‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: éducationsChapitre 4 sur 34 · EDUCATION DE YBRS A SOIE · texte numérisé non relu

EDUCATION DE YBRS A SOIE

faite à la Cataudière, en 1838^ par Mad. Millbt.

Extrait d'uoe lettre adressée à M. le président de la Société d'agriculture de Poitiers.

Pendant que M. Millet et. moi nous étions occupés des travaux de la magnanerie modèle de Poitiers, madame Millet^ ma sœur, utilisait la magnanerie de la Cataudière, en faisant une éducation à peu près pareille à celle de l'année précédente, et k laquelle elle a aussi pris ptfrl.

Elle a fait éclore 21 gram. de sinas et 30 gram. de la grosse race rousse de Sauves. Elle a eu les mêmes obsta-

— attelés à vaincre qao nous^ c^esC-à-dire an lemps pluvieux el froid. Nétinnoins les réftoMtly , qvl ettt été constalés par plosiears visites tant du soos-préfet de Ghàtelleraolt y da maire et d*un membre da conseil général , que par une commission de la Société d^agricoltore de Poitiers , oot été des plus satisfaisants.

Madame Millet a obtenu 36 kilogr* 500 gr. ée eocons sina^ dont il faut cinq c^nts au kilogr. Produit propor* tionnel de 64 kilogr. par once d'œafs.

La race rousse a donné 68 kilogr. de cocons » dont i\ ne faut que trois cent quarante au kilogr. Produit pro^ portionuel de 70 kilogr. par once d'œufs.

L'éducation a duré vingt-cinq à vingt-six jours.

Madame Millet & fait, en outrc^ plusieurs observations intéressantes et continué les essais d'éducation en plein air qui avaient été commencés l'année précédente. Ces derniers n'étaient pas terminés lors de mon départ -, le temps ajant manqué à madame Millet pour rédiger la note dans laquelle elle rendra compte de ses travaux^ je ne puis en donner ici qu'un aperçu sommaire et incomplet.

Yoîci^copeudant le compte des dépenses faites pour cette éducation :

48 journées 1/2 d'hommes, i fr. 60. . . : 72 fr. 74

20 journées de femmes, pour monder les feuilles, à 65 c. 13

1 paquet de chandelles 3 74

i corde de mauvais bois \8 *»

26 journées do magoanier à 2 fr., iiourriture comprise. . . 52 >

66 mûriers, à 1 fr...^ .,.., 66 «

26 mûriers, à 60 c. 12 60

237 w Poids des cocons bruts , 1 12 kilogrammes.

Prix de revient, 2 fr. 10 c. le kilogramme.

suppLéMBirr

é la lettre adressée à M. le président de la Société dC agriculture de Poitiers, par madame Millety sur t éducation de vers à soie faite en plein air, à la Cataudiére, en 1 838.

Monsieur le président f

Yçici quelques détails sur la fin de PédacatÎQn de verp à soie que j'ai faite en plein air^ el tes résultats qu'elle m'a donnés (1).

J'ai déjà eu Fhonneur de vous dire que ces insecte» parcouraient avec plus do lenteur les périodes de leur existence que ceux qui avaient été élevés tout à fait arti*^ ficiellement. Je m'étonne qu'ils aient résisté au froid , au yent^ à l'extrême humidité de la saison exception nçlle que nous avons eue. Le froid les faisait souffrir à tel points qu'ils restaient souvent des joqrnées entières sans sortir de dessous les feuilles , et presque sans manger, quoiqu'ils ne fussent point en mue. Probablement leurs facultés digestives étaient comme paraljsées. Aussi ai-je fort mal observé leurs muc3.: ils ne mangeaient pas U nuit> bien qu'ils eussent des feuilles fraîche^ tons les soirs>

(1) Les vers étaient placés sous un hangar adossé à uo mur exposé au sud-est ; ils n'avaient aucun autre abri. On les a élevés sur des châssis tendus en canevas; ils provenaient d'œufs produits par les vers élevés, l'année préoééenle, dans le même Me» «i é^m les raémes eircoDSlanees.

i peioe les avaient-ils en lamées yers le lever da soleil.

Ils sont restés extrêmement petits jusqu'après le qoatriéme âge ; alors iM ont pris rapidement beaucoup d*accroissement et sont arrivés^ en général , à la grosseur des vers ordinairesyfiarvenus au vingt et unième jour. Lorsque quelques journées un peu moins froides venaient les ranimer, ils paraissaient très - vigoureux et mang(»aieoC avec avidité. Ils ont commencé à monter le quarantequatrième jour et ont mis quatre à cinq jours à effectuer leur montée. Je présume quMIs cessaient leur travail pendant la nuit, comme ils cessaient de s'alimenter : de même ils ne moulaient qu'au momenl le plus chaud de fa journée.

Je ne puis donner aucun chiffre sur la quantité de leur consommation ^ mais je puis dire, par observation^ qu'elle a été dans des proportions bien moindres que celle des vers élevés dans la magnanerie. Jusqu'au quatrième âge , ils étaient restés tellement petits, que je n'osais espérer qu'ils atteindraient la grosseur à laquelle ils sont arrivés ; alors il leur fallait bien peu de feuille pour vivre. Ils ont fait des cocons plus petits que ceux de leur espèce élevés dans la magnanerie, mais de fort bonne qualité, fermes, très-blancs., ni pointus, ni percés comme le sont dWdinaire les mauvais cocons : il en faut six cent quarante au kilogramme -, je pensequ'ils rendront beaucoup de soie (1).

