FIN DES NOTES SUR LES SOUVERAINS
La famille des Gentil, depuis long-temps établie dans le pays de Genève, est d'ancienne noblesse militaire. Les descendants de cette famille étaient au service et auprès de la personne des ducs de Savoie à la fin du quinzième siècle ; mais leurs titres et papiers ayant été perdus dans les pillages , les désordres et les incendies qui désolèrent ces pays pendant les guerres de religion , lors de rétablissement du calvinisme , George et Etienne Gentil, frères, qui étaient au service de Charles Emmanuel I er , duc de Savoie, et qui avaient persévéré dans la croyance de l'Eglise catholique , malgré le succès des réformés dans le pays de Genève, devenu % pour ainsi dire, le foyer de l'hérésie , obtinrent de leur souvrain des lettres de confirmation d'ancienne noblesse. Ce prince y rappelle les preuves de leur fidélité et les services qu'ils lui rendirent en différentes guerres tant de Savoie que de Piémont, soit comme commandant sa garde d'hallebardiers vaudoustains près de sa personne, soit à la citadelle de Bourg en Bresse, qui appartenait alors au duc de Savoie, soit dans les compagnies de chevau-légers , ainsi qu'à la, prise du marquisat de Saluées et autres guerres ,
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ayant toujous préféré son dit service à leurs intérêts particuliers. Ce prince y rappelle pareillement les services que noble Antoine Gentil leur père rendit dans les guerres de Flandre à son prédécesseur et père Emmanuel Philibert, époque bien importante pour la famille de ce prince , puisque c'est celle oà le duc de Savoie, qui avait été détrôné par les Français , ramena la fortune en i557, à la bataille de Saint-Quentin , oà ce prince commandait l'armée de Philippe II, roi d'Espagne, victoire qui lui fit recouvrer ses domaines et sa souveraineté par le traité fameux de Gâteau- Cambrésis. Aussi Charles Emmanuel I er , dans ses lettres patentes de confirmation des premier octobre 1 592 et premier novembre 1 604, y déclare que vu la notoriété publique et l'avis de ses principaux ministres et conseillers , il les reconnaît issus d'ancienne et noble race, ordonnant à ses sujets et officiers de justice de tenir la main à ce que personne ne les empêche de jouir des privilèges annexés à la noblesse dont jouissaient leurs ancêtres , et par ces mêmes lettres ce prince confirme pareillement les anciennes armoiries de cette maison. Le premier membre de cette famille parut en France en 1570. L'histoire du Languedoc fait mention de deux Gentil, et il existait à la cour des aides un titre qui prouvait que l'un avait été seigneur Delpuech et dispensé de fournir un homme d'armes comme gentilhomme sous Charles IX, parce qu'il avait un fils au service. Le second se disait issu d'une famille noble de Gênes , laquelle a les mêmes armes que la famille dont nous parlons. Ce dernier prit Ambrun, et Saint-Julien en Vivarais.
T^s troubles qui désolèrent long-temps les pays
situés entre la France et l'Italie , ainsi que les pertes que oette famille avait éprouvées àeause de ta fidélité à sa religion et à son prince , la mettant dans l'impossibilité de soutenir son rang, plusieurs de ses membres s'expatrièrent. Etienne Gentil, dont nous avons parlé précédemment, après avoir épousé en i5<)o une de* raoiselle noble d'Avignon , s était fixé dans le duché d' Aoust , bailliage de Ternier. Après sa mort , sa veuve se retira en France et choisit la ville de Bagnois en bas Languedoc pour y passer le reste de ses jours. Son fils Jean Gentil s'y établit en 1618. C'est de lui que descendait directement le colonel Gentil*
Nobili corde bonœ cogitationes ventant ,primitm i»lvens et utUnàun moriens.
Le ministère français ayant accueilli avec le plus vif intérêt 1 offre du colonel Gentil de faire passer à l'Ile de France et à l'Ile Bourbon des brebis et béliers du Thibet , cet officier adressa par un bateau à M. Chevalier, commandant français au Bengale, douze brebis et six béliers, qui arrivèrent bien portants à Chandernagor, d'où ils furent expédiés pour l'Ile de France.
« Les brebis du Thibet sont arrivées à, bon port à « l'Ue de Fiance, si vous pouvez en procurer d'autres ', « c'est un service très -important que vous rendrez à
« la nation en enrichissant ses manufactures des plus
« belles laines qu'il y ait au monde.
m ChandernAgor , le 3 octobre 1779.
« Signé Chbvalixb. »
4l6 HOTES.
Le colonel Gentil fit aussi passer quatre vaches et deux taureaux du Guzerate, qui furent expédiés à l'île Bourbon. Celte espèce est d'une prodigieuse grandeur, différant, peu de celle des buffles , facile à apprivoiser et fournissant une très-grande quantité d'excellent lait.
« Cette branche de commerce (des laines) a commencé à se perfectionner, sous le ministère de Colbert. Elle prit un nouvel essort en 1750, lorsque M. Lormoy , sous la protection de Louis XV, y introduisit des brebis et béliers qu'il alla chercher dans les états barbaresques;etplus particulièrement encore, depuis que l'on y a fait venir des bêtes à laine d'Espagne sous le règne et par la sollicitation de Louis XVI. C'est par les soins de ce bon prince que nous avons vu prospérer nos manufactures de laines et de draps , reconnus par le monde entier pour être les plus beaux et les meilleurs de l'Europe. Mais cette même branche d'industrie manufacturière est portée à un tel*degré de perfection dans leKachemyr, que les laines de cette .contrée de l'Indoustan, connues sous la dénomination de Toussy sont les plus fines, les plus soyeuses de l'univers. Ce fait est prouvé par la beauté des schals , que nous connaissons , dont l'usage a commencé en France. . . .
« Les laines du Kachemyr se divisent d'abord en deux espèces : celle du jeune individu, que l'on nomme Avouel Touss; celle du vieux mouton, désignée sous le nom de Duaume Touss, Les toisons des agneaux, jusqu'à 18 mois ou deux ans , sont vendues à paît; elles ne sont ordinairement employées qu'à faire une espèce de fourrure de bonnet d'hiver. »