‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: éducationsChapitre 18 sur 34 · III · texte numérisé non relu

III

que tempa^ qu'ils proyiuaieiM dâ papiUont traos* porté» dans la pépinièra, au mois de juillet de Fannée précédea^e, par des élèyea de l'établisseioent*

Ainsi donc, ces oçufs, pondus dans le courant de Tété de 1839, avaient^assé dix mois sur Técorce de l'arbre, éprouvé tQute^ IcjS variations de tempér rature et d'humidité 4'une longue saison d'hiver, d'un automne e^ d'up printemipi^i et avaient éclos dans le^ premiers jours de inai^ Nous croyons que ce iait est le premier de ce genre qui ait été ob* serve en Europe; il prouve, une foiai de plus, combien sont peu fondées 1a plupart desf objections faites contre la propagation de l'ipdusitrie sér igène dans le centre de la France, e^ qu'oi^ prétend baser sur la délicatesse du ver k soie^

11 en résille m^i qi»e l'éqlosion mturçUe de$ vers coïncide avec la naissance des feuilles destinées à les nourrir. Cette considération a une trèsgrande iQ(Lpprtance : nous le prouverons*

H est évident que les œufe qui ont pas^é ain^i 4iïç i3ç^ eu pl^n ^ir oqt été souvent mouillé^ et h^vM par la pluie; ils ont éclos çepefidaut, ipais il a'en faut de beaucoup que tous les vers aieut par^ le même jpur» Il e^t donc fort doi^teux que les bains qwp les Ghiuois donnent ^ux œu£si ç|e ver$ ^ soie, ^t pajr le^qu^s ils par^isseni; vouloir iqpitçr les lavage? naturels, puissent déterminer une édpr sion simultanée de toutes les chenilles.

Nous aypns eu la curiosité de suivj^e l'exis^teuce de nos vers naturels : ^^wr Içs prat<3gAr , l'^rhf J^ a

(Ili)

été enveloppé d*un filet. Nous n'avions pas pensé aux fourmis^un jour nous en surprîmes qui étaient montées dans le mûrier et emportaient nos jeunes vers : une bande de coton en carde, attachée à la tige de Farbre, mit^n ^>^s rapts. Mais ce que nous ne pûmes corriger, ce furent l'imprudence et la maladressé de nos protégés : ils se laissèrent tom-^ ber à terre les uns après les autres^ en déchirant par lambeaux les feuilles sur lesquelles ils étaient placés; une fois à terre, ils devenaient à Finstant la proie de leurs nombreux ennemis. Nous avions estimé qu'il pouvait y avoir une centaine de vert dans les premiers jours de mai.

Le ag, ils étaient déjà en petit nombre, mais fort beaux; le lo juin, ils ont tous disparu, mais le fait curieux de leur origine subsiste tout entier.

Éducation avec les manières colorantes:

On se rappelle que, dans le courant du printemps^ dernier, les journaux annoncèrent la découverte faite par un Piémontais, qui prétendait avoir ob-' tenu des cocons de diverâfes couleurs en agissant directement sur les vers (i).

Il nous parut curieux de vérifier ce fait, c'^t*àdire de. nous assurer si nous pourrions le reproduire; car le fait annoncé par les journaux n'a pas été prouVé, à notre connaissance du moins.

(i) M. Bertelli, propriétaire aux environs d'Alexanchrie. {Jmurnal des Débats y ii mai r84o.)

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En eonséquttnce^ nous nous sommes procuré diveisès matières colorantes en poudre très-^fine : rindigo» la cocbcmlle, la garance^ l'orcanètei le curcuma, le santal rouge, le bois de Brésil et le bois jaune» Nous n'avons essayé que les quatre premiers^ A cet efiet, nous avons disposé sur un cbassîs quatre petites séries de vers sina parvenus au cinquièine âge; quatre terrines et quatre tamis opt été destii^ k la préparation des repas. Chaque fois on mouillait l^^èrement la feuille, puis on la sdupoudriait avec la matî^e eolorante. I^es vers finant d'abond de grandes difficultés pour prendre cet aliment nauséabond : ils fuyaient la feuille et allaient chercher au loin une nourriture plus à leur goût; mais la couleur dont les malheureux étaient déjà imprégnés peiTipe^taît de les reconnaître et de les ramener sur leur lit de misère. Après quelques heures de jeûne, ils se décidèrent enfin , et continuèrent pendant plusieurs jours à manger la feuille CQlovée; puis ils. firent des cocons, faibles v mais cependant achevés.

. L'expérience a complètement échoué; non pas^ que les cocons soient: absolmnent incolores; au contraire, ils ont tous une teinte assez prononcée, participant delà matièrç colorante prés^itée aux vers;, mais cette couleur n'est (pas inhérente à la soie. Le fil a été sali par le ver, dont le corps, traînant sur des feuilles couvertes de couleur, était lui* même tout souillé de cette matière, et en a déposé dans l'intérieur du cocon.

Si d'autres personnes ont été pk» henveusés, noiis l'apprendrons avec plaisir* Le fait seràt cu^ rieu»« mai» nous n'y croirons qofa^rès l'avoir véri-* fié : ci ailleurs il est évident qù^il n'aurait aucun ifiiitoét industriel. Non-seulement il faudrait pour colorer de la sbie par un procédé anak^ue dix fym plus de matière colorante que pour la teindre , mats encore il est à peu près certain qtie la coii^ Imn ne subsisterait pas dans les diverses o|>érattond auxqueltes la soie est soumise avant le tis^ge. Né se»tK>n (ias que la couieiir des soies jabnes réHkle dans le gluten dont elles sont touvert^, et qu'enlièvent la ciUfe et le d^ouiilage?

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