‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: éducationsChapitre 14 sur 34 · S 09 CO · texte numérisé non relu

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L'étude de ce tableau nous fournira quelques renseignements utiles.

i"" Les œufs de vers à soie exposés à Tair libre , de manière toutefois qu'aucun cwps étranger n'ea puisse augmenter le poids , perdent en moyenne quatre pour cent de leur poids dans l'espace de trois mois , du i*' février au i*' mai.

a"" Cette perte commence dai9 le climat de Paris f vers la fin de février , pour les œuf& pondus dans le centre et le nord de la France.

3^ Elle paraît commencer plus tât pour les œaf$ provenant du midi , puisqu'ils ont perdu d'autant moins , depuis leur arrivée , qu^s provenaient d'un pays plus chaud. ^

4* Il est remarquable qu'il n'y a eu aucune perte depuis le 3o janvier jusqu'au i5 févridr^x^'estdouc après cette époque que commence le travail orga-p nique pendant lequel il se fait une é v apo r a ti o n.- On peut en conclure aussi que c'est à partir dé cette époque qu'il conviendrait de soustraire^ les œufs aux variations de la température ; car, si Ton attend que le travail soit commencé , il est prpbabljB que les œu£s doivent souffrir considérable^ ment de son interruption. Cette observation n<fOs parait neuve et d'une gmode importance ; les fait^ suivants vont le prouver.

Les œufs qui avaient été conservés^ à Paris, jus-* qu'au i''' mai, dans des bocaux couverts, de mar nière à les préserver seulement de la poitssîère ^ mafs sans nuire à la circulation de l'air, ont été

(45) jsxpédiés pour Poitiers à cette époque. Il est def^. nu indispensable de fermer les bocaux pendant le voyage. Quand nous les avons examinés, quelques jours après , nous ^vons remarqué , k notre grand étoiinementy q^^Jl y ^^^ de Thumidlté condcoisée sur les parois des bocaux ; dans quetques-uns les osufs avaivnl été humectés par cette eau é^apoinée ; dans Fun d'eux même les œufs ne formaient plus qu'une masse humide, tant Févaporatiou avait ^été coMidénable ; il est vrai qu'il y avait dans ce bocal près de IroÎA fois autant d'oeois que étms les autres ; c'était le n^ d5 du tableau.

Il résultait de cette observation que , si le traiwl d^organîsatioa avait commencé ou continué dans les ceufs qtie nous avions déposés dans k glacièrei nous devions l^ trotu^er buoiectés. Pour nous en assurer , nous nous transportâmes immëdiataraent à la ^oîère , et nous remarquâmes avac satisfaction qu'il ne s'était formé aucun dépât d'humidité dans les bocaux , bien qu'ils fussent exadiemeot fermés ; les œufs étaient parfaitement secs : donc il ne s'était fiiit aucun traviiil ; donc il n'y avaùeu aucune évaporation.

Ces observations peuvent expliquer sans doute com^Àent on n'a pu réussir, daiis quelques cas , à conserver des eru& dw& la f lacière» -et fieroiettait de poser les régies suivantes :

i"" Les csuft . qu'on veut conserver au delà de Vépôque naturelle de réclusion ik)ivept être sous-» traits à l'influence de la température dès l'époque

cles premières variations de cette température» A Paris il faudrait s'y prendns dès la fin de janvier.

2^* Les œufs qu'on abandonne à Faction de la température naturelle doivent être exposés à l'air ^libre; on les perdrait infailliblement si on les renfermait dans des vases hermétiquement bouchés , à moins que ces vases n'aient une capacité considé-rable.

