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(90) Nous pouvons tirer de ce tabidau des ooudusions nombreuses et intéressantes.
lo Les vers ont acquis danst la magnanerie humide un volume et un poids bien supérieurs à ceux auxquels ils étaient parvenus dans la itoagnanerie normale. La différence est encore plus grande si on les compare aux vers de la magnanerie sèche. Ce résultat est constant pour les trois races. Voici les différences calculées en centièmes.
Poids des vers»
Sina.
Jaune de Tours.
Louduu
Magaanerie noraule.
SKsnanerie bumide.
Wttèremec
ou
aqgmmiUtioa.
Moyenne,
On voit que les différences sont considérables pour deux races ; la moyenne de Taugmentation est de II pour loo.
Poids des vers
Sina
Jaune de Tours.
Loudun. . . . .
Magnamne <khe.
MainanerU humide.
Différenc*
ou
aagmentatio».
16,4 ofo 21,7 0/0 i5,o 0/0
Moyenne. . i4, 5 0/0
L'augmentation de poids en moyenne est plus forte dans ce dernier cas; elle est de i^.S pour
Od ne sera pas étonné qoe des' résultats de ce genre se présenient avec quelques anomalies. On comprendra combiei) il est difficile de saisir les vers exactement au même degré de maturité. Aussi noua n'aurions pasi une aussi grande confiance dans les cfaiffresqui résultent denois essais <» si le phénomène qu'ils: constatent n'ayait pas été évident à la seule inspection. En eifet^ les nombreux témoins de nos expériences ont élé frappés de la différence qni existait entre les séries de vers. Il nenous reste aucun doute à cet égard. D'ailleurs le fait est surabcoidammant prouvé par ce qui suit.
a^ Les cocons obtenus dans la magnanerie humide sont plus pesants que ceux de la magnanerie sèche et même que ceux de la magnanerie noi*male. Voici dans quelle proportion. Nous comparerons seulement les moyennes.
Magnanerie normale. .
, Magn^er^e humide, .
Poids moyen des cocons.
Augmentation. .
ouf 1,2 0/0
Magnanerie sèche.. . .
Magnanerie humide. .
Augmentation. .
ou j 2,4 0/0
Ainsi donc les cocons ont au^enté de poids dans la proportion de n'a 12 pour 100 par le sé-^ jour des vers dans une atmosphère humide.
Il est impGftrtant de noter ici que tous les cocons
(90 ont été pesés dan^ le même lieu et apr^ un séjour qui permettait l'établissement de l'équilibre hygrométrique entre eux et l'atmosphère de cette pièce.
3^ La proportion de matière soyeuse contenue dans les cocons ne parait pas avoir été augmentée pour deux races, le sina et le jaune de Tours ; elle est de 2 pour loo plus forte dans la race de Lou^ dun, si l'on compare les résultats de la magnanerie normale à ceux de la magnanerie humide , et de 4 pour lOO, en rapprochant les cocons de la ma<gnanerie humide de ceux de la magnanwie sèche.
Mais, comme les cocons ont gagné du poids dans les trois races, il en résulte qu'à nombre égal de vers ou de cocons , on aurait plus de matière soyeuse, avec l'éducation humide que dans l'éducation nonmaie , et à plus forte raison sous l'influence de la sécheresse.
4® Le volume des cocons est, à peu de chose près, resté le même sous. l'influence de l'humidité; or^ comme la proportion de soie a augmenté, ces coucous devaient être très-épais .et très^durs; c'est ce qu'il a été facile de vérifier : on peut encore s'en assurer sur nos échantillons. On voit, dans le tableau des diamètres calculés , qu'il y a des diffé-r rences considérables entre le volume réel des cocons, et celui qu'ils auraient eu si leur substance n'avait pas été plus épaisse que celle du sina de la magnanerie normale.
^* D^ns deux races sur trois, la conversion du
(95) ver en cocon a déterminé une perte de poids qui a été plus considérable dans l'éducation humide que dans les éducations normale et sèche. Il est pro* bable que ce résultat est vrai^ et que Fanomalie présentée par le sina tient à quelque cause qui nous a échappé.