(1) La même race, élevée dans la magnanerie, a fourni des cocons dont il ne faut que quatre ceol soixante au kilogramme.

J'ai emplojré 7 grammes 65 de graine; mais qm cer» taine quantité d*œufs n'a pas éelos.

J'ai eu 4 kilogrammes de ceeoos.

Ce résultat est peu co.nsidéraUe ^ mais je sois eon- ▼aiocueque, s'ils n'avaient pas en à sapporler nae saison aussi rigoureuse (il a gelé blanc plusieurs fois, el le pins souvent il n'y avait que 7 à 8 degrés Réaomnr la nuit), j'aurais eu le double de produit. Beaucoup de vers > dans les premiers âges, sont restés sous la litière , où ils ont péri. Avec une saison ordinaire, lisseraient sortis comme les autres et seraient arrivés à bien : il n'y a que les plus vigoureux qui ont pu résister. Je n'ai po épurer mes éclosions ni mes vers, comme je l'ai fait po«r ceux de la magnanerie : d'une part, j'en avais une trop petite quantité ; de l'autre, le froid m'empécbait d'observer les mues (1).

Je ferai filer cette soie à part, et j'aurai Tbonneur, monsieur le président, de vous en envoyer un échantillon ; * il sera fort, curieux d'observer si elle sera d'une qualité différente de celle des vers élevés à un haut degré de . température.

Une éducation faite ainsi est longue et partant en- Quyeuse -, mais elle est peu coûteuse , exige peu de travail , point de veilles , en un mot beaucoup moins de dépenses que celles d^une magnanerie; elk peut, dans une année favorable, offrir d'immenses chances de suc-

(1) L'ëclosioD a eu lieu spontaDément et saos le secours d'aucune chaleur artificielle.

cè»é Toute» €«$ coDHdérafiom poorraionl Mgag^ ^d* ques éducateurs à faire éenotifeaut <»sais : it y aura toujours uoe certaine difficulté à préierfer hê vers ckes atteiates des aaiiMux destructeurs , lels que les oiseaux, les fourmis^ les souris, danf§ une éducation en plein dif; mais ces difiieul té» peuvent être vaincues , et la modicité d«B fra» d'iUslallatioD est une considération d'une grande imporlaoce, d'autant plus qu^mie éducatiofi en plein ait est cettakiefiient préférable âe totfë points à celle faite dan» des lieux obseurs^ humides, prifés d^air^ infects, nos chauffés ^ eomnie l6 sont ceunc dans lesquels on les pimtitifïii Ains beaucoup dis lœalités ôâ |es cducaHons de vam è soie sont ancienne».

ié M sai» ai nous coiHinuerons à éFcvcr àés vers à soie eff'pteiualr^ J0 crain» qiie mes nombreuses occupations ne s'j opposent Pannéc prochaine *, Pétablissement d'une g ran d e ttâp^fiatterie , qilé nous avoDfâ cri coûsCruclion en ce momene, tiendi'a ôtieorc ajouter à celfes que j^ai dëjà. SI' je ne pnfe le faire , j'eû aurai du regret , et je serais charmée de (fotiver quelques imitateurs qui prendraient à tâche de poursuivre celte expérience.

Recfftez , etc.

GoRA Millet.

La Caliudière , r» iwll l«aa>.

DE VERS A SOIE

FATfJS, SSf 1^36»

k LA, MÀGNAZfB&nE^MOD^JS VÉPkfnUtjnklM

DB POITIEIIS.

(tkuxiéme note.)

Loreqa'un art ioduslriel «à( parvenu 4 un degré de parfectiQH qui rend sa pratique aMfc lucrative pour d^imer un inlérét raisonnable des capitaux el payer lea soitia qv^il e«iîgQ, oe ne doit proposer qa avec une ex-^ tréme réserve dea changemenla aux procédéa geqérale^ ment suivis.

Ak>rs il est du devoir des hommes éolaîrûs» des boiames de progrès , de bien peser, de bie» ooflsparer lea avantages qui pourraient résuiier de quelques am^ Imatioas pariieiles, avec rimonTéoient d'ébranler U (Confiance des praticiens » de les jeier dans k voie dee expériew^^ toufOunscoAlemM, et dereiavder peut-4ure U propagalina de rindastrie nu la o»o»irani impar*btte»

M^is^^iuaad ses bases ool teçu dea progrès des scieoaas

tlont clic émane un ébranlement fatal , quand les théories et les procédés sont remis en question, quand il semble "que tout a besoin d'être refait , enfin quand Vart est tourmenté par la fièvre du progrès, cette crise qui commence toujours, comme les révolutions politiques^ par la destruction des choses anciennes, et ne parvieiR souvent qu après un long intervalle à les remplacer par des procédés et des. théories meilleurs , alors le devoir des hommes éclainés^ des observateurs, des praticiens n'est plus le même. Tous s'empressent de se mettre à l'œuvre :4es recherches^ les observations, les t?xpériences se multiplient, tes moyens de publicité s'ofiFrenl de toutes parts. Les théories, les opinions, les faits se choquent, se contredisent^ ils s'accumulent sans ordre ^ sans méthode^ sans hut bien déterminé; la confusion règne, et l'esprit le plus clairvoyant ne prévoit pas tonjours le résultat de ce tumalie^ quelques-uns même sont découragés ^t désespèrent de l'art ; ils regrettent son ancienne splendeur et le calme de sa marche monotone : mais, ne nous y trompons pas, c'est ainsi que procèdent toutes les révolutions industrielles et scientifiques.