3"* La perte de poids qu'éprouvent les œufs de 'Vimrs à soie^ jusqu'au moment où on les place dans l'étuve, étant de 4 pour loo^ il en résulte ! qu'on aurait un vingt-cinquième de vers à soie de moins , si l'on achetait ou pesait ses œufs avant , cette époque. Or, comme je ne crois pas qu'on ait ftenu compte de cette différence dans une foule de travaux antérieurs dans lesquels le poids des œufs a été pris pour base ; comme on n'a nullement indiqué ni l'époque à laquelle on a pesé les œufs, ni le nombre qu'il s'en trouvait dans les poids employés , on peut en conclure que ces travaux man* quent d'exactitude et ne peuvent servir de points de comparaison.

Un exemple rendra cela évident. Pour éviter l'altération qu'ils pouvaient éprouver à une époque plus avancée , dans un voyage très-long et pendant lequel ils pouvaient être exposés à de brusques variations de température , j'avais fait venir de l'Ardèche , dès le mois de janvier , une once d'beufe de vers à soie. Au moment où je les reçus, ils pe-

C45 ) saieùt exactetnent 3o grammes. Leur nombre était de58,25o(i).

Ije 20 mai, nos œufs ne pesaient plus que aggrammes. Ils avaient donc perdu un treizième de leur poidsenviron* Si nous en avions pris alors imeonce^ ou Si 9 35 grammes, nous aurions eu 4i«a5oœu£i, ou 3^000 de plus !

Qu'aurait*-on pu conclure des résultats de d«ux éducateurs dont l'un aurait acheté ses œufs au mois de janvier et l'autre au mois de mai ?

Il convient maintenant, pour compléter ces observations, d'étudier la perte éprouvée par les œufs dans la chambre d'incubation ; ils y ont été portés le 20 mai. Le 26 , alors que la température avait été élevée successivement jusqu'à n5 degrés centigrades , la perte totale se trouvait être de 9 pour 100 ; en défalquant celle de 4 pour 100 faite antérieurement, il faut conclure de cette eipérience que les œufs ont perdu 5 pour 100 de leur poids primitif, dans l'espace de six jours, dans la chambre d'incubation.

Cette évaporation considérable, opérée dans un si court espace de temps, prouve qudle influence a sur elle le travail d'organisation qui se fuit dans les œufs et démontre que leur dessiccation s'opte d'une manière proportionnelle à la marche de la conversion eu chenille du liquide contenu dans l'œuf.

(1) Ils ayaietit déjà perdu i gr. 26 cent.

(46) Au inoiti6ot où nou» constations ces résultats à Poitiers , devant la commission chargée par )â Société d'agriculture de suivre les travaux de la magnanerie modèle , une discussion s'engagea sur la croyance populaire d'après laquelle les œufs de poule augmenteraient de poids pendant Vincubation* Il est certain que cette opinion existe parmi les personnes qui s'occupent, dans la campagne, de l'éducation delà volaille : il nous parut curieux de la vérifier ; en conséquence , nous fîmes les essais suivants:

De la perte qu'éprouvent^ pendant Vincubation^ lei œujs depoule et de canard.

Bien que ces recherches paraissent s'éloigner beaucoup de notre but principal^ nous avons cru devoir les rapjiorter , parce que nous n'avons rien trouvé de positif à cet égard dans les ouvrages que nous avons eus à notre disposition : nous n'en concluons pas qu'elles soient absolument nouvelles ; nous les donnons telles que nous les avons pra-^ tiquées.

Le 29 mai , nous avons mis sous une couveuse i5 œufs de poule exactement pesés; i5 œuis de canard ont été placés sons une autre poule.

Le 10 juin , ou le douzième jour> ou a pesé d^ nouveau les œufs dç poule.

Le 17 suivant , qui devait être la veille del'éclosion t on les a pesés pour la trotstème fois. Plu-^

(47) lieurs élaient déjà* rompus par les poulets, et l'on entendait chanter ceux-ci à travers la coquille* Voici le résultat de ces diverses opérations :

Perte pendant les i^ premitrsjoun.

Poid« dM mwâê fraif.

Poi<bdM<nilii lalfttJMT.

Perte réalla.

Pwta poar c«M.