6^ Quant à la proportion de matière soyeuse comparée au poids primitif du ver, nous voyons qu'elle a un peu diminué dans deux cas. Nous croyons encore que c'est là l'expression de la vérité, parce qu'il nous parait probable que des vers dont la transpiration a été moins active ont dû contenir une proportion d'humidité plus grande et, par conséquent, une proportion de matière soyeuse relatî%veroent moins forte*
Nous ne devons pas omettre une observation de la plus haute importance. Malgré la surveillance la phjs minutieuse^ exercée à tous les instants et par plusieurs personnes, il ne nous a pas été possible de trouver une différence quelconque entre nos séries de vers exposés à des influences si contraires: quelquefois on croyait en trouver dans la couleur ou la consistance ; mais, en rapprochant les vers les uns des autres^ ces différences supposé^^Hsparaissaient complètement, elles n'existaient pas. Il n'y a eu des malades dans aucune des séries ^ si ce n'est quelques japnisses dans la race de Loudun ; mais en proportion égale dans les quatre éducations expérimentales, dont une, comme on le sait, était une éducation normale.
C94) Conclusion. Enfin il résulte évidemment pour nous de oet essai d*éducation^ que l'humidité dalis Tair, loin d'atoir nui à la santé des vers et à leur pkKMluit en soie, leur a été, au contraire, Êivorable: ce serait donc s'égarer, suivant nous , que de chercher à dessécher l'air des magnaneries^ ' i Cependant nous devons y mettre âne coi^ditibn : l'humidité, inoffensive pour le ver quand tdle^aigit directement sur lui, pourrait être funeste enagis- ,sant siu* des .litières épaisses qu'elle ferait fermea*ter.; ^es détitements fréquents, ou des claies qui permettent la* prompte dessiiacation des réshius, -sont deac indispensables^avecle coucOfirsd'QB^aîr -huttiidc. Nos ch&ssis à canevifis^roulfipits présentent évidemment ce double avantage»
. ÉdtjtGationayeciafeaM(lemoàiliée.
h. ilae pouvait pas nous sufifire de constater è'adlîqRdeJ'huimdLté agissant sur ie^ vevs par l'interitaëdtaire dei'air. -On sait, en^efCsty^quelle împ6r^ -lance OD a attachée;; dans ces: ^derniers temps, à. la -desiùeoatton: des éeiiiliès montUé^par la rosééffm jb pluie. ËUe ia étételley que. guelqi>es:piraesonflu^, ^ fondafiit d'ailleuqs sur les opiqims des pcatîci#iis ks plus expértmentéSviMit cbnsid^ré la fréquence d^àfihiies^ daoQs Denàins iClimats,fCi«mper<iinidbsâa* leie presqi^e in vineMeài la prefu^atiboi àù l'ilidtt^ 4me ^igène«. Aussi -esti^ea* iallé^usq^^à.prp^MM^ ^iCfmskviT ,> Amimoyéii de tmtttres: portatives, é%s plàntalians de mûriers à Jbassei» tige^ot» eikhfÎAS, pour obvier au grave incoîsiaénientide>dDiinerattx
(95) vers de l£^ feuille qu'on n'aurait pas eu le temps de sécher.
Quelques personnes ont aussi pensé qu'il valait mieux laisser jeûner les vers que de leur donner de la feutre humide. Enfin, nous-mêmes, après d^ essais a^sez nombreux^ nous étions arrivés à cette conclusion : que le meilleur moyen de sécher prou^pt^m^t de la feuille en grandes masses était delà saupoudrer avec du sofi grossier ou même de la sciure de bois.
Qi) comprendi^N après oé court exposé, de quel intérêt il était pour nous, de bieu déterminer ra(> tiptl».$W.ies vers^ de la feuille mouillée. L'expé^ rieyQfiç a, été faite simttltai^éiiiept à Poitiers et à la Ç^tjà^i^^yDmsk cetteideraaère^fnagnanerie,: ainsi qu^ nçiVkSk a^Ycm^^bu déjàJ'occasion de le dire^ cm a ^^ployé presque, constamment, de la ieaiUe qui av,aît feijit iM^ voyage de S à 4 lieues : on était obligé de l'arroser copieusement, tantôt avant son départ du ji^v^ 4e: U récolte^ lantotà son arrivée :à. la .ma«* g^^nei:^^ p^ ^ix Jaai vidant des sacsdamidiç grandes Cf^isses pl^iées kU c^ve. Cetle.feuiUe était distio^ buée ensuite to^t^Mm?uiHé^^ sans <|u'oiifittt aucilne p^-^qaii^A pç^r^ulière. Quant.aux feuilles ^e nfult^^le pravi^naot d^ i^s plafitatioÉis,.elltsiétaftehl: cf^j^lUm liid^rmim^Xm, .énûoretow^tea .couvert** ç|e Tft»/^^ . Qv^ pfjiHt donc dire , avdc assuiiance:, :qw leséducatiotiM^jd^Ja Cataitdière, de iSSS* i85Q^M 1840, ont été laites en très-grande partie avec de la Jeuille mouillée.
