DE POITIERS
r« PARTIE.
Le coïiscil géfiiérar)4lQ département ôé là Vienne , sttr la propostHori de "M. de Jossien, alors préfet^ ajrawt décide , en 1836 , qne la péfHnière départementale serait convertie en une magnanerie modèle, le soin de créer cet établissement a été confié à M. Millet, soos-intendaii| militaire, propriétaire dans le département, et qui, d'ailleurs, s'était déjà livré à l'éducation des vers à soie ; mais les fonctionrs qu'il remplftrobligeant quelquefois à d'asscfz longues absences au moment même de Kôdttcatioi^^
il tftêi associé M. Robinel, soo befto-frère, qai a partagé avec Iqî les soios et les travaai qa^eiigcait la créalioo de rétablisseintiU.
Dès 1837, M. Millet avait Tait faire tous les travaux préparatoires pour les plantations qui devaieot être effectuées , soit à raMlooiM de la «ène anoée, soil au prioleiDps suivant; il avait aussi fait un fort beau semis de mûrier blanc et planté un grand nombre de malticau^tfs. -
Au printemps de 1838 ont commencé les plantations de mûriers greffés » de Ja plus beUe variété , venus d^Annonay ( Ardécbe ) , des pépinières de MM. Jacqucmct-Bonnefonl : elles ont eu le plus grand succès, malgré le irajet considérable que les plants avaient eu à parcourir; iU sont aujourd'hui ( 10 juillet ) ilans Tétai le plus florissant.
On conçoit que ces diverses plantations , quelque zèle
qu*on ait rois à les faire ^ ne devaiept pas suffire à unp
éducation quelconque de Tere à soie en 1838. Il a fallu
recourir à d'anciens mûriers existant aux environs de
Piotiers. Deux propriétaires f urtout , Mw de Gurzon , à
MouliMt» et M. Descourtiis, à Saia^^L^er-la-Palud,
<Nit bien voulu, avec u« louable empressemeut^ mettre à
la disputai tiou de M, Millet les mûriers exislanta sur leurs
dooiaines, et ont aÎMi facilité uoe entreprise dont le but
principal élaU de mMtre, sans délai, sous les yeux du dé-
fiarlement les procédés et les produits d'une industrie qui
peut , en se 4év«loppapnt^ con^ibuer puissamment k la
prospérité et au bien-être de tontes les classes. C'est ainsi
quHI •neos a été possible de faire , en 1838 , Péducation
des vers à soie provcnaoi de 77 gtmmmm ^mub. Celle éducaûoaa été toot à fait indépeBiUDfte de ceUedirifée a. la Galaadtëre par madame MiUet, «t de laquelle il sera rendu compte. ,
Noo» avoivs i*u la salitfactioti de feeoeillîr immédiate 0»eM Ipi preavo>qae notre lèle devait porter des hmis^ |Hiisque vingt personnes de tout ^e et de profeations diverses, la plupart propriétaires, se sont emprettée» de se faire ins<;nr# , p^r suivre, eu qualilè*d^él^es, tous les lra;Tau{x de ta magaanerie* KIlea aous ont poiasammeiiC secondés par leur coopération aetive et déflaléretaèe *: «Vst avec u« grand plaisir que nous leur iiisona ici aoa xemerctmentSu
mAeNAKaa».
Nos premiers soins ont d4 se port<^r sur tansagnaneme. Nous aviuns à notre disposition un bMin^ni doo4 plusieurs parties semUaieot avoir été faites expr^^ mais qui, cependant , avaient besoin d'être appropriées à leur jiouvelle destin a lia».
Planche 1, /fjr. I. Au rez de-chaussée, trois vottespn>iondes il JBC* conservant prejime la fratcbeur d'une bonne ;cave; ^m premier étage D, un apparieoient devant sulise 3è la plupart des.aceessotres d'une magn^aoerie biea^rga- .oisée> au sef^nd, uue vaste pfëce Ep, de 13 m^ètrea^dain un senSy de 10 mè(res^3 déciaiétces dans Tautre.
Dans une des vo4tes ^, no«s avons établi lecalori-^ &re f, dont la boucbe G donne dans It voûte voisine SU
'•Il y Pk une précaotion importante à prendre dans la -^Emstrocnon <fu calorifère. Les tayani doivent être placés ^ manière à avoir noe pente légère , mais commane. An point le plus bas on adapte an petit toyao qui descend ▼(^rticalement jnsqa^à quelques décimètres de terre. L^ex- 4rèaiilé inrérieure de ce petit tuyau doit plottger dans un -grand vase, dans le. fond duquel on met assez d^eau pour ^(^uvrir Touverture du tuyau. Toute l'eau qui se condense déns les tuyaux 9t qui provient delà combustion du bois iai'iècoule par le petit tuyau.et remplit promptement te vase; un vide ce dernier de temps en temps : sans cette précaution, les tuyaux sont bientôt obstrués, oxydés, percés, et exigent de fréquentes réparations.
Une fenêtre au nord a été destinée à fournir Pair froid par quatre chatières. Un conduit///, en forme de cheminée, a été pratiqué dans la voûte et dans le mur^ de manière èi conduire t*air chaud dans la magnanerie E. Ce conduit offre dans sa coupe traitsversale uile surface ^e 27 décimètres. Au premier étage, le conduit porte àoe trappe K , qni est disposée de manière à'donner passage à Pair frais quand elle intercepte le^^ééMmt d^air chaud, et t)ice versa. t . • / .
Arrivé dans la magnanerie E, Pî. 2,fig. 2, le conduit d'air se divise en quatre branches égales LLLL, qui répandent l'air dans toutes les parties. A la partie supérieure, c''est-à-dire au plafond Jlf;jf, nous avons pratique deux larges conduits N^ N, qui s'ouvrent dans la magnanerie , au moyen de trous représentant dans leur ensemble une surface de 50 décimètres. Gescondciits se
ouciC€4r II . rc i ■ n ^it/r .
rèunisseoi aq 4arare Py qui est placé à Tuiie des exlrémi* lés da grenier (1),
. Le tarare a 1 mètre de brge ; les ailes ool 4 décimèl., à parCir de l'arbre. Uo pignon de dix dents^ qui reçoit le mouvement d^ane roue de soixante, permet de donner on mouvement très-accéléré.
On voit , par cette courte descriptif » qne nous noos sommes conformés , autant que possible , aux indications données par M. d'Arcet. Nous ne pouvions mieux faire, et nous ayons reconnu Pcxcellence de son procédé pour la seconde fois, puisque déjà , Tannée précédente, nons l'avions éprouvé dans notre éducation faite àja Ca* taudière.
Nous avons déjà donné la dimeo^ion en superficie de, la magnanerie ; la construction du plafond pouvait se faire , soit à la naissance du toil , et en nous appuyant sur les grandes poutres ou tirants RR l fig. 1 et 2, soit à la hauteur des filières SS\ en comprenant dans Pespace réservé à Ja magnanerie une partie RR, S S, fig. 2, du grenier prqpremeot dit : nous avons pris ce dernier parti. Par là nou^ avons augmenté de beaucoup la capacité de la magnanerie ; puis nous nous sommés réservé la posûbililé d^avoir des jolirs JJsur la toiture; ce qucf àous avons fait au mojfqn de sept chAssis à tabatière de 1 mètre S^décim. de largeur sur S mètres de hauteur (â).
(1) Cette disposition a été changée par suite de nos -recherches sur la ventilation. Foir particulièrement le 3« mémoire sur la venlitation.
(2) Depuis nous avons reconnu que ce^ châssis offraient des inconvénients ', nous préférons des mansardes. '
La fbmie qsi eo eU rétaltée pour ta partie swpéti de la pièce nous a paru beaucoup plus pmpre à -h circH- IaInhi de l'air qu^on piafeud carré, qui d'iMleurs nenova aurai! permis do prendre dea jours que par les c6té9^ Noua roeommaudoDs ce sjrslème aui persoones qui con-^ struiront des magoaoeries à rafonîr^ ou qui disposeront de locaux déjà eiiataols.