5o,oo

53,bo

63,oo

64,ao

5q,oo

5ff,4o

S6,oo

58,8o Mo]

fenne. 9,5

Pêne pendant Us 9 derniers joun*

9oMU la 20* jour.

Parte réelle.

Perte pour cent.

Pana totale powoeat.

5o,oo

5o,oo

6ia

3 1,20 Moyc

nne. 6,0 Moy(

înne. i5,5

ŒUFS DB GANARli. /

Pert^ éprouvée pendant hq Jours et incubation*

Poidâ

AMonUtnà»,

Poidtdesoaft la29«joor.

PwteiMk.

Perte poiar centl

gnmm.

gnmm.

5o,ao

65,oo

io8,i5 Me

>yenae. 16,20

Gomme le premier œuf porté dans ce tableau n'a pas éclos, il serait mieux de baser la moyenne sur la perte éprouvée par les onze autres. Elle serait alors de 16^82 au lieu de 16,20 , c'est-à-dire de près de 1 7 pour 100.

Il résulte, des expériences consignées da^s les trois tableaux que nous venons de rapporter, quelques faits qui paraîtront intéressants aux personnes pour lesquelles ils seront nouveaux.

i^ Les œufs de poule et ceux de canard éprouvent une perte de poids considérable pendant l'incubation. Elle est de 1 5 et demi pour .100 pour les premiers et de près de 17 pour 100 pour les autres , bien entendu en moyenne ; car nous voyons que des œufs de poule ont perdu jusqu'à 18 pour 100 de leur poids. La perte a été

(49) wie fois de ao pour loo pour ceux de canard»

2^ Les pertes éprouvées par les œufs sont assez variables I puisque nous avons eu les extrêmes de 10 et 1 8 pour ceux de poule ; de 12,6 et 20,9 pour ceux de canard.

3^ La perte éprouvée par un œuf qui n'a point ^clos n'a été que de 8 pour lOo, Il est probable qu^elle eut été moindre encore si le travail organisateur n'avait pas commencé du tout.

4^ Pour les œafs de poule , la plus grande perte s'est opérée dans les douze premiers jours ; elle a été de 9 et demi pour 100 dans cette période de temps. Dans les neuf derniers jours les œufs n'ont perdu que 6 pour 1 00. Cette marche a été assez régulière.

5^ Les œuls de canard qui ont été couvés neuf jours de plus n'ont éprouvé en plus qu'une perte de 1,32 pour loo. Cela prouve que la perte de poids est due avant tout au travail d'organisation, et <]ue l'exposition des œufs à une température de 30 degrés environ est peu de chose dans le phéno* mène d'évaporation.

En nous repicMrtant maintenant à la pertç éprou^ vée pendant l'incubation par les œufs de vers à soie , nous voyons qu'elle a été de 9 pou^ 100 en tout. Elle est donc de 6 et demi pour 100 moins considérable que celle qui est éprouvée par les œufe de poule; mais une autre différence très-uo^ 4able se présente ici. La perte des œufs de vers à «(Oie commence plusieurs mots avant Véclosion ; ou

peut en conclure que le trav^l organisateur date aussi da cette époque. Cette perte va toujours en augmentant , jusqu'à l'instant de 1 eclosion.

Dans les œqfs de poule, au contraire , la perte parait avoir lieu principalement dans les premiers jours du travail et diminue à mesure qu'il avance. Quant à la question de savoir si ce travail cohimence même à une température basse et dès que l'œuf est pondu, elle est fort douteuse. Cependant, si l'on considère que de^ œufs d^ poule, mis à l'incubation, éclosent tous le même jour, bien que souveqt ils aient été pondus à de longs intervalles, on est porté à croire que le travail organisateur i|^ commence qu'avec l'incubation.

