‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: éducationsChapitre 5 sur 34 · TOTAL · texte numérisé non relu

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Nous avons négligé de noter les naissances des autres jours.

(i) Nous ayions plusieurs autres séries de cocons de s , de i kilogr. et moins encore j mais il est inutile de les mentionner ici ; elles ont prësent^ des résultats analogues.

On p^ui cpnclare, quanta présent, de ce (ableau :

I® Les mâles et les femelles s^ sont trouvés prç^vi^ en nombre égal^ les femelles n'ayant dépassé le nqmbre des mâles que d'un dixième environ. Peu(-etre même cette légère dîflPérence est-elle due au choix des cocons , parce qu'on a eu quelque peine â se défendre de la tendance à prendre les plus gros.

a** Les mâles sont nés les premiers, puis successive • ment , en proportions plus fortes , j^usqu^à ce que , Té* quilibre é(ant rompu et le^ cocons femelles se troi^vapl en bien plus grande proportion que les cocons m^je^., les naissances sont devenues proportionnellement moins nombreuses parmi ces derniers; le coplraire ava\t eu lieu dans les premiers jours.

S' On voit qu'on a eu, le troÂnèoi^ jour, k cinr quième environ de9 nals^nces^ le quatrième jour, ]p quart environ, etc.

Il en résulte que si l'on Toujlait, conformément au^ judicieuses prescriptjions de IV^. Beauvais, avoir pour sa graine des papilloi^ tous nés le même jour, il faucjtr^î^ mettre les copons choisis^ dans la p^opprtion de q^aUf x)u de cinq po^ur une naissance ; ou ^ en d'autres termes, si l'on roulait avoir, le troisième jour, cent naissances, il faudrait réserver cinq cen(s cocons,, sauf à élouffef immédiatemept les q^atrejcents qui ne seraient pas éclo^^

4*" Il résulte auss^ du table^^u que, pour avoir ^ I^ troisième ou quatrième jour, un nombre égal de maies et de femelles, il faudrait choisir les cocons dans la proportion suivante :

Mâles 100

Femelles tioo

SaMcéUe prëcâitàoti» on perdrail, tanêaufiiiiie coiii- Ipenaation ^ tém Iwcoeoos ^i aaraÎMi ÏMCsi det n&le»

Ligueur hianche des papillons.

Tout le monde Minail i'anifioo sii mojea duqatl lo pa|>tUott forvient à se frayer im païaage dana Vûavt^ loppe soyeuse qui le coBlienl*

H projette sur le groe boui d» cocon , car, aoil dU en passant» sa lé4e se troure loopHiva de ce cdié, «n« Ûqueur Manche,, qui ramoUii le tiaau soyeox^ et peraMi aux e&cis du papilloa d'en ^eavtef lea fils.

Nous awriona bien désiré pouvoir veeueillir aisex de eette loueur ponr laaoamettre à Tanalfse; ttiati eefa préaci^te de grandet dUbcvltée, bien cpie, quelquefois ^ on puisse en obtenir quelques gouttelettes qui tramrseal le tâeau soyéuji. Voici cependant qiaekpiea obserrations q/mno%» awos pu faire sur elle.

Ce liquide est bbne en aane saveur^ il n'a aucune actîott sur ks ceufeurs Ueuea végétalea i ii u^eat donc pbÎRt «eide» Mia en eotUact avec le papier de eurcuma et le sirop de violettes, il ne lea a point altérés : il n'est d$x»e point alcatia.

Vm goitite de ce liquide, répandue à la anrbce interne d'un eocou ouvert) Va pnomptement pénétré, a i^^«lolU et tuméfié son tissu. Celui-ci est devenu diaplMine oosmuie du papier mouillé ou sur lequel on a ré-^ pandu un coorpa gtaa.

Le liquide a eu la m^me action sur la surface interne dttcocoi}'.

Avec un fragmeftt dfe bois léger et pointu , nous avons

tenté de séparer, de diviser les fils de soie ainsi détrempés; ils se sont, en effet, divisés, mais en offrant la résistance de fils jouissant de toute leur ténacité première.