L'intérieur de la magnanerie a été garni d'e c^uatrerangées de châssis , fig. ? et 4 , tout pareils à ceux que nous avons décrits dans notre mémoire do Pan née dernière; des passages de 1 mètre ont élè réservés entre eux. Chaque canevas a 4 mètres 70 centim. de long et 1 mèC. f5 centimètres de large : ils offrent donc chacun une su-perficie de 5 mètres 45 déeimétres ou 50 pieds carrés.
Les canevas sont contenus par une bordure B B, de 6 centimètres de hauteur. Cette bordure est garnie, dans sa partie inférieure, d'une rangée de cbeviUes dej^a distantes de 2 décimètres.
Pour conopléter uotreameubrement, noos avopseu de» filets, à mailles de 22 millimètre ^ils ontJ aaètre SO.ceotimètres de Margeur : leur longueur est égale à celle dea canevas : i| faut tout au plus quinze fiiets pour dix i^a* nevaf,i puisqu'ils peuvent se remplacer aucceasiveoMnt , ei qu'oq ne peut faire tout les itélitemeDis à la fois*
Les boîtes à litière C , fig. 3 et 4 , sont cQPStruites de manière à se placer sur le bout du canevas, et sont retenues au mojen de deux chevilles de bois OÇ 9 mobiles^ qui les arrêtent sur les déu^ mjQptants A,Â.
Nous ne pouvons trop ii^«ter sur les nombreux av^n-
l8fè9 ifve nous ont préMHilés ces di verses* «Hspositiottf et Pempioi du canevas surloof.
CànevM /vmUmig (t).
Nmw ■» ntpitiidrmis pas mt les afMifagei déjÉ sifM* I4s daiM llemploî dn esneiM. On oançoil, eo effet, cm»* bien il doit éAfe prè ft r a We d^étever Ut Teta ior on lit ptr* méttUsd Fmr, sur lequel les Uttéves mmi cm^mmmeni $è€he$, et qui se itetloieafee la plus gran^ faetKté.
Nc»»^ ÎAsisierons seutennent sur les avanCafea de m^kn procédé fMMT landns le cavevas k folonlé et le cenaerrer mobile, avantages qu'il faut abandonner dès qu'on veut le fixer d'une manière quelconque sur des cbàssis. Nous ferons remarquer avec quelle facilité on pourra , aussi souvent qil'on voudra, laver et mettre à la lessive le système complet, ce qui ne peut se faire dans aucun des appareils proposés.
Enfin nous appellerons parlicutîérement Patlention des magnauiers's^r le prix de cette espèce de claies.
Établissons notre calcul sur un des chAssis décrits phis baut, /K/.^et 4.Nous ne ferons pas entrer on ligne de compte fès montants, les traverses et les bordures, puis^ qu'ils sont indispensables dans tout autre K^stème.
Pour garnir un de nos cbàssis , il faut 5 met. 20 cent.
(!) NouS^ n'avons pas cidercbë â étendre cette description , parce ^ tfoQs pouvons mettre i ta dtsposilfon des éducateurs de petits Wiodi^es dé cMssfs^, an dixi'éme , qui dispensent de toute explication.
de canevas en 1 met. 20 cent; nous en avons eu de deax prix; è Paris, à 1 fr. 80 le mètre.
À Toars, MM. Collineau Bené^ fabricants^ nous eo ont fourni de très- bon à 1 fr. 25.
Noos avons même trouvé des toiles claires et grossières qai rempibsent très-bien le bat y et qai ne odàCeol qtte 75 centimesà 1 fr., toajoarsen 1 met. 26 cent, de largeur : elle» supportent très-bien te lessivage.
Il faut, pour chaque. canevas y dix baguettes de bois : elles coûtent 10 fr. le cent; deux rouleaux, à75c;^ quatre supports percés, à 20 c; huit petits pitons, 20 C; corde» 200 grammes, à I fr. 50 c. le kil. Résumons :
5",20 canevas^ à I fr. 25 c 10 baguettes. . . , , 2 rouleaux.. . , . .
4 supports
8 pitons
200 grammes de corde. . .
Total (<). . . . 10 30
Pour une superficie de 5 mètres 45 décimètres otf 50 pieds 9 c'est donc une dépense de 1 fr. 9Q c. par mètrç
fr.
(1) Si roD adoptait la toile grossière, oo aurait un total de 8 fr. 35 c. ; le mètre ne coûterait alors que i fr. 73 c. Nous avons négligé , dans ce calcul ,- les petits goussets en ruban qui reçoivent les bouts des bagueUes destinées è tenir le canevas tencjlu 49Ds sa largeur : elles ne constituent qu'une dépense insignifiante ; il n'y a p^ de ménage dans lequel on ne puisse les établir sans aucuns frais.
Jtnn .d'a^.4 fS. T. 1 . Pa^e. 23a .
Jio(fûti-/,dA
carré , oa de 21 c. par pied carré. Or nous avona bit faire divers modèles de claies d^osier avec oo sans papier, et loalQs ooas oi^ coulé plus de 2a c* le pied. Il a^j a doDC pas à hésiter eolre les deax : nous apOMiies couvaineus que tous les ^agoaniers adopterool le canevas à mesure qia' ils renoilveHeront leur mobilier. *
Délit^menê.
Nous avons changé quelque chose à noire procédé dt délitemeol.
A.a lieu de tendre le filet chntgè de vers /|ur les bordures mêmes du châssis qui porte le canevas, nous IV voDS suspendu au-^dessus, fig. ^ E E, au moyen des chevilles, du châssis supérieur et à W manière d^un'hi^iiae. Celte méthode nous a offert plus dé. facilité, plus de pro^iptitude dans la pratique : elle tf'exige pas dés iileU aussi forts ; elle.nous dispense aussi de (^iiner aux bordures des chà$sis la hauteur de 1 5 centituélres , qui nous avait paru d'abciîrd nécessaire. Enfin elle permet de donner deux repas, aux vers avant.de les enlever , et sans craindre une trop forle charge , ce qui assure la rtessile 4»miplète du délitementf car l< petit iiomhre de vers qui resteraient sur la litière., après deux repas, «bit être sacrifié sans^hésitation ;.ces vers sont oécessairtment ipauvaî^. ■ . . '.1
Nous rappeloncf, seulement po^ur les. personnes qui n'auraient pas lu notre première note , qu'après avoir ainsi enlevé les vers au moven du filet E E , fig, ^y on fait marcher le canevas sitt* les rouleaux D /) , et-que la
Ntière fient tomber è son exirémilè daii$ la botte C, disposée à cet efTeC.
Qtiaod le eiDeTM a repris sa position^ on descend le Met chargé it rers, et tool se Iroave replacé en an f nstanl. Une seconde année d'épreares, en présence de ooi vingt élèves et d^nne foule de personnes éclairées (foi ont vooln assister à toutes les opérations , ne permet plus aucun doute sur la supériorité du procédé.
Du reste , nous ferons une dernière remarque , qui convaincra , sans doute , les personnes les moins disposées en sa faveur.
On recommande jusqu^à douze délitements ndans le cenrs d^une éducation qui dure vingt-quatre jours ^ et nous pensons que ces détiteasents sont nécessairiM^ s<rit qttVHi èlète les vers sur des tablettes de bois, soit qu'on ak adopté les claies dViisier cooveKes de papier. Eh bien , nous n'avons opéré que trois àAikmentê au plu:? sur noa ca^evus , et teoC Poitiers est Mr pour attester qu^l ne s'est pas manifesté la moindre mauvaise odeur dans 'la magnafl»erie , malgré ta saison la plus défavorafMe , malgré la masse énorme de branchages et de miitei qui se trouwe»t dans nos fouilles et qui formaient par conséquent une litière €oasidérab|e! Ce fait seul en dit «ssec; n9«a aanans compris de tous les magnairfers.
fia rtate^ on a pu se convaincre, après Téducation^ que le .lessivage des canevas n'aurait besoin d^étre fiait qiie IMH les trois ou quatre a«s> lotft an plus.