Nous démontrerons plus loin que des œufs de vers à soie pondus à deux mois d'intervalle $pnt éclos le même jour, soit qu'on les ait abandonnés à eux-mêmes , soit qu'on leur ait applique l'incu- .bation artificielle. ][len résulte une preuve nouvelle en faveur de l'opinion q^e nous venons^ d'émettrçf, savoir : que le travail d'organisation ne commence qu'à une certaine époque, et sous l'influence de certaines conditions, quelle que soit l'époque de la formation des œufs.

De r eclosion des œufs de vers à soie,:

Tous les praticiens sont d'accord pour reconnaître que les circonstances plus ou moins fjavorabtes dans lesquelles se fait l'éciosiOR dés œuf^ ont une influence remarquable sur les suites de l-éducation

des vers à soie. Il importe donc d'étudier cett^ question sous toutes ses faces.

Influence des dates de la ponte.

Plusieurs personnes avaient déjà remarqué que des œufs pondus à plusieurs jours d'intervalle donnaient des vers en même temps. Les observations que nous avons faites, cette année, ne parais-* sent laisser aucun ^oute à cet égard.

Nos essais ont porté sur des œu£s de la même

.race pondus, les uns le ii juillet, les autres le |5;

puis si^r ceu^ provenant d'une seconde éducation^

toujours de la même r^ce, et pondus à la fin du

mois de $epietnbre. . " .

Des parties de toiles chargées de ces œufe opt été laissées à l'air libre , attachées à la mqri^ille, à côté les unes des autres; elles ne s'étaienf jamais quittées depuis la ponte.

D'autres portions des mêmes toiles ont été placées dans l'étuve et ont subi les gradations de température indiquées pour i'iiiCubation artificielle: celles-ci ont fc^imides vers Avant les premières; mais toutes les trois le mên^^ jour et à la même heure. ; . > •

Quatre jçMrs. après, les loriles es^osées à l'air libre ont pré^^iié d^tô éclosipus spontanées, égaliçs pour les œuf^.des trois difiereotes date&que nQU$ avons indiqu^s^ Nous avions déjà fait des obseiîr vationsanalogue^l'anaée dernière ; nous croyoïos donc pouvoir ^4,caadiure ip qu il m'est pas .n^ceft*-

sàire de sacrifier des (cocons pour avoir des œufs pondus tous le même jour, et a** qu'il suffit de placer exactement dans les mêmes conditions les œufs qu'on a récoltés, soit pendant leur conservation^ soit pendant Tincubation, poilr quHls éctosent en même temps.

On remarquera que ceci ne porte qUe sut la date delà ponte^ comparée à celle deFéclosion, abstraction faite de toutes les autres circonstances; car, par exemple, nous avons la preuve que les œufs pondus en septembre ont produit des vers plus faibles et des' cocons moins bons que ceux des œufs pondus en juilletXesœu&deseptembreprovenaientd'uneseconde éducation dont les produits avaient été, de tous points, inférieurs à ceux de la première; mais cela ne fait que corroborer notre première observation, puisque la grande différence qui existait dans la qualité des vers, des papillons et des œufs n'a eu aucune influence sur l'époque de l'éclosipn.

Influence de la température sur Védosion.

^ Les auteurs recommandent d'élever jusqu'à 24 degrés du thermomètre de Réaumur la fempérature de la chambre d'incubation. Cette condition nous avait paru présenter divers inconvénients qui nous avaient frappés ; par exemple , il est évident que l'entretien régulier d'une température aussi élevée offre plus d'une difficulté. Non-seule* ment la température varie souvent dans l'ensemble de la'chambre d'incubation, mais il est presque im-

possible qu'elle soit uniforme clans toutes ses parties. Le moindre écart, la moindre négligence peuvent avoir des conséquences funestes. La nécesMté d'entretenir un feu assez vif peut occasionner des élévations excessives de température, qui sont très-dangereuses.