Or, non-seulement il n'en est résulté aucun in-^ convénient palpable , mais encore il est constant que les cocons obtenus ainsi se sont trouvés un peu supérieurs à ceux de Poitiers, pour lesquels il n'avait été employé que de la fenilie sèche. Mais on conçoit que celte épreuve, décisive peut-être pour nous, qui en avons été les témoins^ pouvait souffrir quelques objections qu'il fallait prévoir; en conséquence, nous l'avons répétée à Poitiers avec les précautions suivantes :
Trois séries de vers, exactement pareilles à celles qu'on élevait à côté par le procédé normal^ ont été placées sur la daie yoisine dans des conditions de chaleur identiques ; elles ont reçu le même nombre de repas; seulement on a eu soin, chaque f(»8, d'arroser abondamment la feuille dont il se composait. Les déiitements n ont pas été plus nombreux pour ces trois séries que pour celles de l'éducation normale.
La durée de la vie des vers n'a paru ni moindre ni plus grande; ce qui semble prouver encore une fois que c'est la chaleur et le nombre des repas qui influent davantage sur cette durée. ^
Il n'y a eu aucun malade. Les vers , rapprochés plusieurs fois de ceux> qui mangeaient de la feuille sèche, n'ont présentéd'autre différence qu'un plus grand volume. Enfin on a récolté: lés cotons; il s'en est trouvé les quantités suivantes :
Sina 170 grammes. Âakilog. 6:13
Jâtme de Ton». . 880 Aa kilog. ^S8
Loudun. • . . . . 1475 Aakilog. Sga
Le tableaa suirant présente tous les résultats de c^t essai mis en regard avec ceux de l'éducation hormale.
(99) Conclusions. Lepcemier résultat qui qous frappe, à FinspectipD de ce tableau, est l'augmeiitation GODftidérable de poids acquise par les vers nourris avec de la feuille mouillée. Elle est de 17 pour 100 quand on les compare avec ceux de la magnanerie normale; de 7 pour 100 relativement aux vers de l'éducation humide; enfin la diflRérence entre eux et les vers de l'éducation sèche est de 28 pour loo. Assurément, voilà un résultat trés*curieux; il est du nombre de ceux qu'on trouve tout natuiUs quand on les a obtenus, parce que leur explication est simple, mais qu'on n'aurait pas prévus avant l'expérience dir>ecte. Cependwt on peut s'étonner qu'une alim^tation aussi s^queusen'^it occasionné, chez les vers, aucune de ces maladies qu'on signale comme en étant ordinairement la conséquence. Il est donc prouvé que la/euille mouillée soûle ne suffît pas pour les faire naître. Nous avons vu, plus haut, que l'humidité, extrême ne la causait pas non plus; il faut en chercher l'origine dans d'autres circonstances.
ao Les cocons obtenus dans l'éducation avec la feuille mouillée ont augmenté de poids dans la proportion de la pour 100, comparativement à ceux de l'éducation normale. Cela n'a rien de surprenant ; cependant il aurait pu arriver que ces énormes chenilles, toutes gonflées d'eau, ne donnassent que des cocons très- faibles. Le contraire est arrivé.
5® La proportion de la matière soyeuse^ dans
( loo ) ks cotons» parait avoir diminué, ou, en d'auttes termes, le poids de la dirjsalide se trouve ici pro^ ^ portionnellemént plus fort que celui de la coque soyeuse. C'est encore un fait très-rationnel et facile à comprendre. Mais on remarquera que la £ûble différence qui existe est plus que compensée par l'augmentation du poids absolu des cocons récoltés. Pour rendre ceci plus évident, en me conformant à la méthode d'appréciation ordinairement empiloyée pour les cocons, j'ai donné, dans la dernière colonne du tableau, le nombre des cocons au kilogramme. On y verra les nombtes uioyens vivants: Nûmhre des cocons au kilogramme.