— iî --
Planeherê.
ffouft dirons «m mot sur Pnsage des plaBcbers, pafW qu'ils o€ «ont pas eneore générakment «silés et qn^cm sera bien aise sans doale de savoir è quoi s>d leoir Sttr teitr compte, ils ont été proposés par M. #Areet pooria magnaocrie de M. de Grimaodet. Noos en afons fait établir dan» la nôtre.
Le premier plancher F F, fig, 4, se trouve aa ni? eao du quatrième châssis. Il a 60 centimètres de largeur et laisse, par conséquent, un vide de 25 centimètres de chaque côté G 6r; pour la circulation de l'air. Il est généraleoient composé de (rois planches de 20 centimètres do largeur.
Il nous suffira de dire que le service des châssis supérieurs aélé aussi facile^ au mojen des planchers , que celui des châssis inférieurs. Gomme le septième châssis se trouvait lin peu haut pour les personne» de petite taille , nous avons fait placeur dans chaque coploir uo tabouret^ fig. 5 et (^, et H, fig. 4 , portant sur deux rouleau^ BBy et marchant sur le plancher C C, comme un waggon sur un chemin de fer. est une des traverses qui supportent les plancher» : elles ont 5 centimètres et demi d'épaisseur comme le» montants Jfilf auxquels ellessont fixées.
Nous pensons que tous ceux qui auront vu on com* pris Tusage de ces planchers n'hésiteront pas è en établir el à brûler leurs échelles comme des meubles incommoim, dangereux et retardant énormément le aerviee de la
magnanerie. Dans la nôtre^ il y en aura trois les uns audessus des autres (1).
Quant à la solidité de nos planchers construits en bojs blanc d'on pouce et supportés par des traverses eo' nojer de deux pouces, elle a été suffisamment démontrée par la présence continuelle d'une Toule de Tisileurs qui encombraient souvent les couloirs do la oiafnanerie.
Boisement.
La mauvaise saison a tellement Tolardé les récoltes de cette année , que nous n^avons pu avoir de la paille de colza pour ramer nos vers , ainsi que nous le désirions ardemment. Celle paille a plusieurs avantages sur le bouleau et la bruyère généralement employés : elle offre aux vers un appui beaucoup plus commode, plus varié et plus uniforme en même temps \ c'est-à-dire quMIs trouvent à filer leurs cocons dans toutes les parties indistinctement d'un balai de colza / ce qui n'arrive pas avec le bouleau ou la bruyère, avec quelque soin qu'on les dispose. Le second avantage, c'est la légèreté. Il vaut la peine d'entrer en ligne de compte quand il s'agit de transporter^ de manier des masses de ramées remplies de cocons, dans des couloirs étroits. Enfin le colza ne peut , en aucun cas, déchirer nos canevas; il n'en est pas de même du bouleau et de la brujère.
(0 La magnaB^ie a i iQètre«4e tiaMteur.
Nous ATODs donc aModé ces deax «b«S6ê pdat notre boisement Ae cette année. Voici comment noas aroiit procédé : nous avons fait des petits balais tn mêlant les deax bois; ils ont été liés avec un brin de 61 de ier. Puis une série de quinze Iwilais a été réunie sur une ligne an nsojen de deux tringles de bois nunces de I nfétre 25 cent, de longueur sur 5 à 6 cent, de largeur. Les pieds des balais se sont trouvés serrés entre ces de«K tringles an moyen de quelques pointes.
Nos canevas se trouvant à 5a centtméires l'un de Pantre, on a donné aux balais une longueur de 60 ceo» timèires environ. On -a posé cette rangée de balais en travers sur les deux bordures B B, fig. S ei J^ ém châssis; puis, en écartant à droite et à gauche ^/Igr. 3, et espaçant convenablement les sommités qui ImttaianI contre le canevas supérieur^ on en a formé une espèce de gerbe longue. Douze rangées ont été placées ainsi sur chaque châssis et ont formé , par conséquent, onze intervalles ou allées E de 30 centimètres environ de largeur.
Le service qui reste à faire e^t extrêmement facile dans ces allées^ et lecir mise en place a lieu dans tin instant. Les vers ont peu dVspace à parcourir pour les atteindre , iet Tair y circule librement. Il eàt extrêmement important, après av(/ir établi les rameaux; d^en faire le tbur^ armé d^une bonne paire de ciseaux^ l*" pour retrancher tout ce qui excède les châssis et pourrait prendre feu lorsqu^on lait^ la n,ait, la 4Utri]^9tion dps rcpa^. des retardataires; ^'^ pou»} couper tous les brins faibles et isolés auxquels^dfs vers imprudents pouttéienf^ trouver su^pcnders^rtetH:
foidi. ÀM bottt de qwlqiM iMift^ ib looibMt^ «près •fwr fait de ▼«nt e£(orto pMr rattraper uni^ braMhe phHi edide et de? iesiiQvt ediMrto on «leoreAt.
QMné noâ vers^o»! él^moMés^ Doai avons pu cmkvor U lilière d'iMi leol tomp en titatil par .«m de» ezirènitÉB i /; A9* ^» 1^ ^^ ^' leqael elle reposait^ car ou peo4 voir, tdasa la figure, qu'au moyen dea précaitliotia indiquées, rien no pose wr le filet, qui est luî-'Biétne élondv sur le canevas : om pouvrait «idnie faire marcher le ra^ nevas hiî^mèMey si lea rameaai 4ki canevas inférieur n'y maltaîtnt <ri»taole« Da reste, fe filet enlrëlne foule la Jhtière f on la roule dedmis à niesore qu'on tire loMet, €t o* etnporle ié lottt en vm seule fois» Les orotles q«î rrslent sut le canevas son! fadlement enlevées avec une eii%e Ibfte o» une main d'épicier eo fer^Wànc (!•)«
i)élitefHmt chinois.
La graioe dont nous pouvions disposer cette année n'ayant pas été faite avec toutes les précautions désirablea, nous avons eu.sur les châssis un certain nombre de retardataires, et Ton sait ce qui leur arrive. La litière et les irers eux-mêmes sont mouillés par les déjections de ceux <|Qi sont mootét les premiers au bois, elles vers souffrent
(iy f^nWs^mê ^e&rt simpRâé ttétrtt protééé de HMOa^ , àÏMi if^ai ievernhdiiir là flR>Hett 4e lasa^p^ fs, ctdaMlt réjMiaseJhlx ^«lestiaos adressée» par rAeadéime de T«rii^,
JbeBMOop de ce doolile inconréiiieBL BbMi» p»«f ioat JbieD les enlever, car ils élaieol pea nombreai;; mon avons préféré essajer le procédé ehinob de la paille hachée. En conséquence^ nons avons répandu sur les vers, entre les rameaux, une couche, d'une épaisseur de deux doigts à peu prés, de paille hachée grussiéremeol. On xemarque anssit6l un mouveneol singulier et vif que les vers donnent à leur tête, comme pour écarter les brias de paille qui les géucuL En répandaAl quelques feuilles ^mr le lit de paille , les vers j monleni i l'inslapt même eC se trouvent ainsi séparés de Ja litière humide : oelle-ci sèche très-promptemeni» et le bien-être qui résulte, pour les vers, de cette opération si facile est frappant ; on les voit aussitôt reprendre de^la vivacité » se ren^cttre à maogec, pois monter au bois avec une vigueur qu'ils n'auraient pas retrouvée s'ils étaient restés sur la litière de feuilles. Nous ne saurions trop reGomminder cette pratique à ceux qui n'ont point une race de vers parfaitement uniionne, -ou qui ^l'ont pu arriver encore à cdte égalité, eette^ simultanéité si désirablea. Nous pensons que la connaissance de ce procédé ne aéra pas un des «mudres servicee rendus par ia publication du traité chinois , que nous devons au déiiouement el à la science de M. <Sta<nislas Julien.