Il résuhe de cette première observation que la liqueur blanche agit par elle-même pour décoller les fils de soie et indépendamment de Faction que peut exercer le papillon avec ses organes externes.

Nous avons voulu nous assurer si de l'eau produirait le même effets mais c'est en vain que nous en avons liais plusieurs gouttes, tantôt sur la surface interne, tantôt sur la surface externe du cocon : Teau ne l'a pas pénétré. En frottant même avec le doigt pour faciliter la pénétration , nous n'avons pu obtenir cette tuméfaction et cette transparence produites par la liqueur dupapillon.

Supposant alors que le défaut de viscosité de l'eau et sa pureté même pouvaient être un obstacle à son action^ nous l'avons remplacée par de la salive 5 mais, de quelque manière que nous nous y soyons pris, nous n'avons pu obtenir avec elle un effet analogue à <îelui de la liqueur blanche.

Nous espérions cependant^ d'après l'espèce d'analogie qui existe entre la salive et cette liqueur, qu'elle pourrait donner aussi des résultais analogues.

Les mêmes essais ont été répétés avec une solution légère de sous-carbonace de soude, liqueur qui correspond à peu près à la lessive. Aucun résultat.

Le cocon ne s'est point imbibé.

Une solution très-forte de savon n'a pas eu plus d'action i elle n'a point produit la tache transparente.

De Teau acidulée avec Tacide sulfurique n'a point en plus de succès. Le tissa du cocon est resté à peu près imperméable. '

Enfin ralcool ou esprit-de-vin a bien imbibé sur-lechamp le cocon , mais sans opérer la séparation des fils. Après un séjour de quelques instants dans ce liquide, nous l'avons fait sécher; alors Teau pouvait le pénétrer et Timbiber, mais sans le ramollir.

^ Il faut conclure dé ces essais que la liqueur blanche des papillons y sans présenter aucun des caractères propres aux liquides dissolvants ordinaires , a pourtant, sur la substance glutineuse qui unit les fils de soie , une action très-énergique et très-rapide. S'il nous était permis d'émettre une conjecture sur sa composition, nous dirions qu^elle est probablement de la même nature, à la liquidité près, que la substance glutineuse elle-même, et que c'est en raison de cette analogie qu'elle peut agir sur elle. La chimie ofire un grand nombre d'exemples de cette nature dans lesquels, pour dissoudre un corps devenu soluble, on emploie ce même corps non solidifié ou rendu liquide par un procédé quelconque.

Cocons percés.

Nous venons de dire que les fils de soie imprégnés de la liqueur blanche du papillon ne nous avaient pas patu moihs consistants qu'auparavanl. Cette observation nous a donné des doutes 'stir Topinion généralement admise/que le papillon, au moyen de sa salive, parvient à ramollit* et à briser les fils de soie qui s^opposént à son passage.

Poiir tM>Ud écl^ir^r à icai ég^rd, nond avons commencé p^r Qbaecver arec beaucoup de soia la sorûe des papilloDS et les progrès de leur travail , et nous ayoas reç^arquié avec surprise, grâce 9^ la transparenoe du tissu «Qfeux bv^inecté, que ce travail consistait dans ujt éçar^m^nt successif de» fils et iiq^ijl d^s leur rupture.

Il partit que Tinsecte , guÂdé par un i^nct particulier^ dispose les fils du gros bout du cocon de telle façou quMl pept les écarter et s'ouvrir i^n ps^ssage au milieu dVux f sai;is.avoir bçsoiA de les brise,r. Eu effets si Ton dékvide» avec précautioii et à sec» uu qqcou un peu gr^ftsier^ doqt le briu p^î^e être tké 8?ins le secours de Tea» chatude I on remarque que les çircouvolutions du $1 tQur^iem sans cesse auto^ur de Vaxe du cocon, autaur des ceAtr^ des d^i^x bputs » maia saus se placer ein croix sm ee$ eentref i»4ines.