Quand les vers sont nés, on tombe dans une autre série de difficultés. Il faut abaisser la temperatuf^avec beaucoup de précautions, car les jeunes vers sont alors bien délicats; un refroidissement intempestif peut en faire disparaître un grand nombre dans les litières. Ici se présente encore et avec plus de gravité la difficulté d'entretenir uniformément une température élevée dans toutes les parties de l'atelier. La nécessité de renouveler à chaque instant les repas de feuilles coupées menu, dans une atmosphère aussi chaude, devient vraiment fastidieuse. Enfin ce n'est qu'à grand'peine qu'on entretient l'hygromètre à 60 ou 70 degrés au plus, ^tandis qu'il devrait être à 80 et même 90 pendant cette première période de la vie des vers. *

Nous, avons donc voulu nous assurer s'il ne suffirait pas de chauffer la chambre d'incubation à ao degrés Réaumur, 25 degrés centigrades. L'essai a été fait en double, à la Gataudière et à la magnanerie modèle de Poitiers.

Les œufs exposés dans la chambre d'incubatiou, avec une température de 12 degrés Réaumur, ont été chauffés ju^u'au ao* degré, qui n'a pas él^

(54) dépassé. Ils sont éclûs les 7% 8* et 9* jours. Qa'aurions-nous gagné à chauffer davantage? L'année dernière même , avec une température de a4 degrés, réclusion avait été plus tardive.

Nous conclurons qu'il n'y a pas à hésiter, et que Téclosion^ dût-elle durer un ou deux jours de plus, serait faite plus convenablement et avec moins de chances désavantageuses à 20 degrés Jléaurour qu*à 24.

De la température que peuvent supporter les œufs.

Diverses observations faites depuis longtemps nous avaient inspiré le désir d*étudier l'action d'une haute température sur les œufs de vers à soie ; mais un fait consigné par M. Aubert , dans son compte rendu de l'éducation faite à Neuilly en 18S9, nous a décidés à tenter quelques essais.

Il s'agissait de savoir quelle température des œufs pourraient supporter sans périr, soit que cette température agît sur eux pendant quelques instants seulement , soit qu'ils en éprouvassent l'influence pendant un temps assez long. La solution de cette question a une application pratique évidente. En ^ effet, supposons que, par suite d'une négligence, la température d'une chambre d'incubation se trouve portée tout à coup à 40 ou 5o degrés centigrades; supposons que cette température soit entretenue quelques heures, par exemple; quel parti devra prendre le magnanier désorienté par cet

accident rare > mais possible ? Nous allous répondre.

Le 24 mai , en présence de plusieurs des membres de la commission de Poitiers , nous disposons une série de petits tubes tous pareils ; ils sont fermés par un bout , ouverts par l'autre et couverts seulement avec un bouchon de papier. Nous les plaçons dans une position verticale ^ de manière que leur moitié inférieure plonge dans l'eau encore froide d'un bain-marie. Les tubes ont tous le même diamètre. Dans chacun d'eux il a été placé 5 décigrarames d'œufs de vers à soie. Il y en à la; un treizième ) en tout semblable aux autres^ est mis de côté ; il servira de point de comparaison. Le^ choses étant ainsi disposées , on met du feu sou^ le bainmarie. Quelques, minutes suffisent pour élever la tempéir^tqre de l'eau à 35 degrés centigrades; on l'entretient à ce degré pendant cinq minutes, puis nous enlevons le premier tube. Les œufs sont immédiatement versée dans une petite capsulé, de papier.

La température est portée à 40 degrés et le se^ cond tube enlevé au bout de cinq minutes.

Noua continuons ainsi , de telle sorte que le douzième tube a subi une température de 100 degrés centigrades. On remarquera que chaque tube a du supporter la température à laquelle a été exposé le précédent , plus celle k laquelle l'eau a été portée imoiédîatement pour lui.