DiUêtrn^ sauê des rameaux^
Enfin,, pour coa^iléter la relation de ce que nops avons fait pour Je boisement, nous dirons que, au mùpj^ des mêmes filets de petite dimension qui 4mt servi popr
les ^édoubicnicDU ^ on penl (rêè-bieD opérer ati délitement complet entre les rameaax* On passe un de ces filets dans chaque intc'rtalle By fig. 3; on fait monter les Ters; on suspend le filet ^ par ses deux cxtrémHés, aux chevilles dn châssis sapérienr, el enfin on enlève la lirière^ soit en^faisant marcher Te canevas, s^il est Kbre par-dessoos , soit eu tirant le filet par une de ses extrémités.
On a vu qne nos rameaux ne pesaient pas sur ta li^ tiére même, mais sur la bordui'e. Si Ton craignait qae les vers eussent de ta peine à les atteindre, on placerait aux pieds quelques brins de colza , ^vit serviraient d*écUélles aux vers. Rien de plus facile , et Ton se réserva ainsi la possibilité dVdever la litière d^un seul coup avec le filet.
) Êi0uffemefU. - /
L'appareil dont nons nous sbmmes servis pour tuer les chrjrsalides dans les cocons destinés ià la filature est des pfus simples : il consiste en *un cuvier cylindrique ott légèrement conique, de 1 nîètre de hauteur et 60 centimè'lres de diamètre , cerclé éiî fer. Le fondra cuvier etH percé à jour avec une mèche, dé manière à offrir plus de vide que de plein.
Dans le cuvier entrent hblt cotbcilles d'osier à clairevoie, destinées à recevoir les cocons : elles ont un bord dé i décimètre ; Posier est assez rapproché pour que les cocons ne puiéserift pas tombeir par les ititervalles. Le cuvier est enfin fertné par un couvercle en bois , percé
d'une doaiaine de trous de 2 centimètres : le loatest en sapin.
Ce cuYÎer porte sur les bords d'une chaudière à lessive placée dans son fourneau , et de manière à recouvrir exactement la chaudière. On porte l'eau jusqu^à l'èballition. Pendant ce temps ^ on a disposé les cocons dans les corbeilles , de manière à les remplir aux deux tiers environ. Au centre de chacune d'elles, on laisse un peu de vide pour que la vapeur puisse monter facilement dans toutes les parties. Quand l'eau est bien bouillante y on place le envier sur la chaudière et on met le couvercle. Bientôt on voit sortir la vapeur par les trous qui j sont pratiqués. Un quart d'heure d'èbullition est bien suffisant pour tuer toutes les chrysalides ; on enlève le cuvier; on le découvre et on le pose à terre, en ayant soin de le pencher, afin que l'air puisse pénétrer pardessous et chasser la vapeur dont il est rempli. An bout de quelques minutes, on retire les corbeilles et on répand les cocons sur les canevas, qui ont été débarrassés et nettoyés. On remarque alors qu'ils sont à peu près secs, et que la vapeur les a seulement ramollis sans les mouiller précisément', ceux du fond surtout, qui recevaient directement la vapeur, sont pour ainsi dire secs. Dans tous les cas, au bout d'une heure, quand les cocons sont bien refroidis, ils ont repris leur consistance et ne diffèrent en rien de ceux qui n'ont pas subi cette opération. Pour les distinguer, il faut en ouvrir et examiner la chrysalide, qui est sans vie et sans mouvement.
Il est bien important de débourrer les cocons avant de les étouffer; d'abord parce que celte opération serait
moins facile après l'action de la vapeur, cm«i(e parce qu'il reste, dans la bourre, des crottés on des débria de litière qui pourraient tacher les cocons.
Comme ou a eu soin , en débourrant , de mettre de côté tous les cocons tachés , on les placera dans la corbeille du fond, afin qu'ils ne puissent rien gâter.
Nous pensons que les procédés et l'appareil que nous Tenons de décrire confiendront parfaitement à tous les producteurs moyens , tant par l'économie de la construction que par la facilité de soti emploi. Nous croyons aussi que le contact direct de la vapeur ne peut nuire en aucune façon à la qualité de la soie , surtout quand il n'est pa& trop prolongé, et quand on a soin, comme nous venons de le reconunander, de laisser échapper la vapeqr dans laquelle les cocons se trouvent plongés, avant de les retirer du cuvier. Si on les retirai! trop vite , la vapeur, frappée par l'air, pourrait se condenser sur les cocons,
. Notre envier contient 15 à 20 kilogrammes de cocons. Ou peut faire aisément, surtout avec une double série de corbeilles, quinze à vingt étouffements dans un jourf c'est-à-dire éteindre 300 kilogrammes de cocons au inoiBs(l).'
Lé cuvier nous a coûté 28 fr.
Les huit corbeilles 10 fr.
(1) Un appareil entièrement pareil au nôtre fonctieviDe depuis plu« sieurs années, avec un plein succès, k te ilaiuiie centrale des Cbatips- Élys4es, h Paris.
Tool le monde a une chaadîère à leMîre ^1 petit faire son élouffoir d%in diaotôlre proporliotlAé.
Êducatimi.
La quantité de feuilles donl nous pouvions disposer ne uûos a pas permis d'élever plus de vers que ceux provenant de 77 f fammes d'OBufs^ donl le poids a été déterminé par le procédé chinois.
La sititon étant très-nnativaisé ^ et désirant profiter âéi jéunéâ poussés de nlulticaules , nous avons retardé la mféë éii édosion des œufs jdsqa^aa 15 mai. (Test ce jotirFè seulement qu'iU ocrt été eitraits d^nne cave dans laqBi'Ite l6 thermomètre dé Réaumdr ne s^était pas élevé âù-dest^tlè de 6 degrés. Pendant i^hiver, ils avaient subi le froid le plds figotkreut ; placés successivement dans des lièui dé pitts éù plu^ cbauds^ les œufs ont été portés enfin iMtîs la chambré ^idcubation, dont fa température a été élevée*, jcttir par jotïi', jtrsqo^à *i4 degrés (f).
Le 25 itial, fes vers ont coratncncé à parattte ; Téclosion a continué jusqu'au 29 , jour auquel elle était enlièi'eTtïeffit lë^itiinéë. Oh peut voir par U que nos œufs H'êtaiettf pai^ dé bonne qualité* eh effet , ils avaient été néi^tëHKs, f^iffarlée précé((entë, àans soids-et (ïans des cifcc^n^aÉlccS déf£(vôrâbl<^s. Une partie aussi nous avait été e*lvt^j^e rf'Anùfôna^ et dé Paris.
Voici sur quoi nous avons x)péré :
(t) Ijleus mms^ recodDOv dapuisy qu^iè suffisait et pcvterla tempérai urc à + î^" cenlig. ou 20« Béautniir. «
SioadeNefiilly(l). . .
Sina d'Aononay. . , .
Race blanche de Tours. .
Race jaune à trois mues.
Race jaune de Tarin. .
Métis de sina et de 3 mues
Total. . . .
36 gram., 32.
quantité indéterminée.
id. id.