' Bientôt apparnrit un esprit supérieur qui prend à tâche de dominer le tumulte, ^ù débrouiller cet amas cKmfus de matériaux , de les: classer, d'achever ceux .qui ne sont qu'^ébauchés^ de comparer les résultats* obt^nas> d'en tirer des conséquences rigoureuses. Il arrire enfin à l'idée fondamentale du nouveau système ; il la proelaine, il la fait régner sur toutes les idé^ accessoires dput eUe est le corollaire -, il soumet à sa discipline tous les fietits, toutes les théories^ les résistaoces disparâisseiit peu à

(5) pea, et Tari, reconslhuë^ rajeuni, reprc^id avec une vigueur nouvelle sa marche calme et régulière.

Si nous jetons un regard sur la belle industrie de la soie, a laquelle nous sommes tous dévoués, ne voyonsnous pas que les considérations précédentes peuvent hil être justement appliquées? N*est-elle pas dans cette voie de progrés, dans eette tourmente d'améliorations qui vient de loiix en loin agiter toutes les industries ? El n'est-ce pa9 le nxomeni , pour tous ceux qui Taimem et la pratiquent» d'apporter à l'œuvre commune le tribut de leur zèle et de leurs lumières?

SftBS doute, tous .ks travaux n'auront pat la même importance, tous ne seront pas irréprochables? Est-ce une saison pour blâmer leur publication, et'scrall-il convenaUe de Tentraver? non, sans doute. Modeste» ouvriers, oocupons*nous avec zèle de la préparation des matériaux ; l'bomme aupérieur qui doit mettre- la def à la voûte ne nous manquera pas; peut-être déjà il nous observe, recueille en silence les éléments de eeu* veau système, et s'apprête à nous en doter.

Voilà une bien longue digression pour justifier les publications incomplètes qui ont été faites et celles qui se Feront encore \ mais il nous a paru nécessaire d'apprécier leur tendance et leur valeur réelles, parce qu'il s'est élevé à cet égard une discussion grave et qui devait appeler nos plus sérieuses réflexions. Notre but est donc de concourir à l'œuvre commune par la publication de toutes nos observations et de toutes nos expériences. Nous laisserons à d'autres plus expérimentés ou mieux placés que nous le soin de les juger,, de les

(6) QoardoMier «i d*en kîr«r iparti pour l^ééificatioii in «f«^ tème qui ^ préfViM.

Dans notre premier mémoire sur notre édacailon de i838, nous n'avons pu rendre compte de toutes nos observations) nous allons en fi^irç cppui^tre la suite*

Dessiccation des feuilles d^ mûrier mouillées var la pluie.

Kpas tiè rappelt^effons pas iei les divers moyens proposée pour sécher les ÎFeuilles en cas de pluie -, nous nous contenterons d'en citer un qui nous a réussi. L^idée noos en a été donnée par nos expériences sur remploi des poudre» ajoutées à k feuille.

Ayant observé que la poudre asset grossière de féuiUes de mû»er, répandue sur des feuilles mouillées^ «lirait l«i propriété de sécher, de resseyer.ces feaiUc«, ^ ifÊit les vera, en les mangeant sftns répugna^cfe, éèarlaient) avec leurs mandibules , les fragments de pondue trop |;ros8iers pour pouvoir être dévorés, noos avons eu la pensée de ^upoudrer a^ec du son la feuille mie«ii' lée qui nous étair supportée du dehors. C^ procédé lorç simple a rppopdu 4 noire attente. Jlest, d-^illeurs^ très*facile de proportionner la quantité de son à Tl^umidité dont les feuilles sont chargées. Peut être auripns-nous aussi bien atteint le but en employant tout simplemenl; de la sciure de bois blanc; n^ais nous n*en avions pas ^ notre disposition. ,

Conservation des œufs.

9ien cc»3ivaincu8 que l^i possibilité de (^cer son édu-

catiott dans k laiaoB la php (aTorable et de le retarder à ¥o|onlé est une des epnditions principales da succès, YÛM» arons tenté quelques essais , dai^s l'espoir de tfQ«<ver un moyen de covserratioades ONirfs.

jidék carhenique. En décembre 18379 des CBofs ont ële enfermés dans des flacons berméliqoemeac £sniiéi eâ, remplis de gaz acide carbonique. Ob les a conaerrés dans le même lieu et à la même tempémiure que les œufs destinés à Téducation.