Le lendemaia 2S , tÇMS les œ^fs ont été pesés

avec le plus grand soin , pour constater la perte qu'ils avaient éprouvée. Voici le tableau de cette* expérience :

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Au premier aspect , les résultats de ce tableau paraissent contradictoires; cependant, en les étudiant avec soin, on peut, je crois> s'en rendre compte^ non sans quelques hypothèses ; mais il en est que la science autorise*

I • Cest dans le tube n* '6 que nous" avons remarqué pour la première fois une petite quantité d'eau condensée. Toutefois les œufs qu'il contenait n'avaient pas perdu de leur poids. Auraient-ils repris dans l'atmosphère l'eau qu'ils avaient perdue ? Je l'ignore. Ce que je puis affirmer, c'^t que la plus grande exactitude a présidé à ces essais.

Dans les tubes suivants, l'humidité condensée était de plus en plus considérable , et dans les der« niers les œufs en étaient tout imprégnés.

2° Les œufs chauffés à 55 et 40 degrés paraissent

(57) n'avoir fait aucune perte : peut-être a-t-elle été aJ petite, que nos inslrum^dts n'ont pu l'apprécier ^ mais le n^" 5 en a éprouvé une très-sensyole , qui est devenue moindre dans le n® 4> moindre encore dans le n^ 5 et nulle dans le n^ 6.

Ne peut*on pas admettre que les œufs de vers k soie se sont comportés à la chaleur d'une manière analogue aux œnîs de poule? La première impression de la chaleur a resserré la membrane extérieure. Point d'évaporation dans lés n^ i et a. La chaleur augmente; son action l'emporte sur la résistance de la membrane. Il y a tout à coup une évaporation de 5 pour loo en quelques minutes: tube n* 3.

Nous continuons de chauffer; l'action de la chaleur s*étend et atteint le liquide glaireux cont^m dans l'œuf. Les couches extérieures commencent à devenir plus consistantes et s'opposent déjà k l'évaporation. Elle n'est plus que de 2 pour loo dans le tube n9 4, de i pour lôo dans le tube n* 5; elle ^t nulle dans le n^ 6. Il y a une petite couche albumineuse coagulée qui suspend l'évaporation.

Nous contimions Tapplication de la chaleur, et le phénomène primitif se reproduit; peu k peu elle devient plus forte que l'obstacle. L'évaporation âiugmente de i à 5, de 5 à lo, de lo à 17.

Tout cela ne paraît-il pas Vraisemblable ? L'aspect des œu& le confirme; les derniers sont aplatis, d^ïséchés, noirs; poursuivons.

Le 10 juin, les éclosions de vers commencent :

les n'^M, 2 et 3 en donnent abcmilaninient; le n^ 4, dont les œufs ont été chauffés à 5o degrés, en présente quelqttes'^ins. Le lendemain ^ l'éclosioa est presque complète; les vers paraissent trés^bons; les derniers sont recueillis et portés à la magnanerie.

Il n'y a aucune naissance dans les numéros suivants s l'état des œufe permettait de prévoir ce résultat.

Les œufs réservés pour contre-épreuve, et qui n'ont pas été chauffés, éclosent en même temps.

Enfin, le i2 juin, il natt un certain nombre de yers dans les œufs du n** 5 , chauffés à 55 degrés ; on ne les garde pas. Le i5, ils éclosent presque tous. Les numéros suivants, chauffés à 6o degrés et plus, n'offrent !pas une seule éclosion.

Il est permis de tirer les conclusions suivantes des faits qui viennent d'être rapportés :

1** Les œufs de vers à soie peuvent être impunément chauffés à 5o et même 55 degrés centigrades, pendant quelques minutes, sans^perdre la faculté d'éclore;

a* Des températures inférieures de 45 > 4^ ^t 35 degrés peuvent être entretenues beaucoup plus longtemps sans plus d'inconvénient;

3** Au delà de 55 degrés,, les œu£i perdent la faculté d'éclore;

4** La perte en poids éprouvée par les œuls n'est pas toujours proportionnelle à la températurc appliquée;

5^ £n ooMéqueooe, des oeufe qui auratenl été accidentellement chauffés au degré indiqué pourraient encore fournir des vers; si^ au contraire, cette tempéi^ture savait été (^passée, il -fondrait se hàt^ de remplacer les œufs.