Nos (eufs étaient encore attachés à la toile sur laquelle ils avaient été pondus. Pour recueillir les jeunes vers nous avions posé sur la toile un tulle à larges mailles , chargé de quelques lanières de feuille tendre. Nous nous sommes bienlôt aperçus que le tulle était inutile , et qu^il était plus simple, lorsque les rouilles posées immédiatement sur les œufs étaient couvertes déjeunes vers , de les faire tomber sur le papier destiné à les recevoir, en secouant légèrement le morceau d'étoffe. Nous avons donc supprimé les tulles, qui sont inutiles, à la rigueur, pour ceux du moins qui auront la précaution de ne pas détacher leurs œufs.
Pendant le premier âge, nous avons donné quarantehuit repas de feuille tendre et coupée mena, par vingtquatre heures, jour et nuit. Nous nous sommes servis, pour la distribuer, d^in tamis en treillage de fil de fer dont les mailles avaient 13 millim. 1/2 de côté. Au se-
(1) Nous rappelons ainsi, parce que les premiers œufs, qui nous ont été donnés par la Reine, venaient de la magnanerie royale de Neurtly.
cond âge , nous avons employé on (amis à inaillci» de 18 noilltm. ; enfin , au troisième âge , un tamis à maillet de 27 millim nous a paru remplir toutes les conditions désirables. Nous avons eu soin de faire poser à nos tarais un manche de bois analogue à celui d'un poêlon de terre : c'est une addition extrêmement avantageuse, surtout pont le grand tamis. On conçoit que le diamètre des tamis doit augmenter dans la même proportion que celui des mailles.
Avahl la naissance des verset, par conséquent, avant l'introduction des feuilles dans la chambre d'incubation, nous avions eu beaucoup de peine à maintenir Thygrometre au-dessus de 60 à 70 degrés. Il tendait toujoun^ à descendre vers l'extrême sécheresse, quelque soin qu'on prit de répandre de l'eau par terre/ Hais , du moment où l'on a commencé à donner des repas, l'hygromètre est monté à 80 et même 90 degrés, ce qu'il faut sans doute attribiiier à la présence de la feuille dans la chambre d'incubation.
Pendant les deux premiers âges , nous n'avons oi>érè qu'un délitement, soit au moyen de petits filets, soit en renversant sur un carton la feuille do papier sur laquelle reposaient les vers et la litière , et enlevant lestement toutes les couches inférieures de celle-ci. En un instant les vers sont remontés sur le dos de la litière qui teèie et sur laquelle on répand de nouvelle feuille.
Nous avons transporté nos vers dans le grand atelier vers le milieu du troisième âge , è'est*à-dire le dixième jour. On s'est contenté de faire glisser sur le centre des
canevas les couches do litière porléefi sur des carlMMi^
Oo a pris quelques pr^utions -pour la distvibiilîoit des diverses séries de vers, D'alH)rd ou a réfiirli «eox provenant dç 3t grammes sur 34 mèl. de oancvas; pais on a eu soin dç placer loujonrs sur le canevas inférienr ceux qui dcvaieiU par la suite occuper deux ou trois ca^^ nQY^s, (le manière à faire mouler Its plus avancés, à i&^t sure des ^édoublemeuts.
Nous devons remarquer ici que les 34 mètres carrés assignés pour 31 grammes d-œufs nous ont paru encore insuffisants. Noua avons occupé par cette quantité plus de 44 raèlres. A la vérité^ on aurait pu rapprocher qoel« qtics parties de châssis > mais non pas, selon nous^ de manière $i réunir les vers sur les 34 mètres superficiels. P^aîllcurs, voici un calcul dont un de nos élèves a oq l'idée, et qui n'a pas encore été fait, à notre connaissance*
Les vers, arrivés à leur extrême croissance, ont 1 éé^ cimètre de longuenr et I oenlimètre de largeur : par conséquent, 10 vers couvrent 1 décimètre carré j 40,000 ver» couvrent 4,000 décimètres , ou 40 mètres , ou bien 960 pie<h çarré^f sans aucun intervalle! Si donc on pipr» venait h élever les 40^000 vers d'une once d'oeufs , il faudrait leur donner 500 pieds carrés au moins, pour sf> conformât* à peu près aux recommandations des bons a^tei^rs, en tète desquels il est juste de placer leaGbtH npîsu
Nous croyons aussi devoir insister beaucoup sur la dtf^ férence ()es déUteniteBts et des dédouUlemeuls.
Danf; les dèlitements, on a |)onr but d'enlever au moyen du filet tous les vers bien portants. Il faut donc fairQ
celle opération ealre deoft mm» , de manière à ne poÎDt déranger les vers et afin de B*étre point exposé à abandonner ceax qui seraient titt peu en retard.
Le troisième jour dn troisième Age ,
Le troisième jour du quatrième âge ,
Le troisième et le cinquième jour du cinquième âge nous paraiSMAt les plus convenables.
Si PoD fait moins de délitements qu'il en a été conseillé^ on ehoiéim ie troisième jouf du quatrième âge, et le quatrième du cibquième âge. Le dernier eiîlêvemeni de litière s'opère Après la montée.
Pour tes dédoubletnents, c'est bien difrérenl. Il s'agit ici de séparer lés uns des autres ou de classer les vers chez lesquels les époques des mues ne différent que de quelques heures : on peut alors , soit enlever les vt>rs qui se réveillent les premiers, qui sont, par conséquent, les pitls avaàcéÉ, ëi, dflns ec cas, opérer le dédoublcmeiil après la mue et avant qu'elle soit tertnitièe ; ou bien , on laisse endorifiii^ une pèKie des Tc^s, et on enlève ceux qui man< gent encore un peu. Par ce moyen, que nous préférons, an laisse en repos les Vers qui muent ; on ne les couvre pas de litléfe en donnant à «laiiger à ceux qdl veillent encore, et on né trouble p«s la fin de id ihoe j^r l'ap^Hcation du filet sur les vers.
Pendaùt Hot^è éducatioil , nous âtoti^ où presque con • stammentle temps le plus i^ontraire. Le thermomètre s'ëét généralement maintenu pendant la nuit entre <li et S degrésRèaumur; rarement il s'est élevé, dans le jour, à plus de 15 degrés.
Dans 30 jours nous avoDS eu ^ 2 jours de .gelée f
4 jours de brouillard;
5 jours di^orages violents*;, i5?^ours,dc pluie.
Total. . 26 jours mauvais^ en partie au moins.
Malgré cet obstacle , nous n'avons eu aucun accident > aucune maladie* Il nous a été impossible de montrer aux élèves la muscardine> la jaunisse et autres maladies communes dans les magnaneries mal tenues. La chambre à air, le tarare , les conduits il'^air chaud ou Irais ont levé tous les obstacles. Nous avons entretenq constamment 20 degrés Réaumur dans la magnanerie, nuit et jour.
Pendant le premier âge , nous avons, donné 48 repas par 94 heures } pendant le second, 30 à 36 ; au troisième, 24; au quatrième et au cinquième , pas mQins de douze (1).
Les vers nés le 25 mai ont commencé à monter le di^ neuvième jour. Nous avons attribué ce résultat remarquable à leur séjour dans la chambre ^'incubation maju^ tenue à 24 et 23 degrés Réaumur , pendant que les autres vers naissaient successivement. Boissier de Sauvages avait fait le premier cette observation;
Les vers de$ 26^ 27 et 28 mai sont montés le vingt-
(1) Depuis, nous avons réduit le nombre des repas à douze et -huit.
deaxième jour* La montée a duré doox jours pour quelques séries^ trente à trente-six heures pour d^autres. Nous aurons des moniées plus spontanées quand nous aurons amélioré nos races sous le rapport de la simultanéité : du reste, le YÎngt-quatrîème jour, tout était fini pour chaque série successive. C'est un résqltat qui laisse peu de chose à désirer , et qui n'a pas été dépassé , à notre connaissance, dans des éducations en grand. Or nous aurions fait , dans notre atelier , une éducation de 450 gram. tout aussi bien qu'une de 77 gram. \ il aurait suffi d'ajouter quelques hommes aux cueilleurs de feuilles^ et quelques femmes aux personnes chargées de les distribuer. L'entretien de la température et toutes les autres opérations auraient pu recevoir les mêmes soins et être soumis à la même surveillance.