£omai i838, en a débouché un des flacons, et les «Bufe ont été mis sur ufte feuille de- papier dans la ebambre d'ineubalion^ en marne temps que eeuxi^lju

Examinés 9 ils n'avaient pas benne apparence^ }mat conleùr était plus p&le.que œlle des ceufs conservés a. Tair libre , ils étaient attsaî plusd^rimés*

< A/mewce qu'on a élevéla tcmpérainniide Téuat • , on^ ^'a fldiseriré enjeux aumHi'desiefaaagcoieàUquépf ouïrent les autres œufs. .. *

Enfin aucun n'a. «des. .

Sispposant qu'ils avaient été peuti-étrç trepdesséebés, on a ouvert ttn deuxième flacon et mie lesœuis anr me jkrgtt feuille de mûrier bien fraîche *, en a renoUTsIé ,<aeUeHei plusieurs £ms. ]^ous pensions que le contact du TiéglBtid frais suffirait peut-être à rondre aux mmS% rjm* ■aidlbé qui ie^ir manquait.

Cette expérience n'a pas eu plusxb euoeés qweilapi^- . mièi:e«

Un troisième flacon a éié ourert. Les ceufs ont .été humectés avec de Feau^ on les a lassés tremper même pendant quelque temps. Ils n'ont pas éclos plus que les autres.

ËQ écrasant cesœufe comparadvemenl avec ceux de réducation , noas ayooB remarqué que le liquide qu'ils con tenaient avait perdu de sa viscosité , et le germe noir du ver ne s'était nullement développé.

M. Lassaigne, professeur de chimie à Fécole royale vétérinaire d'Alfort, qui avait bien voulu se charger de préparer les Hacoâa d'acide' carbonique, a vainement tenté, de son coté^ de faire, éclore des œufs conservés dans le gaz.

On peut en conclure que la présence de Tûr .est absolument nécessaire à la conservation de la vie dans les œufe de vers à soie, et que, plongés dans un gaz non retpirable, ils sont a^p9iyxiés. .

Air sec. Dans un flacon tout pareil aux précédents^ nous avions renfevmé, à la même époque^ des ceufe de ▼ersi«oie et unttiherenpli de chlorure de calcium. Ce sel était destin;éàciHretsnir ùnesiccité complète de Tair contenu dans le flacon.

Le i5 mai, le flacon avait éié monté de la ca^ve en même temps que les œufs destinés à Téducation. Le i^ jmllet, aucune éclosion n'avait eu lieu; alors une partie des œub a été retirée du flacon et exposée à l'air ambiant. €es oeufs n'avaient pas mauvaise apparence , seulement ils étaient fort déprimés. Le neuvièiàe jjour, il a paru quelques vers. Le dixième jour, il en hait un grand nombre. Le quinzième jour, tous sont éclos.

Les œufs restés en possession de M. Lassaigne et conservés, comme les nôtres, dans un air absolument sec, ont édos en partie le 4 juin... La chaleur du soleil a fait éclore ensuite la plus grande partie de ceux qui restaient , dans un espace de quatre à cinq jours.

Il résulte de ces expériences que la sîccilé de Tair est un obstacle à Véclosion des œufs, mais non pas une cause d'asphyxie, au moins dans de certaines limites.

En e£Fe(^ un mois plus tard, il n'a pas été possible de faire édore des osufs retirés seulement alors du flucon.

Deux mois après, BOfiyelie tentatiye, les œufs n'éclosent pas.

II parait qu'à cette époque la dessiccation des œufs avait été poussée trop loiu. La difficulté de régulariser cette dessiccation et de la maintenir dans des limites conTcnables ndus a fut n^umcer à ce moyen.

Du reste , nous avons encore deux flacons dont nous ferons l'ouverture à la saison prochaine. Nous rendrons com pte du résultat .

Eclosion.

Qu'il nous soit permis d'émettre ici notre opinion sur l'importance qu'il' convient d^attacber. à des éclosi^ns simultanées.

Si l'on parvenait à régulariser leaœu&de vers à soie, à tel point que tous ceux d'une éducation dussent édore le même jour, cfn se serait créé probablement une difficulté considérable pour la suite^ de l'éducation. En effet, dans une magnanerie bienjeoue, les vers de la même série devant tous accomplir en même temps les diverses phases de leur existence^ il en résulterait que toules les opérations import^Uites , et qui exigent un grand nombre de bras , devraient s'exécuter simultané^ ment dans toutes les p^rtiesde la magnanerie. Si l' éducation était importante^ il résulterait donc, de cette simultanéité un surcroit d'embarras très-considérable .^

(lO)

SaDsdoui^^ il s'établirait toujours q^lqoe» légères 4iffipreDces ^lUre Jesdiverseg parties 4e râtelier^ mm ellçft aéraient trop pieu iinportaDie9 pour donner une certaine latitude aux travailleura.

Si y pour éviter eiet iucaavéujient i on cherchait à {sûre éclore ses ceufs eu trois séries > par exemple en mettant trois jours d'intervalle entre chacune d'elles, ilen.jré* sult^rait h Déoei^ité d'^vok itrois chambres d'iu^^a- ^0D« Or, comment Âutro4«irie «dans pne étuve unique > déjà lohauftpe d^ui^ trois ou »U jioura» de» oNifs <{ui sorr tiraient de la caye ou de ^la^luciére) et qui a^awaieiu {MUS été<80umis à cetjLe «iug^eulalion ^aduelle de Ja cempéi^ture; recommandée avec tant de l^ai^ou?