Quant aux vers provenant des œufs chauffés à 5o degrés centigrades, ils ont tous réussi et fourni d'excelleni;s cocons. De nouveaux détails seront donnés plus tard à ce sujet.

Pour compléter ces expériences, nous en avons fait une autre dans un système différent. Dans le premier essai, les œufs étaient restés pendant quelques instants seulement exposés au^ différentes températures produites ; dans le nouvel essai que nous allons rapporter, la température élevée a été maintenue pendant plusieurs jours : la différence est donc considérable.

Le 28 mai, nous disposons un petit bain-marie dont la température est entretenue par une veilleuse; cette température est assez constante de 55 à 40 degrés centigrades. Tfous plaçons dans le bainmarie un morceau de toile chargé d'œufs; un mor-* ceau tout pareil est exposé à Fair libre dans une pièce non chauffée.

Le 5 juin, ou le huitième jour, il parait quelques vers sur la toile placée dans le bain-marie; le lendemain, Téclosion est presque complète. Les vers sont rouges ; on les recueille et on les porte à la magnanerie.

Il ne parait pas un seul ver sur la toile exposée

k Tair libre ; c'est le 1 1 juia seulemeot qu'ils écfo* sentf après 25 jours d'exposition à l'air libre depuis leur sortie de la glacière. Ceux qui ont été ch^ufE^ au bain-marie avaient été 8 jours à l'air , et scnit restés 8 jours à une haute température ; total , 1 6 jours : ils ont donc gagné 7 jours swr les autres.

Il résulte de cette. e;xpérience que les œufe de vers à soie ont pu supporter pendant huit jours une température de 35 à 4o degrés centigrades, sans perdre la faculté d'édore.

Les vers qui en sont provenus ont été élevés avec succès , bien qu'ils aient présenté^ au moment de leur haissance, cette teinte rouge ccmsidérée comme funeste. 11 sera rendu compte plus tard de la qualité de leurs cocons, qui, du reste, étaient assez bons.

Telles sont les rechercha auxquelles nous nous sommes livrés, cette année, sur les œufs de vers à soie, en ce qui concerne leurs caractères et leur éèlosipn.; il nous reste à dire quelques mots sur leur conservation dans la glacière.

Conservation des œufs dans la glacière.

L'année dernière, nous n'avions pas été heureux dans notre essai de conservation des œiifs à.la glacière, et nous avions attribué notre insuccès à la négligence d'une des recommandations faites par M. Loiseleur-Deslongchamps : nous n'avions pas fermé assez hermétiquement le vase dans lequel nos œufs avaient été placés.

Cette année, nous avons évité avec soki celte canse d'altération. Les œufs ont été enfermés dans de grands bocaux de verre, et mastiqués de ma* mère que f humidité ne pàt y pénétrer en aucune façon. La plus grande partie' des œnfii est restée attachée aux toiles, et n'en a été enlevée qu'au moment de la mise à rîncnbation ; une petite portion avait été détachée avant de descendre les œufs dans ia glaciàre.

Nous avons dé}k mentionné plus haut une première ot^servation faite sur Faction de la glacière; 4ea ceu& <pii s'y trouvaient n'ont fourni aucune proportion d'humidité appréciable par sa condensation sur les parois des vases. On se rappelle qu'il em est tout autrement des œu£s dont la conservation a lieu à la température extérieure : les vases qur ks contiennent se couvrent intérieurement A'uim humidité abondante. îfous en avons conclu que le travail d'organisation ne commençait pas dans la glacière* Quant à là t^pérature de celle-ci, noua ne l'avons pas déterminée d'une manière, exacte : c'est un oubli.