Magnanerie sèche. . . . 565
Magnanerie normale. . . 555
Magnanerie humide. . . Soi
Feuilles mouillées. ... 49 <
Différence entre les cocons de la magnanerie sèche et ceux de, l'éducation à la feuille mouillée^ 64 cocdns au kilogramme ou 1 3 pour 100, ou un huitième de différence en plus.
Or la perte éprouvée par la matière soyeuse n'est que d'un vingt et unième; on voit donc qu'il y a eu augmentation réelle dans la production de la matière soyeuse à nombre égal de vers.
4^ Le volume des cocons a un peu augmenté , maïs non dans la même proportion que le poids de la matière Joyeuse. Il eh résulte que ces cocons doivent être extrêmement durs; c'est ce dont chacun a pu s'assurer #
5^ En se convertissant en cocons, les vers qui n'avaient consommé que de la feuille mouiUée ont perdu 53 pour loo de leur poids. Les vers de la magnanerie normale n'avaient perdu que 5o^6pour 1 oo ^ et ceux de la magnanerie sèche 4896 pour 1 00 {seulement; c'est un résultat qui concorde parfaite*r ment avec tous les autres. Il est facile de concevoir que nos vers g0l*gés d'eau, pour ainsi dire, ont du perdre beauco^p de leur poids lorsqu'ils ont cessé de manger, et ont^suhi leur première métamor-r. pbose. .
^i nous comparons maintenant le pqids de 1^ matière soyeuse produite, au poids primitif des vers dont il esl question , nous trouvons que cea derniers en ont fourni une proportion moindre que ceux des trois autres éducations expérimentales ; c'est un fait qui ressort tout naturellement des ré-r sultats.
Résumé. Ainsi , dans l'éducatiou avec la feuille mouillée, nous avons obtenu des rés^ltats défini-* tifs supérieurs à ceux de tous les autres essais. Nous avons fait remarquer plus haut que les vers n'avaient été atteints d'aucune maladie. Ilfautdonc rechercher la cause de celles qui se produisent si communément, dans d'autres circonstances que celles dont nous avions cru l'influence si funeste pour les vers. Ni l'alimentation aqueuse , ni l'air humide n'ont produit de résultats fâcheux ; cepen* ^ant nous devons dire qu'en ouvrant les cocons provenant des deux éducations humides noua
( loa ) avons trouvé dans leur intérieur un c^lain nombre de vers morts, ce qu'on appelle des /ondits; mais cette circonstance nous a paru peu impoft^tante^ puisque les vers avaient achevé leurs cocons*
Nous ne coiicluorïs pas de ces faits qu'il faille adopter comme mesure générale rarroséînènt dèà feuilles destinées aux tel's; mais nous nous croyons suffisamment autorisés à dit^ qu'bn à eu tort de redouter autant qu'on Ta fait l'emploi de la feuille humide , et que , dans une magnanerie bien construite, bien aérée et doùt les claies seront établies dans un bon système, on n'aura aucune crainte à concevoir de rintroduction de la feuille mouillée par la pluie , et qu'enfin bn pourra très-bien, - comme nous l'avons pratiqué jusqu'ici , recueillir de grand matin , et toutes couvertes de rosée, les* feuilles minces et délicates du mûrier multicaule.
En nous reportant maintenant au point de départ de ces expériences, qui avaient pour but de déterminer l'influence de l'humidité dans les éducations de vers à soie, nous arrivons à cette conséquence : ^ue Vhwnidit^ est une circonstance favo^ rable.
Mais jusqu'à quel degré devra-t -on l'entretenir dans la pratique ?
La réponse est nécessaireiQent conditionnelle.
L'humidité dans l'air agira favorablement toutes les fois qu'elle accompagnera un air pur et chaud, suffisamment renouvelé ; par conséquent; il faudra
( io3 )
l'éviter toutes les fois que Fair pourra être ticié par des causer quelconques.
L'humidité ^ur là feuille agira favorablement toutes les fois que sa présence ne produira pas des , fumiers en fermentation et infects. La feiiille mouillée devra donc être donnée en petite quantité , de manière à être consommée en entier. On aura d'autant plus de sécurité , que les claies seront plus fa- Torables à là dessiccation des litières. Avec les canevas, il n'y aut*a rien de plus à taire avec la ieuille mouillée qu'avec la feuille sèche.
