé le jeune prince à fuir la cour. lie fils de l'empereur rassemble une petite armée , et la conduit aux portes de Delhi, en 1758. Ayant obtenu les contributions qu'il désirait, il partit au mois d'octobre 1759, pour faire une expédition dans le Bengale , où ses armes furent moins heureuses. Il venait même d'être fait prisonnier , dans le Béhar, par les Anglais, réunis aux troupes impériales, quand on apprit la mort d'Alemguir , assassiné par l'ordre de son infime ministre. Chah-Alem recouvra sa liberté, et passa des fers sur le trône. La cérémonie de son inauguration, se fit avec une grande solennité à Patnah, capitale du Béhar. Trop faible pour marcher sur Delhi, où commandait le perfide vézyr appuyé d'un officier et duneL garnison maratte, il se joignit au fameux Ghoudja-a-ed- Doulah. Celui-ci s'estima heureux de pouvoir engager le souverain de l'Indoustan , dans une coalition que les princes musulmans de cet empire avaient formée contre les princes indous , qui voulaient rétablir leur empire et enlever
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aux Mogols le sceptre qu'ils avaient usurpé.
Fasvarae etBaou, leurs chefs, viennent à Delhi avec deux cent mille hommes, tant cavalerie qu'infanterie , et plus de deux cents pièces de canon. Ils descendirent de leurs montagnes comme un torrent; ils prirent Delhi et Kandjepoura ,. d'où ils chassèrent quinze mille Rohîlahs. Abdali, apprenant cette invasion , vient camper k une cosse de Delhi, sur la rive gauche du Gemna , où il demeure trois jours. Les Marattes quittent cette capitale, après en avoir enlevé toute l'artillerie. Abdali, à la tête de cinquante mille cavaliers, vient à Baguepat, où il trouve un gué. Dix mille passent d'abord. Choudja-aed-Doulah et quelques autres le suivent, mais avec perte de beaucoup de cavaliers. Les Marottes abandonnent Randjepoura, et viennent à Panipety où ils se fortifient ; Abdali les y poursuit, et quoique très-inférieur en nombre, il les y retient comme assiégés pendant quatre mois , et par le manque de vivres , il les réduit à la dernière extrémité. Un convoi leur arrivant de Delhi , dopt ils étaient toujours maîtres , Abdali le leur enlève. Le lendemain , les Marattes sans ressources sortent de leur camp, et viennent attaquer les Rohilahs. Abdali marche' à leur se* cours ; et force les Marattes à plier : Choudja-*ed-Doulah en fait autant de son côté. Repousses de toute part, ils prennent l'alarme; fiaou,
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Vasvaraé , Ibrahim-Khan , principaux chefs , sont tués sur le champ de bataille. Les Mogols s'emparent ensuite de l'artillerie , et font un carnage horrible. Malarao est le seul chef maratte qui échappe à leurs coups ; il prend la fuite après avoir vu périr ses maîtres. Tout tombe alors entre les mains d'Àbdali , trésors , tentes, bagages, artillerie. Cent mille Marattes y perdirent la vie , et sept mille Rohilahs du côté des Mogols, ainsi que cinq cents cavaliers d'Abdali, avec trois officiers de marque.
Choudja-a-ed-Doulah , après Faction donna asyle à plus de trente mille hommes, auxquels il fit distribuer les grains de ses bazards. Les cavaliers d'Abdali, connaissant son humanité, lui amenaient des Marattes prisonniers. Il dépensa plus de deux cent mille roupies au rachat de ces malheureux,, dont il payait la rançon, lorsqu'il ne pouvait les leur arracher de force, parce que les soldats d'Abdali les massacraient.
Chah-Alem sanctionna par sa présence cette mémorable victoire , remportée par les musulmans le 7 janvier 1761, victoire funeste à llndoustan, puisqu'elle affaiblit considérablement les Marattes, la seule puissance capable d'entraver les audacieuses opérations des Anglais, et d'arrêter leurs incalculables progrès. Les vainqueurs ne tardèrent pas à être convaincus de cette triste vérité. Privés de leurs alliés na-
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turels, ils eurent bientôt les Anglais sur les bras, et furent battus par eux à Bakchar, en 1764.
Ce prince , «près avoir approuvé la conduite de Choudja-a-ed-Doulah, fit une démarche que ses malheurs nous défendent de caractériser, en écrivant au colonel Monro , pour le féliciter de sa victoire , et ensuite chercha un asyle dans le camp des Anglais, qui, trop profonds politiques pour laisser apercevoir le mépris qu'une pareille conduite leur inspirait , accueillirent le monarque fugitif avec la plus noble hospitalité. Lorsque ce prince leur eut fait la cession des soubahs de Béhar et du Bengale , ils l'installèrent de la manière la plus pompeuse dans la ville d'AUaabad, dans la forteresse construite par Akbar; d'où, (quelques années après, les mauvais procédés du major Schrait l'obligèrent de s'éloigner pour aller habiter Delhi , où il fit son entrée le a 5 décembre 1771. De la tutelle des Anglais, il passa sous celle des Marattes, qui l'abandonnèrent en 1773, et enfin sous celle des Rohilahs. Ce monarque jouit un moment de l'autorité suprême, et l'employait à fermer les nombreuses plaies de l'empire; mais bientôt, triste jouet des factions ourdies à la cour par les Rohilahs, les Marattes, par les amis de Choudja-a, et surtout par ceux des Anglais , il se vit réduit plusieurs fois à défendre ses provinces , sa capitale , son propre palais contre des sujets rebelles,
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ambitieux et ingrats. Les bienfaits même dont il les comblait, ne serraient qu'à enfler leur orgueil , et à leur inspirer plus d'audace. Enfin , un misérable Rohttah, le monstre Gholam-Cadir, conçut l'infernal projet de détrôner son souverain, et proclama empereur un dé ses frères, sous le nom de Djihari-Chah , et, pour mettre le comble à son crime, il lui arracha les yeux avec un poignard. Les Marattes vengèrent ce crime en s'emparant de ce féroce Rohilah , qui périt après avoir été horriblement mutilé , juste punition de ses forfaits.
Privé de la vue , réduit à la plus triste dépendance, Chah-Alem fut successivement le pensionnaire et le mannequin des Marattes et des Anglais. Il leur dut sa propre subsistance, et celle de sa nombreuse famille. Abandonné aux mains qui le nourrissaient , il essayait de charmer l'ennui de sa solitude, et l'horreur de sa situation, en cultivant la poésie. U publia même quelques élégies où respire une mélancolie douce et trop naturelle. Enfin, dix-huit ans s'étaient écoulés depuis son anéantissement politique, lorsque quatre-vingt-deux coups de canon , nombre égal à celui des années de Chah-Alem , annoncèrent à la ville de Calcutta , que cette ombre de potentat avait entièrement disparu. Il mourut à Delhi, le 16 novembre 1806. Plusieurs salves d'artillerie furent bientôt tirées du même
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fort de Calcutta , pour saluer sultan Akbar II , fils du monarque décédé, et héritier du plus pompeux , comme du plus insignifiant des titres. Malgré ce titre, malgré l'existence de ce fantôme, nous croyons pouvoir affirmer que la dynastie du grand Tamerlan n'existe plus.
( Voyez dans cet ouvrage, les chapitres sur Choudja-a-ed-Doulah 9 le Bengale, etc. ).