Huit jours après la montée, on a commencé la récolte d^ cocons : on a eu soin de séparer et de peser distinctement toutes les séries, afin d'acquérir quelques données sur les causes qui pourraient avoir influé sur le succès. On a aussi déterminé 1e nombre des cocons au kilogramme , doubles et défectueux déduits, pour chaque série qui présentait quelque chose de remarquable. Nous allons rendre compte de tous ces résultats.
Produits.
Sf'na de^ Neuilly, Les 36 grammes 32 du sina de Neuilly ont donné 76 kîlog. 600 grammes de coconà; ce qui fait, pour 30 grammes d'œufs, 64 kilog.; il fallait
cinq eeots à cinq cent Tingt de ees coOon» pour i kilo-
Ce produit est à notre coDDaiMaDce% après celai de M. Beau vais dans bod édacatioa de 1836 » le plus beau qm ait été obtenu. On concevra sans peine que nous nous contentions et même qae nons soyons fiers d'un tel résultat. Arriver immédiatement après M. Beauvais^ A la première éducation de ta magnanerie de Poitiers, ei avec un chiffre supérieur à tous ceux qui étaient connos afant cet habile agronome « c''est assurément atteindre, au delà de toute prévision^ le but qu'on s^était proposé (1). On nous permettra de dire ici combien nous avons été sensibles aux témoignages, de satisfaction que nous a valu cet important résultat , et quel bel avenir il promet à l'industrie sérigène, entre les mains de ceux qai voudront nous imiter.
Il est à peu près certain que nous dépasserons encore les résultats de 1888, quand nous aurons eu le temps de perfectionner no» races de vers.
(1) Nous ne parlons point ici , comme terme de comparaison, du résultat obtenu par M. Bourdon dans uHe éducation en petit, qui lui a fourni des cocons dans la proportion de no livres pour une once de graine. En supposant que Tonce d'œufs en contienne quarante mille qui éclosent^ on pourrait obtenir 160 livres de cocons de cinq cents au kilogramme ; et ce produit augmenterait à mesure que le poids des cocons eux-mêmes deviendrait plus considérable , puisque quarante mille c^Kxms , à quatre cents à» kAogramma , donneraient un produit de 200 livres par once. Notre produit a été de trente-deux mille six cent quarante cocons à cinq cent dix au kilogl^mme, poids moyen. ^
Smad'Annmay. Les t4>fraiii. 3S d'ttofodeeetie race ottt fourni 17 kilog. 4M framme»; ce qui Mi, pour 80 grammes de gratae^ 54 ki^g. bM grammed.
Il fallait cinq cent trente-deux de ces cocons pour un kilog^ : ainsi > sons tons les rapports, cette race ne vattt pas la précédente; les cocons sont motus blancs , moins lourds et ont fourni un produit {iroportionnellement moindre. Cependant les vers at aient reçu les mêmes soins et la mémo alimentation.
Blanc de Tours. Les 19 gram. 12 de cette variété ont donné 31 kilog. 990 gram., ou, à Ponce, 51 kilog. 510 grammes. .
Il fallait quatre cent soixante de ces cocons pour former un kilog. (1).
Rae0 jmme à $rei$ mues. Elle ne nous a présenté aucun avantage. Noos espérions une existence plus courte et, par conséquent, une moindre consommation de leuilles^ mais la montée n^a pas ou lieu plus XM que celle des ters à quatre mues. Il est vrai que les œufs que nous avions avaient beaucoup souffert et provenaient d^une éducation très^imparfaite. Nous ferons un second essai.
(1) Cette rac# aurait donné probaMettieiit un très-bédu produit $i nous a'âTÎoas lail porter sur elk toutes nos expérieoees; mats il est iofite de coQsidérer que tous les vers essayés avec la scorsonère, la ^ûrier rouge , le mûrier à papier, le mûrier noir, et plusieurs autres feuilles , et qui sont morts en grande partie , provenaient des 1^ gram. d'oeufs tùïs à l'écîosion. Nous sommes étonnas d'avoir enesre obtenu un produit proportionnel de 51 kil. 500 gram., après des pertes aussi considérables.
Nous supposoDS que le morceau d'étoffe que nous ayioDS portait environ 7 gram. 65 d'œufs : ils ont fourni 5 kilog. 700 gram., ce qui ne ferait que 23 kilog. à l'once.
Il faut six cent soixante-dix de ces cocons au kilog.
Race nankin de Turin. Nous n'avions qu'un échantillon. Les cocons sont très-petits^ mais très-lourds ; il n'en faut que cinq cents au kilog. : ils paraissent très-riches en soie. Nous en ferons une éducation plus importante l'année prochaine.
fiaces mêlées. Nous devions à l'obligeance do M. Loiseleur-Deslongchamps ^ dont le zèle infatigable a rendu tant de services à l'industrie de la soie , deux échantillons d'œufs 5 les uns pondus par des femelles sinas fécondées par de;s mâles à trois mues, 'les autres pondus par des femelles à trois mues fécondées par des mâles sinas.
Il nous a paru remarquable qu'il ne se soit fait aucun mélange de couleur ; les cocons étaient tout blancs ou tout jaunes ; encore ne sommes-nous pas bien sûrs qu'il y ait eu des cocons jaunes , et qup ceux que nous avons trouvés parmi les blancs ne venaient pas de leurs voisins à trois mues^ qui étaient fort vagabonds : c'est un essai ^ recommencer sous ce rapport ;.mais ce qui en résulte quant à présent , c'est que le sina a évidemment dominé ddns les produits, soit tjue la femelle ou le mâle ait été de cette race, surtout quand c'était la femelle. Les trois mues n'ont pu communiquer qu'une partie de leur forme et changer un peu celle des cocons ordinaires sinas. Nous répéterons cet essai, qui nous parait intéressant.
Vers sinas noirs. Noas a?ons obsenrèsor nos vers on phénomène assez siogalier.
Il j a trois ans, on nous avait donné ane race blanche dont les vers étaient presque tous blancs ; il s^en troofait seulement quelques-uns de noirs parmi les antres. Aujourd'hui cette race est tonte noire ^ à quelques rers blancs près, qui font maintenant exception.
Les sinas que nous avons élevés en 1837 étaient Ums blancs, sans exception; en 1838, il s'en trouve un assez grand nombre de noirs.
Noos avons eu la curiosité de séparer et de (aire filer à part une centaine de ces vers noirs^ nous n'avons pu remarquer aucune différence entre leur produit et celui des vers blancs.
Il nous parait difficile d'expliquer ce changement de couleur; la seule cause à laquelle nous puissions, jusqu'à un certain point , l'attribuer est l'alimentation avec le mûrier sauvage : nous n'en avons pas eu diantre à notre disposition: mais c'est là une hypothèse tout à fait dénuée de preuves.
Résultat général.
Le résultat final de notre éducation a été de 136 kilog.
Les cocons sont de bonne qualité, ainsi que leur poids proportionnel le démontre. Nous espérons néanmoins les obtenir plus fermes et plus lourds quand nous aurons amélioré la race, et lorsque nous aurons une saison moins défavorable à la bonne qualité des feuilles. Nous ferons
^ so —
connaUre le produU eo soie > qoi donaera ta mesure exacte deJa qualité des cocons»
dmsômwuUion dé feUiUeê.