Nous pensons qu'on évitera ces divers iufcouvénîeati lorsqu'on sera parvenu à obtenir une graine qui éclôra complètement en. trois jours, et qu'il conviendra de iiîentolMicrver les circonstances dane lesquelles on l'aura inecuetllie, afin de reproduire tous les ^ns un résultat analogue.

On auraaiiMt, dans «une «eule étiive, 4Tois. sériés de rers qft'îl sera d'i^iUeups facile d'éloigner «n peu jrfus tes une deS' autres , en Tariant le nombre des repas ^ en reitirant les uns ptus làt de l'étuv^, pondant qu'on ^ntre^ tiendra une température ùu peu -élevée pour ceux qui y seront restés. ■ .

Estimation de la réêolte des cocons*^

Eu parlant ici de la manière de parvenir â l'appréoîattond'^ne récolte de cocons , nous n'avons poifft k pré* tention de dire des choses nouvelles, mais seulement

de coordanner et de reunkr en tm muI chapitre lot diverses praûques qui doÎTenrl donnor ce fésnluK*

Nous avons parlé ailleurs de la comparaison de la Ôé^ penae arec ie produtt -, ici il me s'agit ipie de Vestima* tioo de la réeol^ len «Ut-méoie.

i'' Nova s^poacMis que les <Bufs n'avre»! pasëttf4é^ cacMs des toilee sur iesqueUes les psipilkms ies ont déposés. Il budra placer ces toiles à Tétuye , en alta^ cliant ■ à^ebacene d^.eHés une ^tiqiieiiie en- papier.

Xe sepiiéMtroa leèuitiéme jour, quand l'élare aura d^ été «bauffse^de inamère a deeséoheî oomptétemeni lea toiles., on pésisni ehiKune d'elfes «veo soin,«t on iQecrîralepcnds«url^«tiquette. Gette^opération devra se feins dans fétirre méioe, soit pour ne pas refroidir les oenfe ) sok p«nr évUet Tabsprptfon >de Itiawidité par la toîle.

Quand rMâolôslîon oomînetMcc^a^ «i ^^n ne t<efnt pafe garder les premiers vers ^ q^ii seMMit peui^élre ftiti fMSHfcvenXy im'pèBeraiie^noavea«4a toile après les e^r cïnAeirés,<ftion insmrs^eon poids «nrf^tiqu^tté: On èli^ .cera les premiers chiffres.

i/eiiroisiJBUieïcMiiefqasifriéine jour^ après^- dn «ura wlevë Jidusles^v^rs'éolos<|)n^on a finteinioii d^éfever, on pèsera de npuveau la toile ^ on écrira le pinds an*destfOitts dn chiAra déjà inscrit , et 'on fera la soustracr jËi>etK On aura une diAéronce 'en tnofns de 4 grammes, parexempieV neprësentant le poids des jeunes vers enr tores. En ajonittnvt ttn gtmMnis ^ou «n quart du 'ehiffrp larbtentt, cm am^ ^ùe '^«mitè èe'S grammes. Cest le poids réel des fcsufs «pari sent ^dos.

Nous avons eu la curiosilé de vérifier les chiffras

donnés par DaBdolo< sur les^ poids relatifs des œuf» cie Ters k soie, de leur coquille et des vers nouveau-nés. Ils ont été obtenus sur ia race sitm.

Dans une once décimale (la seizième partie do tm livre de 5oo grammes) d'œub nouvellement poûdue , nous en avons compté trenle-huit mille quatre cents. Au mois de janvier, l*once en contenait quarante mill« huit cents.

Dans . une once de coquilles vides , il-s^en est trouvé deux cent vingt mille : c'est bien , comme on voit*, à peu de chose pnès, cinq fois plus que dans Tonce d'œu& non éclos. Il, est probable que nous aurions obtenu exactement le chiffre.de Dandola si, en détachant dos coquilles des toiles, nous n'avions pas laissé après celle-ci une^parjtie de la coquille qui y était attachée.

a* Après avoir déterminé le poids des œufs qui se* ront éclos, on aura soin de s'assurer du nombre- de ces œufs. Pour cela on détachera d'une toile, avecprécaur tion, un gramme d'œufe, et on les comptera -, on répétera cette opération quatre à cinq fois, et on. prendra ia moyenne.

Rien de plus facile ensuite que de déterminer le nombre des œufs qui seront éclos , puisque leur poids est connu.

d"" Quand la récolte de cocons sera, faite et pesée, on s'assurera du nombre nécessaire pour former un kilo«gramme^ on répétera ce calcul deux ou trois fois , en prenant des cocons daAS plusieurs corbeilles , on aura bientât le nombre total de ses cocons , et, en Iq comparant avec le nombre des œufs éclos , on saura quelles pertes on aura faites.

Voilà Hn pireraier réàukai qui donnera la' meemre des soins qu'on aura pris pendant réducalioii pour ériter U perte des vers, soil par des délitemerits inconi|delê, soit enfin par le défaut d'égalité dans lei diverses séries.