La seconde observation que nous avons faite est cell^^^i : Les œu& exposés dans^ la glacière, bien que portés en même t^tnps que les autres dans la chambre d'incubation etèhauffés aux mêmes de* grés, ont constamment présenté du retard dans leur édosion. Nous pourrions citer de nombreux faits à Vi^iti de cette observation; mais nous craindrions de trop allonger notre travail.

I^ 20 mai, noua sorlons de la glacière plusieurs toiles chargées d'œufs. Les unes sont envoyées àla Catawlière» les autres restent à Poitiers : toutes fournissent d'excellentes édosions. Il est évident que jusqu'à c« jour les œufs n'ont éprouvé aœune espèce d'altération par leur séjour' d^uis la glaiciére; eeu% qui sont encore sur les toiles, et ceux cpii^en ontétédétachife, ne juré^ntent encore aucuiie différence. Des œufs d'une race de Loudun^ que nouk avions reçus détachés^ éciosent aussi hien que les autres. .. -. .•." ■ . t^^

Le 24 juin, au moins un mois après ^nou^se^*tons de la glacière des éch^antillons de tous lesfeafe qui y sont restés ; les ims sont sur ks. toiles^' ieê autres en ont éié;détachés précédemment: on me les expose pas à une chaleur attifioielle^'mais leur examen attentif démmitce à l'instant qu'un oèitsiipi nombre ne pourra ^Iiis écloiïei Ce sont surtout les ceufe fixés sur une toile épaisse qui paraissent aliénés ; un grand :noit)bre est» aplati et dessécAié. Los ttiifs détachés pacoissent bons; mais, après quelques jours d'exposilion à l'air, ils noircissant fil^js'aplatiasent. Une parait pas >un seu) ver« t* . . Quan t jB^ux toiles^ quèkpies-uttes éclosen t-en^ 4o^ t^lité, d'autres parlieliepeiat. 11 nous est- impossi* ble de. ectmprendre la.éausede ces diSSéreinbes:^ à mains de la voir dans l'épaisseur plus du moins grandie . des étoffes et d'admettre qae. k' ttssu^ a • pu exerce sur le& œufs une action dessédi^tev qui a été proportionnée à sqjq épaiseetiri^ Kems lavons

eTÎté^ cette aimée, de faire pondre sur des étoffes épaisses.

Le a4 ju^i nous extrayons de la glacière une betlteiile contenant des œu& de sîna qni pak^an^ sent en très-bon état. Us ont été portés dans une cave prb£dnde, dont la température ne varie que de lo à 12 degrés Centigrades.

Le 17 août, ces œufi^sqot placés dans des conditions favorables à Téclosion , il n*en sort pas un seul ver.

Le 9 septembre, on a extrait de la glacière neuf échantillons d'œnfs de vers à soie, les uns sur toile et les autres détachés. On prend toutes les précau^ tiens possibles pour obtenir leur éclosion, comme, par exemple, d'élever très-graduellement la température à laquelle ils sont exposés, mais c'est en vain ; le i*^ octobre, il n'a paru que cinq vers et les autres œufs, paraift^nt définitivement perdus.

Poi^r tenter tous les moyens, on a sounns, à deiix reprises, des mêmes eeufe à l'influence de la chaleur, humaine en les faisant porter par ime femme: il nWest rien résulté d^utiie^

Conûlusions. On (voit dbnc que nous n'avons pas été pkts henreux en 'i8/ro qu'en 1841 pour la con^sei^atioii des œufs dans la glacière, et cependant nous n'avions négligé aucune des précautions re<comraandées. Le seiil reproche que nous nous adressions est d'avoir trop tardée ^ut-étre, à pcwr^ ter les œufs à la glacière; ce transport i>a eu lîeu^ en^ffet, qoe le 5i mars. Cette année, nous reconv-

(64) mencerons nos estais avec un nouveau zèle : ils nous démontreront peut-être enfin quelles soat les précautions iudisp^isables au soccès» et quelles •ont les uégUgences qui peuvent le com^melUe*

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