On acquiert une^ iM>Wftlle preuve de ce feit en dévidât ég^l^meiiU a^c.ma CQÇQA percé par le papillon. On observée ^9Vi^ que le Çl, e^ s^ dévida^, passe, sai^s s'y oassev pltUSt *ou>vwA ^Wa^V^rs, dans. T espèce de bourre eu l«(quél^><w^ été c^^veptis les bord« de Touverture.

On doit en conclure naturellement que le brin, n'est pas brisé dans cette bourre, uws seulement que les circonvolutions du fil ont cessé d'être agglutinées entre elle0v

Cette» afeBevvadio^i 9fff^ ^yM fcit» psp^r qu§ nous pMigieiid^iis 4 dénridefi ^ft qacous. percés». 4»w Tew dkaaidé^ poi^vu ^«t^ uouft trowicgas m vwj^^ de ^e^ nifttptemîi k aa sUrïwe* Nous avow ebwu cp dernier effet en ÎBiroduisanttdans^li^ c(^e« dep^tfAS^ ip^qr^eau^ de liège -, mais l'eau chaude a détrempé à L'î^sIjAUt q94me

toute la partie soyeuse qui avait été touchée par la liqueur blanchç , et il est devenu impossible de dévider le cocon : il s* est comporté comme ceux qui ontséjoamé trop longtemps^ dana Teau chaiiide, et qui s'en voqt en bouchons.

CqcoM^ franches.

Ces observations nous ont çQnd,viit à nom demajider ce que c'était que d^s coççn^ tranché^, he^ fileuses ap* pellent ainsi d^sscpcons déFeçtuçux qui p^raisaenC avçtir été touchés par la liqueur blanche des papillons.

Quand on les plonge dans Teau chaude, ou voit apparaître une tache , ou plutôt un petit espace transparent qvi s'imbibe d'eau à Tinstant, et se distingue aj^ment des autres parties du cocon , qui restent d'un blanc mat. Au dévidage, ces taches fournissent des bQUchoi^Si et les cocons qui les portent sont bientôt percés.

On s'explique bien ces défauts , lorsque » p^r^j Iça cocpns destinés à la filature, il y a, eut c^uelquef nai)(* sances dç papillons. On conçoit que la liqueur blap.che de ceux-ci a pu mouiller des co^cons voisins et produire le résultat observé plus t^rd, lors de 1^ filature.

Mi|is, qaa^^d il n'y a pas eu de, naissances?

Nom avons supposé alors que Iç phéopmene observé était propre à quelques cocons éteints trop t,ard , pu ij^r comj^iç^pii^Çnt éteints;, mais, dan^ <^Ç f^.?» Qoiis dey^;;is, trouver ^es p^^illpns dans les cpco^stranc^és : or ceJi*, nous a été imposa^ble.

En attendant une explication foi^dép sur fi^ p^^fÇfy^T tioi:)3 positives, nous supppserpns qu'ait mpiQi^ii^^ d^A'étouffement, (j[uelques papillons assjçz av^nçéç pour ppSr

âédèr la liqueur blanche , mais pas assez pour romprer complètement IVnveloppe de la chrysalide, tourmentés, d'ailleurs, par ta chaleur, et faisant des efforts pour s'y soustraire , ont répandu la liqueur blanche par quelque fissure de leur enveloppe membraneuse.

Ce qui rend cette opinion probable^ c'est que les taches ne sont pas toujours placées à la pointe du cocon , et Ton conçoit que les mouvements extraordinaires que se donne la chrysalide , quand elle est atteinte par la chaleur, peuvent porter cette tache sur d'autres parties.

Liqueur rousse des papillons.

On sait que les papillons, peu de temps apr^s leur naissance , et , soit avant Taccouplement , soit après , rejettent une grande quantité d'une liqueur jaunâtre ou rousse ; quelquefois elle est blanche. Plusieurs fois nous l'avons vue transparente comme de l'eau ; mais, le plus ordinairement, cette liqueur est laiteuse, c'est-à-dire troublée par une poudre qui s'y trouve suspendue.

Essayée par les réactifs chimiques, elle présente des caractères acides très- prononcés.