4'' It s'agit maintenant d'apf^récier la yai«ur réelle des cocons. Les personnes qui ont une grande habitude y parviennent jusqu'à un <sertain point, riéii qu'en les touchant *, elles estiment surtout les cocons qui résistent à la pression ^p4<re les doigts, eiercée dans le sens de leur longueur; mais ce caractère nous paraît ijwaii-< saai.

Cependant il est évident qu'il faudra d'abord tenir compte des qualités ou des défauts appréciables au seul aspgeei des <x>cons. On s'assurera donc s'ils ne sont ni percés^ m satinés, ni doubles. Nous supposonsi qu'ils n'auront aucun de ces défauts faciles à déterminer aTéc im peu d'habitude.

On a dit avec raison que le rendement en soie à la filature était la meilleure épreuve à laquelle des cocons pussent être soumis : nous le reconnaissons -, mais ce moyen est difficilement applicable en petit , et pour des essais. Une foule de circonstances peuvent influer sur le

résuhat; il faudrait, pour qu'il fut exact, que tous les

échantillons de cocoi» fussent filés par la même ouvrière

et dans des conditions bien pareilles. Voyons s'il n'y a

pas quelque autre moyen (i).

(i) Ons'^tooncra peut-être qae nous ne fassions pas mention ici de A08 résultats de filature. Voici pourquoi : Madame Millet a récolte' i lO liilogrammes de cocons;, la magnanerie de Poitiers en a fowmi iî3 5 total , a49 kilogrammes.

Ces cocons n'ont pu âtre files qu'à partir /du i4 août, Ce long retard

c II e8É éTidenl qu'à nombre égai , les méiUetirs cocons seront ceax qui auncml le plus de soie. Nous disons , qui auront le plus de soie -, car il pourrait arriver qu'une différence notable dans les poidi relaûfe des cocons ne Mt due qu'à un volumo plus considérable de la chrysa- Kde, et non à uni; couciie plus épaisse de fils soyeux.

Le procédé qui oon$iste à ouvrir les ùocoas et à peser séparément ia ofarysalide et Tenveloppe soyeuse nous a dimo paru ratHMmel et capable deconcotarlr utilemew à la solution du problème. Nous ayons dû k mettre ett' usage pour nous rendre compte de nos essais et de la vateur de nos races^ DéàiiUôna d'abord nos résultais ^ nous en timraos ensuite les conséquences pratiques.

Gluicun des résultats ci-dessous a été obtemi en pe^** sant vingt cçcons , et prenant séparéfflont le poids des chrysalides et eelui des coques^

Race blanche de Tours, élevée en pflein air.-— Co-

iMir^ éié> for^prdJMdkiiU>U} 8iirU)|Ut en rai$^ du inaUvaiA Imn^ tju^il a fait; une partie même a été légèrement moisle par suite d^une n^gligenco; de x^us^il en a été distrait beaTuconp, tantôt comme ëofasntilVms povr tes nombreqx Timteor» de 1» m«gsSMii#-med^^ tantôt pour l'exposition de Poitiers , et enfin povr une lon|^ue série d'expériences sut la filature. La graine en a absorbé 7 kilogrammes. Où ooudoit t(me toutes tes souttrAOlÂtffls dut fini- par alUber setteible-' mept le faible prpduit de &4^ kilogi:ammes fjue mous ^yous obt^p.

Cependant voici le résultat de la récolte de madame Millet, qui a eu moins à souffrir que la nôtre .'

iâsmç de.Sauye^ i36 livrçs de cocons; soie, ^liiiesLXQjinccA.M.n;cû&' *— 7 p. 100, ou 1 livre pour i4.

Siita, S7 livres ; soie, 7 livres 8 onces. ^ g t>4 100, ou i liirrc pour m/a.

Race blancbe élevée en plein air, 8 Uvres de cocons; soie, f o onces 4gros. — 8 1/3 p. 100 ou I livre pour 12.

liC péids employé a ét^ la livre de 5oo grammes.

( »5) c«ti9 entiers, 3i^t6 ginmiiiea *, enveloppes soyMMs , J,4o gr. j 8oie^ 10,9 p. 100.

Sîaa, racie de la magnanerie de Nemlly, fclotiou da 27 mai. -^ Cotùn»^ 37,00 gr^ *, eiiTeloppes soyetiees, 4>iSgr. 5 soie, tr>2p. too^

Race Mandie de Tours. ^^ Cocons , 4^,oi grv^ en- Yeloppes, 5,t3 gr.5 êoîe, rr,4 P» too.

Sina d^Annonay. •*- Cocons, ^i^^o gr.*, enveloppes , 5,00 gr.^ soie, 12,1 p. 100.

Sina nourris avec addition de farine de rtz. — Cocon*, 38,o5gr.; enreleppes, ^,')5 gr. ; sole, ti,i pi roo.

Sina, vêt* à peau noire. — Cocons, 39,70 gr.^ en* Teloppes^ 5,^'gt». ^ soie, ï^, 6 p. 100.

Race à trois tnues. — Cocons, 33,6o gr.j envelop^ pes, 4j3o gr. ; soie, 12,7 p. too*

Sina, ëclosion du: *Jk8 mai. *— Cocons, 40,00 gr.; enveloppes, 5,t5gr. 5 loie, 12,8 p. 100.