Nysten a fait, en 1806 et 1807, un grand nombre d'expériences dont le but était de déterminer les causes premières dé la muscardine et des autres maladies qui affectent les vers à soie. Plusieurs de ces expériences confirment les nôtres ; quelquesunes paraissent les contredire ^ mais les circonstances n'ayatit pàk ëtê les mêmes dans^ tous les cas , la comparaison pèche par la base.
t^ar exemple , Nysten plaçait ses vers à soie sur des tablettes , et nous sur des canevas. Il ne donnait que quatre repas , et nous huit au moins. Il n'a pas donné d'observations journalières de ses hygromètres, de manière qu'on reste dans le doute sur la manière dont les essais ont été dirigés. Nysten chauffait souvent ses cabinets avec de la braise, etc. Ou est aussi peut-être en droit de se demander comment il s'y prenait pour compter ainsi des vers par milliers avec quelque exactitude.
Cependant nous nous empressons de reproduire
id le tableau de ses résultats j nous avons eu soiq de les réduire en centièmes , afin qu'il fût plus far çile de les comparer avec les nôtres.
On remarquera avec quelle exactitude ces expériences ont été £siites et Iç soin quç prens^it Nysten de compter les vers morts ou disparus par diverses causes. Nous ne l'avons pas fait dans nos expériences y parce qu'il nous paraissait impossible de rien conclure de quelques différences dans des chiffres de cette nature. Pour que des résultats soient concluants en pareille matière , il faut qu'ils soient très-marques^ patents, généraux : nous n'avons tiré des conséquences que de ceux qui avaient ce caractère ; nous pensons qu'ils ne seront pas sans importance pour les progrès de l'ipdqstrie sérigène (i).
(i) Nous ferons çonnattre, dans un mémoire sur la filature» qui sera publié bientôt, les résultats dé Texamen minutieux des soies provenant des quatre essais dont il vient d'être rendu compte. ,
( io5)
( io6)
• Effets des transitions.
On a beaucoup parlé de Tinfluence des traositiansBur ia saçitédes vers à soie ; iK)ns nous sommes trouvés en position de lei^ étudier sous divers points de vue pendant le^ Jdspériences comparatives dont les résultats viennent d'être eiposés ; cep^endant nous avouons que nous n'avons pu donner à cette étude toute l'importance^ qu'elle mérite. Voici ce qui a été fait.
, Le 17 juin, nous prenons dans la magnanerie, normale dix vers de chacune des trois races mises en expérience et nous les transportons dans 4a magnanerie sèche.
a« Des nombres égaux des mêmes vers sont transportés dans la magnanerie humide.
• «S"" Noué prenons dans la magnanerie sèche dix vers de chaque race et nous les portons immédiatement dans l^a magnanerie humide.
4^ Enfin des vers pris dans la magnanerie huifaide sont placés tout à coup dans la magnanerie sèche. •
Ces vers avaient déjà i5 à 18 jours. On n'a pas manqué un seul jour d'examiner avec attention ces diverses séries^ qui se sont trouvées au nombre de dou2^. Plusieurs personnes attentives ont chetché à reconnaître si quelque symptôme particulier viendrait annoncer un état de souffrance cfaex les vers.
Une seule fois on a cru remarquer que ceux de
( ÏO? )
la magnanerie humide^ trattsporté& clans la magna-^ nerie sèche , paraissaient un peu languissant» ; mais cet état n'a pas duré ^ et , soit ayant , soit après y nous n'avons pu rieil voii* de particulier.
Tous les ver^ ont fait leurs cocons : on n'en a tfQuvé aueutt qui ]$arût sensibiettent différent de qeux de^ vers dont te n^gime n'avait éprouvé wtcune transition. Les cocons étaient en trop petit nombre pour qu'on put les soumetire à d'autres épreuves.
Si nous ne pouvons pas conclure de cette expérience que les vers sont absolument insensibles à des transitions brusques d'humidité et de sécheresse y nous sommes ce{>endant autorisés à croire que ces transitions n'ont pas une action immédiate bien énergique , puisque , sur douze épreuves, il ne s'est manifesté aucun accident 'notable.
Il en ferait peut-être tout autrement de transitions brusques dans là température , mais nous n'avons pu Faire cette expérience.
Influence des éducations tatdiiféS.
L'année dernière, nous avons fait dans nos deux itiagnanerieâ deux secotides éducations : il eu était résulté une récolte d'œufs , pondus dans le mois de septembre, tandis que ceux de la prettiière éducation l'avaient été dans le mois de juillet. • Il était intéressant de s'as^rer si les vers provenant de ces œufs, bien qu'éclos le même jour, par-
Yiendraient à former des cocons de la même qua->« lîté.