Noos aYOïps èmpIojA 2,^2 kslog. de feaiUes. Bit comparant ce chiffré a^eo celui du poids deil oeofs ^ nous trou- Tan» qa^ne oooe apurait ooesoDraié 1^185 kilog. de feuilles « ce qui parait asser ca»sidérable mt premier abords et dépasse la consommalM» ordinaire; mais il «iGll trèa^clle dVxpliqaer ce résultats
Naos n^awns eu à aotre dispositio* que des mûriers «auyages qui n'airaienfc jamais été taiilés : ils étaieni, àe plus , extrêmement chargés de fruits. Il en ésl résulté que n#lre feuille contenait plus de 50 p^mjht 100 dè^raiûatmm, è» lamboiwdes H é» tnûreft. Il est donc éffiéHH qu^an. fait notte oonsomnMliôa de fentHes a èlè peu eonai^raUe; toutes les pecsonnes q«i ont visité la ma- ^tiaaerie ont pu voir qua les lîtièrea se c4^9àposaîe»t presque exclusivement de ces mûres et de ee^ rameaux^ et qu^il y avait très-peu de feuille perdue. C'était^ rimailleurs, une conséquence de notre système d'alimentation, conforme à celui des Ghindià-, et cfôttSîStant en de nombreux repas légers.
L'aA'a^e proeiiaiM^ nosmûoieFs aurottt été taillés et 4é|i9uiUés des la^ibourdea ; ils (ouriàiroBt uae^fevilla plus Bei\^ et la quaj».Ui(écQnMmméediiiiittnera beaiKOiitpw
Il rési»lte, d^s rafiporU de MM. Loîseleuf-Desloi^cb^mps^et SoiddnAeVodin, qu'en 1835 M^ B^Navaî^ a feii eoiv»omme«i jfwr 8 ocivces de graine , 8,41^ kilogr.
— aide feuille 4 on 1^050 par once; il a obtena^ pour ces 1,050 kilogr. de feuille , 68 kîl, $00 gr. ( 1^7 liv. ) de cocons. 1^000 kilogr. de feuille auraient donc donné, en i 835, 65 kilog. ( 1 30 liv. ) de cocoi^.
Dans les rapports de Tannée suivante , on trouve que i^OOO kil. de feuille ont produit , suivant M. Loiseleur- Deslongchamps , 90 kilogr. (t 80 livres), et» suivant M. Soulange Bodin, 92 kilogr, 500 gr. ( 185 liv, de cocons ). En supposant (jue Tonce ait toujours donné 68 kilogr. 500 gr. ( 137 livr. ) de cocons^ ou voit que les vers qui les avaient produits n'auraient cousonamé que 760 kilogr. ( 1,520 liv. ) de feuille : difrérence de cou* sommation en moins , par once, 290 kilogr. fnne année d r autre.
Il est impossible dé ne pas admettre ici que la feuille a été trèsHlifférente dans les deux cas ; ca^ il Taudrait supposer qu'il ^ aurait eu, en 1835, une perte de feuille de 36 pour 100 , ce qui n'est pas admissible. Il est plutôt probable qUiÇ, dans Pun des cas , la feuille. édiit chargée de rames^u^ et de fruits à peu près comme la nôtre, et que, dans Pautre, elle était comme delà feuille mondée^ parcç qu'elle provenait de bons arbres et qu'elle avait été cueil- ' lie avec soii^ pa^ de^ mains babiks^ et ce qui prouve qu'il y a ici quelque cbose de cette nature , c'est que M. Brqnet^de h Grange ^ lui-Ddème , élève de M. Beauvais , assigne que consommation de 1,000 kilogram. de feuille par Qjpce d^ gwne i et prfï^ par les 760 kilogr^ employés en tS36.
Or, si Qous réduisons nos 2,962 kilogrammes à 14^81, oij, de 5Q pour 100 , pour placer notre feuille i\ peu près
dans les mêmes conditions qae celle qui a été employée par M. Beauvais en 1836 , nous trouvons alors que les 1^000 kilogrammes ou les 2,000 livres ont donné précivsément 90 kil. ou 180 livres de cocons , produit pareil à celui de M. Beauvais. Nos calculs sur notre éducation de 1837 avaient aussi donné le même résultat.
Il résulte de ces faits et de ces raisonnements qu^il sera très-difficile d^établir des points de comparaison entre plusieurs éducations, en prenant pour base la quantité de feuille consommée ft le produit en cocons, parce que la nature des feuilles devra varier considérablement, suivant l'âge , Tespèce , la taille des mûriers , et suivant les ouvriers chargés de les cueillir. Ce qui le prouve déjà, c'est la grande diversité de consommation assignée pour une once par les auteurs les plus recommandables, et qui varie depuis 630 kilogr. jusqu'à 1,000 kilogr. Si l'on persistait dans l'emploi de ce mode de comparaison , il faudrait, pour avoir un point de départ un peu rationnel , que chaque éducateur fit monder une partie de sa feuille, afin qu'on pût établir ta quantité réelle qui aurait été consommée par les vers.
Mais nous pensons que la méthode la plus rationnelle consistera dans la comparaison de la dépense, et nous < donnons ici tous les éléments do la nôtre quant à la feuille. On conçoit que nous ne puissions pas établir exactement nos déboursés pour la main - d'œuvre de la magnanerie, puisque nous avons été scfcondés, jour et nuit , par de nombreux élèves et même par d'autres amateurs zélés , qui ont fait la plus grande partie du travail. C'est donc au prix de revient des cocons qu'il
faudra en venir : madame Millet l'établira pour Pëdocation qu'elle a faite elle-même à la Cataudiërc ; rien ne sera pina simple.
Voici les détails relatifs à la récolte des feoillen : \vi praticiens les accueilleront avec intérêt.
Il a fallu soixante quatre journées d'hommes pour cueillir la feuille consommée dans notre éducation. Chaque homme a donc ramassé 46 kilogr. par jour.
La journée d'homme. a}'ant été de 35 sous , cVat à peu près 2 francs que nous a coûté la récolte de 50 Lilogr. ou quintal.
Les mûriers cueillis étaient de trois espèces quant h Tâge du bois. Ceux dont le bois avait huit à dîn ans ont fourni 35 kilogr. de feuilles.
Le bois de deux à quatre ans n'en a fourni que 14 kil. par pied..
Quelques arbres n'avaient jamais été étronçon nés; les autres étaient tous à peu près du ménoe âge : ce sont des télafds de mûriers blancs non greffés, de cinquante k soÎJ^ante ans de plantation..
Nous avons pa^é des arbres i fr. pièce, d'autres 50 c. On nous a plusieurs fois aussi abandonné la récolte, dans Tinliérét de l'établissjement que nous dirigeons..
Les planches de ppurrettes semées en 1837, bieo garnies, ont aussi ^tè dépouillées ; elles ont fourni 1,370 gr. on à peu prés 1 kil. 500 de feuilles par 4 mëti!es carrés.
Des. pourrette&de 1836 , mises en haie en 1837, ont donné 32 grammes par pied.
Trente multicaules de trois ans , qui avaient échappé à la g^lée^ ont dppné , en ane.s<^ule fois ,.5 kilogrammes
de feoiNe magoiiqve cl mcsdée. PrëoédemmeDt , ilr âfaienl été déjà dépouillés en partie , et, moins de dix jours après la seconde récolte , on aurait po en faire «ne troisième.
Ces résultats pourront s^nrir de point de dépari h cens qui auront à calculer^ pour la première fois , la réoolte probable de lenrs mûriers.
Emfkri de h poudre de feuilks et de la farine de riz.
Noos avons été curieux d^essayer le procédé ebinoîa, qui consiste à ajouter aux feuilles de marier , soit de la poudre de feuiHes récoltées Tannée préeédenie, soit de la farine de riz.
Potr faire celte aédition^ on arrose légèrement la feuille ^ ou la remue à plusieurs reprises ; on la saupoudreavec de b farinx^, puis on reroue de nouveau, f)e manière à répartir la poudre le plus également possible.