Sina nourrie avee addilioii 4e pondre de feuilles de mûrier. — Cocons , 37,00 gt. ; enveloppes, 4>8o gr. ; soie, 154,9 p. ifoo.

Jaunes ac<^idenfels dd sittft d*^Ànnonay. --t- Cocons, 4o,86 gr. ; enveloppèlë, 5(,4o g^ ^ âoîe, î3,l p. loO. '

Raée blauébe dé^ Toutis, nourrie en paltîe avec là feuille de mûrier noir. — Cocons^' 44?^^ è^*5 eûvd<ypp^, 5,95^*^.5 éi^V 13,4 ï^. i^<*- '

lUee hlttîMht de Tèut'é , nourrie aVee le mûtiét de Vit*ginie. ^^-^Cobdné, ti,±& gfr. ; eufeléjUpèi, 4,5îi gi^. ^ soie, i3,ë p. rôo,' - :

Râce^fOTSSe^de^SâUVe."— Cocons; 59,80 gr.; enveloppes f 8,95 gr, y soie ,1 439 p« 100.

Race jaune de Turin. — Cocons, 38,6o; enveloppes , 7,65; soie, 19,8 p. 100.

En étudiani ce tableau et en négligeant les faibles différences qui distinguent à peine plusieurs espèces de cocons, on remarque cependant les faits suivants :

i"" La proportion de Tenveloppe soyeuse varie beaucoup dans les cocons, puisque, dans les uns, elle est de 10 pour 100, et, dans d'autres , de près de 20 pour 100 sur le poids brut des cocons.

2* Les cocons sina des diverses espèces expérimentées diffèrent trop peu pour qu'il soit permis de tirer des conséquences de ces différences , si ce n'est que les diverses circonstances dans lesquelles ils ont été formés ont eu peu d'influence^ur la proportion de la soie. .

3"" L'emploi ,de la farine de riz et de la poudre, de feuilles parait avoir été sans influence.

. 4'' ^ ^^^^ ^^^^ d'Annonay ne parait pas supérieure à celle de Neuilly , quant à la proportion de la soiç.

50 Les vers sina à peau noire ne paraissent pas différer des blancs , sous ce rapport.

6"* La race blanche de Tours fournit des cocons seiisi* blement plus riches en soie que lésina (i),

7'' Cette race , élevée en plein air, a évidemmçnt dégénéré, puisqu'elle ne donne plus que :i 0,9 pour too de soie, au lieu de li^^.

S"" Au contraire, les vers de cette race dont la nouiritgrp ordinaire a été; altérée ont gagné, en proportion de soie ;. mais on verra tout à Theura que c'est aux dépfsi^ du poids total des cocons , qui sont devenus plus petits*

(i) Cette race vient des CeVennes; mais elle difiUre beaucoup de la race blanche de Sauve , dont nous avons fait Tessai en iSBy.

go La race de Turin, à petits cocons jaunes^ présente évidemment une grande supériorité , puisqu'elle fournit près de âo pour loo d'enveloppe soyeuse.

Il nous parait résulter enfin de ce tableau que Ton peut tirer un grand parti de ce mode d'appréciation, soit pour s'éclairer sur les résultats de son éducation , soit pour déterminer les effets des eipériences que l'on aurait tentées , sauf à les corroborer par des essais de filature pour les appUcations industrielles.

Cependant, pour établir ses calculs sur tous les éléments fournis par rexpérimentation> il cohTient de ne pas négliger des données d'un autre ordre.

Dans le tableau précédent , nous avons rangé les di* verses espèces de cocons dans l'ordre de leur richesse en enveloppe soyeuse. Plaçons-les maintenant dans l'ordre donné par leurs poids comparés. On a pris pour base le kilogramme. Les chiffres que nous donnons expi^iment donc le nombre dé cocons nécessaires pour formtr ce poids.

Nombre de cocons au kilogramme.

N'ombre. Poids àt l(N> eoe.

Blancs de Toufs, nourris au mûrier de Virginie. 676

Bace jaune à trois mués 670

Blancs de Tours , ëleye's en plein air 64o

Sina d'Annonay 53s

Sina, nourris ayec addition de poudre de feuilles

(37 mai) 5«o 191

Sina , nodrris avec addition de farine de riz

(27 mai). 5ao 19a

Sipa , ëclosion du aS mai 5ao , 19a

Sina , ^closion du 37 mai 5io * 196

Sina , e'closion du 36 mai 5oo 900

Race de Turin ôoo 900

Jaunes accidentels du sina d'Annonay* 48o aoS

Blancs de Tours, nourris en partie au mûrier

noir 48o 208

Blancs de Tours ♦So «17

Boux de Sauve , ^ 34o a94

( i8) De ce ubieaa , il en résulte an second dans lequel nous a^'ons d^nné les poids relatifs de loo cocons de chaque espèce^ ces poids forment la deuxième colonne de chiffres.

Décès l$bleaux examines avec soin nous ponrrons tirer les conséquences suivantes :

Tons les changements apportes au régime ordinaire da ver lui ont été préjudiciables.

L'emploi des feaillee du mûrier de Virginie a faitdé-^ croître le poids des cocons de 33 pour loo.