John, Chaussier et BrugnatelU ont publié quelques tentatives d'analyse de cette matière excrémentilielle : il résulté de leurs travaux qu'elle est composée' en grande partie d'acide urique, le mémo qui se trouve dans l'urine des mammifères et de l'homme en particulier ; le même dont l'excès et le dépôt dans la vessie donnent naissance à la plupart^des calculs urinaires.

Ayant recueilli une certaine quantité de cette matière, et n'ayant plus de laboratoire à notre disposition , nous

(29) lavons remise à M. Lassaîgne, qui en a fait l'analyse. Voici les résultais tels qu'il les a publiés dans le Journal de chimie médicale :

(1 Les résultats que nous ayons obtenus dans cet exa- » meii démontrent que cette matière est composée :

» 1® D'une grande quantité d'acide urique , dont une y> partie est unie à un peu d'ammoniaque à l'état d'urate » d'ammoniaque^

D a^* D'une matière extractiforme , colorée en rouge , » solubledans l'eau et incristallisable. »

La matière excrémentitielle sèche contient l'acide urique dans la proportion de 74 pour 100.

M. Lassaigne a donc pleinement confirmé les résultats antérieurs. N*est-il pas bien surprenant de retrouver, dans cette matière excrémentitielle d'un insecte et dans une proportion si considérable, le même acide, qui est, chez les mammifères et les oiseaux, un produit de l'action des reins sur le sang, chez un insecte qui n^a ni sang ni système circulatoire , qui ne prend aucun aliment^ et dont l'existence dure à peine quelques jours?

Il est permis de conjecturer que l'acide urique est destiné à rejeter au dehors l'azote surabondant que contenait le ver au moment où il s'est enveloppé dans sa maison de soie , et qui n'a pu être employé à la formation du papillon. Cet acide est en quelque sorte le résidu de Tespèce de digestion qui se fait dans la chrysalide, et dont le papillon est le produit^ mais combien n'est-il pas étonnant que ce résidu ait tant d'analogie avec celui de la digestion des mammifères !

(So) Histoire de deux vers à soie.

Qu'il nous soit permis de terminer ce mémoire , déjà trop long cependant , par le récit d^tn fait assez original. Nous désirions avoir, pour les démonstrations du cours que fait Tun de ncru» sur Tindustrie sérigène, des images aussi parfaites que possible du ver à soie vivant et parvenu à son plus grand volume 5 pour les obtenir , nous avons tenté de mouler, avec du plâtre, deux de nos plus beaux élèves : pour cela, il a fallu les couvrir d'une couche d'huile, ce que nous avons (ait au moyeu d'un piiiceàu délicat.

Les deux vers ont paru souffrir beaucoup de cette opération insolite^ et, quand elle a été terminée, ils soàt restés immobiles et comme morts ^ lU s^étaient contractés let raccourcis.

ïians cet état, nous les avons enveloppés dans deux lits de plâtre délayé. Quand celui-ci a été bien pris , bien solide, c^ qui a exigé environ une heure, nous avons séparé les deux parties du moule, et nous en avons sorti les deux victimes. Nous avons riemarqué alors que le pTatfe avait absorbé toute Phuile dont elles étaient couvertes; et notre étonn'ement d été grand, lorsqu^un instant après nous avons vu les deux larves'se promenet sur là table. Nous leur avo'ns donné quelques feuilles ({u'^elles ont négligées; mais, eu revanche, elles sont montées avec ardeur dans quelques brins de colza qui leur ont été présentés, et ont fait chacune un bon cocon.

On a beaucoup parlé , tantôt de l'excessive délica-

teftse des vers à soie, qui oblige les magniniers à leur prodiguer des soins minutieux , tantôt de leur constitution robuste , qui leur permet de résister aux pratiques les plus funestes et aux écarts les plus dangereux de la négligence. Le fait que nous venons de citer Tiendra sans doute à Taide de ceux qui pensent que nous serons bien malhabiles si nous ne savons pas profiter des qualités précieuses de la dienille du mûrier, ni ramasser la merveilleuse récolte qu'elle s'obstine à nous offrir.

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