Une première remarque nous avait frappes ; les œufe de la seconde éducation étaient plus petits que ceux de la première; il en fallait 1470 pour former un gramme» au lieu de i355 : différence en plus, i35 ou i/io*. Ces œufs pesaient donc un dixième de moins que les autres.
Quant aux vers parvenus à la maturité , la différence a été peu sensible. Ceux qui provenaient des œufs de la première éducation avaient un poids moyen de 5,54* Les vers donnés par les œufs pondus en septembre ne pesaient que 5,5o; mais la différence devint frappante dans le cocon.
Voici un tableau qui permet de faire cette comparaison :
Cocons provenant des œufs pondus en juillet
Goéons provenant des œufs pondus en septembre. . .
Diamètre
des cocons.
Nombre de coeoiu •«kilof.
Poid*
teojen
des
OOCOBf*
dans ' Iecooo%.
gr«nm.
On voit que les cocons formés par les vers, dont les œufs avaient été pondus à i'arrière*saison^ sont très-inférieurs, sous tous les rapports, à ceux dont les œufs avaient été recueillis à l'époque ordinaire. Le diamètre, le poids diffèrent sensiblement; mais c'est surtout dans la proportion.de matière soyeuse
que la dégénérescence est évidente : aussi ees co« cons ^ràissaient^ils extrêmement faibles.
Noos pouvons conclure de ces observations,
1* Qu'il faudra bien se garder de £ûre sa graine avec les cocons des secondes éducations;
2^ Que le retard apporté dans l'éducation précédente, et qui avait déjà nui très-sensiblement aux produits, a continué son influence défavorable Tannée suivante;
3^ Que, par conséquent, en faisant, plusieurs an-* nées de suite, des éducations tardives, on s'expose à voir dégénérer rapidement ses races de vers; ^ 4*^ Que c'est là probablement une des causes principales de la dégénérescence de la race silia, que nous avons déjà signalée dans notre notice de lÔSg.
Nous avons par-devers nous d*autres feiits qui noua confirment dans cette manière de voir.
C'est ainsi qu'à quelques lieues de Paris M. Davril, dont l'habileté est bien connue, a obtenu, dans une éducation commencée le tg juin et terminée le ao juillet, des cocons dont il fallait 8oo au kilo-^ grançtme ; tandis qu'une personne de sa connaissance , à laquelle il avait donné un petit lot des mentes ceufs^ mais qui les a laissés éclore spontanément dans le courant de mai, a eu les plus beaux cocons sina que j'aie encore vus. Malheureusement , on ne s'est point assuré de leur poids moyen : il devait être considérable.
On cotnprtfnd qu'il y a là une -question de la
plus haute importance; rien ne seia ii%Ugé pour la résou()re l'aimée proehaîne. Il s'agît de décider quelle ia£kieuce exerce, sur les produits d'une éducation , l'époque de l'année à laquelle on l'entreprend^ toutes circonstances étant égales d'ailleurs. Il est évident cependant qu'on ne saurait sp soustraire aux qualités acquises ou perdues par les feuilles de mûrier : la question devra donc être envisagée sous ce double rapport.
Éducations en plein air*
Nous n'avions pas l'inAention de nous occuper des éducations à l'air libre; mais nous de^çHis raconter un fait qui s'est passé sous nos yeuK.
Piaps les premiers jours du mois de m^ nous ne f(imes pas médiocrement étonnés, en visitant les mûriers de la pépinière de Poitiers, d'en trouver un dont les jeunes feuilles étaient criblées de petits trous. La cau^e de ce phénon^ène ne resta pas longtemps iiïconi^ue : le mûrier était couvert de jeunes vers à soie. Notre premier mouvement fut de oous informer si quçJqu'un avait pris plaisir à les y placer; mais on fut aussi élonné que nous. XI £8^Uut donc rechercher l'origine de ces vers , et bientôt nous découvrînies sur les bouches de IW*^ bre des cei^fs A^ vers à soi^, dont une partie était éclose. Deux autre mûriQiTS, voisins du premier, offraient aus^i sur leurs branches des œufs de vers à soie. Il s'agissait de savoir comwent ces omis étaient arrivé^ là : nous appriqif«,a\i bo;ut de quel-