L'éducation en pl«in air^ et, par conséquent , Tab* sence de toute chalenr artificielle ont réduit les cocons deSo pour loo.

L'emploi de la pondre de feuilles et de celte de ris » bien loin d^avoir amélioré les cocons, parût, aa coft-» traire, les avoir altérés (i).

Mainitenant , A nous rapprochons ce double taUeatt da premier qiie nons avons donné ci-dessus^ on sera frappé par deux résultats remarquables.

Le premier est que la proportion de soie ou d' enveloppa soyeuse semble augmenter à mesure que le cocon devient plus petit. Ce résultat mérite de fixer Tattention despraticiena, et donnera sans doute lieu à des rechefdies subséquente^.

Le second, c'est que les cocons de la race deTudtif qui sont beaucoup plus petits que ceux du sina, ont cependant le même poids, et, a poids et nombre é^aw.

(i) II. est bon de rappeler que les deux essais ont été fôitflf sur des châtsisparfaitementpareils qui ont donne i5 kîlôgr. 860 fffdfi cocon** L'expëvience a do«o été faite sur une échelle suffisante.

( ï9) dohnërlt près àt âo pour loo d*en'veloppe soyetue , tandis qné le siiia n'en fournit pas t3^ différence, 7 pour loo en faveuir de la race de Turin.

Il e8( juste de faire observer ()ué la race de Turin eti jaune, et que la soie qu'elle fournit a, par conséquent | moins dé valeur que la belfe soie sina ^ mais aussi les Êlateurs auront à examiner dans quelle proportion et au prix dé quels soins ils obtiendront de la soie sina pre^ mierhlâhc. Lés producteurs de soie jaune, délivres de beaucoup de soins imposée aux premiers, n^auront qu'une seule qualité dé soie.

Si nous comparons ensuite la race jaune de Turin avec celle de Sauve , nous voyons qu'à nombre égal la race de Turin donne 39,6 grammes par 100 cocons d'enveloppe sojeuse , et celle de Sauve 43, B grammes. Différence en faveur de la race de Sauve , 4>^ grammes par 100 cocons.

Mdks^ d'un autre c6té, on n'onblterà pas que les 100 eoootts de Turttt ne pèsent qiie aoo grammes, tandis que les 100 cocons de Sauve pèsent agf grammes, ce qui fait une différence de près de moitié en plus, différence énorme dans laquelle lé poids de l'enveloppe n'entre que pour 4,2 grammes, et la chrysalide pour i8g,8 gr.

Le» ^rt>ductettr&- de sofie JMitie auront donc à exami* B^ et à €ampa)?er sôus deux rapports ces deux espèces de cocoiis f afia de se décide^ po«H* ]& plus avalitai^use. Quaât à mms^ veici nbire opînioa.

lîes'iersf de là* race' dfe Turin son£ beaucoup lùoins vduminéux que cfeiix dé Sauvé, plus ferioiés, plus tigôureui^. Tlmôué a pai^u évident qu'ils consommaient

moins, bien que nous n'ayons pas établi de cbiffres à cet égard \ mais ce fait a frappé tous nos travailleurs.

Les vers de la race de Sauve sont énormes, mous, paresseux -, à peine sHIs peuvent monter sur les rameaux. Leur consommation est considérable.

Les cocons de Turin sont extrêmement fermes; ils sont très-petits, étranglés dans leur cenlre, d'un grain fin et d'un beau jaune , tous pareils quant à la forme et à la couleur. On n'en trouve pas un mou, satiné ou percé. Au dire des fileuses, ils présentent au plus haut degré les qualités des meilleurs cocons. Nous n'en avons pas encore eu assez pour les filer. Tout a été réservé pour graine.

Les cocons de Sauvé sont très-gros , mous , inégaux ; on en trouve beaucoup de faibles, de percés, de satinés. A la filature, ils n'ont donné qu'un résultat fort médiocre : i livre de soie pour i4 de cocons, ou 7/2 pour loo. Le sina , placé exactement dans les mêmes circons* tances, a donné i livre pour 1 1 , ou 9 pour 100. L*année prochaine, nous serons à même de comparer, saus ce rapport , le Turin et le sina.

Papillons.

Divers observateurs ont pris soin d'étudier jusque dans leurs moindres détails les diverses phases de l'existence du précieux insecte qui fournit la soie, et ils ont bien fait ; car pas une de leurs remarques n'est restée sans application pratique. C'est en les considérant sous ce point de vue que nous croyons devoir publier les fait! suivants $ ils confirmeront quelquefois des recherches antérieures, d'autres fois ils se trouveront en

conttadicliou avec elles. Dans le premier cas, iU épargneront la répétition des expériences; dans le second, ils feront sentir le besoin de les renouveler.

Nous avions mis à part , pour la récolle des œufs , 3 kilogrammes de cocons sina de premier choix, ou en nombre i5oo, pris sur un même châssis, dans lequel tous les âges et la montée avaient été bien simultanés (i).

Nous avions eu soin de séparer les mâles et les Femelles par le procédé décrit dans notre première note;

Voici maintenant te tableau des naissances pour les six premiers jours ^ nous verrons s'il y a quelques conséquences à en tirer.

MAIKS.

railKLLBS.

Page 1