Deux châssis ont été alimentés de cette manière pen«^ dant tout le cinquième âge, Tun avec addition de poudre de feuilles de multicaule ^ l'autre avec addition de farine de riz.
Pour uqe corbeille de feuilles de 10 à là kitog., nous ajoutions 2&0 grammes de poudre.
Le châssis nourri à la feuille a fourni des coeons , dont il ialinit S20 au kilogr.
Le châssis nourri avec addition de ferine de rit a donné des cocons du même poids.
En comparant ces cocons avec ceux produits piErt" la feuiMe de marier seule , nous ne pouvons trouver ailctinc
différence : la couleur^ la consistance, le poids proportionnel sont les mêmes.
Nous avons observé les vers avec soin pemlant ccUc expérience. H nous a paru quils avaient quelque rêpugtaance pour la poudre de feuilles, dont Todcur nVtait pas d^aiKeufs agréable j ils la consommaient moins complètement que l'autre : du resle, ils mangeaient là poudre, cela osv intonteslable.
Les vers nourris à la farine de riz ne paraissaient s'occuper nullement de cette addition et mangeaient la feuille blattifliie âvec une extrême avidité ; nous nous attendions même à trouver quelque supériorité dans leurs cocons : il n'en a rîett été.
Ce qtii résutte positivement pour nous de cet essai , c"*e»l, t* qu'on peut, sans inconvénient , saupoudrer la feuille mouillée par accident > en cas de mauvais temps, aVèd l'une ou l^autre poudre; 2"* qu'on évitera ainsi les dangers dé la feuille niouiliée ^ 3« que la dép(*nse qui résulterait de l'emploi des poudres sur des feuilles mouil» léei ecùpfi^ hq serait pas compensée par un produit plus grand.
Il est presque superflu de dire que, pour donner de la valeur à nos expériences , elles Dut été faites sur deux cfaàssisde vers entièrement pareils, et les résultats comparés avec ceux de deux autres châssis également de la même série -, seulement le nombre des vers ne s'est pas trouve le même sur chdqùe canevas ; mais cela ne pouvait inffujer en rien sur le résultai, parce que les plus serrés étaient encore fort à l'aise.
Scorsonère.
Nous avons voulu nourrir avec la feuille de scors^ nère une certaine quantilé de vers. Tant que la feuille a c(é lendre, les vers ont paru en assez bon état , sauf un relard de quelques jours sur ceux qui étaient nourris avec le mûrier ; mais, dès que la feuille est devenue dure, ce qui n^a pas tardé, tes vers ont visiblement souffert ; il en est mort un grand nombre ^ enfin nous avons été obligés de donner du mûrier à ceux qui avaient échappé. Nous ne pouvons attribuer entièrement à la scorsonère elle même la triste fin de cet essai : nous avions cru bien faire en semant nos scorsonères dés Tannée dernière ^ mais la feuille s'est trouvée trop dure , malgré la précaution prise de la raser deux fois au printemps.
Nous ferons un nouvel essai en 1839, avec des feuilles de Tannée. Nous voulons savoir à quoi nous en tenir sur ce sjstètne d'alimentation , eu le pratiquant dans des circonstances parfaitement semblables à celles dans lesquelles aura lieu Téducation normale.
Mûrier dit de Virginie.
En 1837, nous avions présentée des vers déjà forts quelques-unes des magnifiques feuilles d'un mûrier, dit de Virginie, connu dans notre pépinière sous le nom de mûrier de Constantinople ^ et que nous croirons être le mûrier rouge : ils les ont refusées.
Cette fois, nous avons donné !a feuille aux vers au mo-
nient de la naissance ; ils ont paru s^en accommoder assex bi«n et sont parvenus^ quoique avec lenteur, au cinquième âge; mais ici nous en ayons vu périr un assez ^rand nombre^ et ceux qui ont filé ont donné des cocons irès-inférienrs : il en fallait six cent soixanfe-seize au kilogramme. Les pareils, nourris au mûrier blanc, ne sont qu^au nombre de quatre cent soixante.
Mûrier noir.
Des vers pareils aux derniers, nourris pendant le« quatre premiers âges ave4: de la feuille de mûrier noir, ont donné de bons cocons, dont il fallait quatre cent quatre-vingts au kilogramme (i).
Beaucoup d'autres essais ont été tentés , soit par nous, soit par nos dèves; ils ont tons été sans succès : nous n'en dirons rien , puisqu'ils^ ne conduisent à aucun fait pratique.
Accident,
Divers auteurs parlent du danger que l'invasion des fourmis dans. une magnanerie peut faire courir aux vers. Yoici ce qui nous est arrivé :
Nous avions posé à terre, dans Teiiibrasure d'une fenêtre, de la litière mêlée de quelques vers retardataires enlevés après un délitement/ en moins d'un quart
(1) Tous ces essais ont été faits avec la race blanche de Tours tioDl il faut quatre cent soixante au kilogramme.
d'heure , le toul était cn>abi par les fournûs , qui aUaqaaienl les vers avec un acharpemeni épouvantable. Notre premier mouvemeot fut dVnlever le tout dan» des corbriiles, de le transporter loin de la magnaMrie, «i de détruire avec soin toutes les fourmis restées sur le plancher. Mais il fallail chasser ces insectes du tas de litière et en débarrasser nos vers. Toici cQmmenI sans nous y sommes pris :
Nous avons placé les quatre pieds d^une table dans autant d^assiettes pleines d'eau , puis nous avons étalé sur celte table le tas de liiîére infectée. Les fourmis ont aussitôt cherché upc issue pour emporter leur proie ^ les trouvant toutes fermées par Peau des assiettes, elles ont abandonné les vers et se sont toutes laissées tomber des bords de la (able par terre : les vers ont été reportés dans la m^nanerie et sont venus à bien comme les autres.
Quant au moyen d'éloigner les fourmis^ après plusieurs essais^ nous n^avoiDS rien trouvé de plus efficace que le tabac^ soit répandu en poudre sur Itur passage^ soil fixé le long des murs , autour des fenêtres , au mojeo d^une trainée de graisse saupoudrée de tabac.
Récolte des <wuf$.
Pour faire notre provision d^œufs y nous avons choisi nos plus beaux cocons ; nous avons écarté avec soin les pointus y les percés , les satinés , les doubles , les faibles y enfin tous ceux dont le blanc laissait quelque chose à désirer.
Pour séparer les mâles des femelles , nous avons suivi le procédé indiqué par M. Loiseleur-Deslongchamps; nous avons pris^ au hasard un certain nombre de cocons; i9oq$ avons déterminé leur poids moyen : il sVst trouvé étrodo 1 gramme S5; puis , au mojen d'u»e petite balance suspendue , nous avons fait deux séries de nos codons. La première, comprenant eeux qui {Pesaient moins de 1 gram, 85> devait être filmée des mâles ) la seconda» comprenant les cocons posant plus de 1 gram. 8S, devait réunir les femelles : en effet , la séparation s^est lrou\ée juresque exacte ; elle l'eût été , à bien peu d'exceptions {NPés> si nous avions pris un poids lÉoyen un peu plus faible \ par exemple , 1 gramme 60 : c'est ce que nous comptons faire Tannée prochaine. Il a fallu à peine use heure pour opérer cette séparation sur 5 kilogr. de cocons : c'est donc une opération facile à pratiquer et qui exige peu de temps. '
Nous avons été frappés d'un fait que Dandolo parait révoquer en douter savoir, que les mâles naissent plus tôt que les femelles et en plus graird nombre. Nous avoas trouvé qu'il naissait le double au moins do mâles dans le même temps et sur un nombre égal de cocons. De plus» la naissance des mâles commence dans la nuit, quelquefois même à onze heures du soir ^ celle des femelles n'a liei que le malin ^ de cinq à sept heures i nous eu avons été quittes pour garder les mâles séparés et dans l'obscurité.