A I. AI. CARRIER
nitrrctnir H ptopaf^attnx ïnt rttt^ttetrt^ îr^ la 00»-
Barîft, (e aa février i((4o.
Monsieur,
Les impor(9nt8 aervicea qu§ doit reodre à riDdusCrie de la soie l'organe spécial que vous avez créé pour elle sont aujourd'hui incontestables. Vous avez ouvert U discussion ^ toutes les opinions viennent se produire à une tribun^ i(idépendan(ç ^ fsl Fobserv^^eur en recueille I^S fruits.
Parmi les questions qui so^l devenues le sujçt d*un débat sérieux ^ aucune n'a été traitée par a,u^nt de praticiens que celle de la taille du marier* Elle méritait |)ien cette p;*éfé^ence, ça^ çUe ^t capitale et divise profondément les agronomes. Mais, si leur zèle ne se refroidie P4S , nous ac^f ons bientôt un système complet qui sera le résultat des efforts de tous. C'est pour contribuer, autant qu'il est en moi, à cette œuvre importante, que je viens apporter mon tribut avec la défiance et la réserve que m'impose mon peu d'expériencç.
En étudiant ce qui a été écrite spi.t depuis, longtemps, soitde nos jours, sur la taille du mûrier, on reconnaît
qu'il y a de bonne» choses à prendre dans les divers systèmes. Mais il iiti{Hittek Mé. faire $ur-l^*chanip une dis> tinction qu'on a souvent négligé;
La taille qui a pour objet Information des arbres jeanes^ ei> la laîMe.deiit le bvi est d'oèlenrr in arbres faits une recolle abondante y combinée avec leur consensation, sont deux choses absolument différentes et qu'il ne faudrait jamais confondre.
Quant à la première, j'avoue que je ne connais rien d'aussi sart'iftfafisani que'le système de M. Boyer. Il est ^out à fait conforme à la théorie, et diverses personnes qui ont vu ses arbres rapportent qu^ils çQntd«in$ Tétat le plus satisfaisant. Le livre de M. Boyer contient, en outre, sxxi lu plànratlôh et laï cuttut-e dû tttîfîer, des précepte]^ et dés dôhseils'd'utlë gfandte ^g;e6^'è , éipHttië^ en ^rè's-hon^ téirWéë f avetr iitiè graiide yièh^lltiiUs et «fie
W. Boyfer èondamnë' l'àtibren sysiémè, qiii conàlstait dans le ravalement annuel à deux ou trois yeol des sèfottsf de» i*S 2« et 3*^ àn^^s. Ceqtiè j^àïtâ des résulta té dcf delte faille, appliquée à1a fofnridtioTÎ de$ jeutiés artjte^ , rit'a tonrivafticb dé la juteuse Be's raisonnements dtt M, Boyer'. bâhs âon sysfème on riè ràVafe pas ieï5 brâtifcfiesj bn laisse, aiicoflirairé, un lïbrecbdi'sàla sévie, en se è'otilt^iliaht dé la déVîer, ce qù*on obtient faôilenleni par la féserV'é d'an bon faitieaû sur chacune des bfanchcfs itiêfè^. C'est à la tt^ôîsîème ôii quatrième anii^ë àéiilëtrieni ^ùe M.'Bôyef bîfurqiie ses btaiiôhes. A partir de cette époque , if les traite de manière â' garnir convenablement le centfe et la circonférence de l'arbre. Ici Viennent se placer, âVcc une parfaile convenance, les
judicîeo^ <hhmmU de M. Jaub^rtile Pama^ page 87 de sa notice (Propag., i5* cahier, iSîg).
M. AuWrt peut montrer auj^urd'lbua beaucoup de mûriQr9 dana leaquelA il eat facite de trouver des. exemple»' eu fai^uf au ayalème de M. Boyor , bteii:qué cea arbres aient été originairement traités suivant d'autres priivcipes. Cela vienC de ce que la pratique çt Télude amènent bien Stouvent au même but des hQinn&es qui ont suivi des routes différentes. Ainsi on peut voir k Ncuilly quantité de mûriers sur lesquels on a laissé intacts les scions faibles et ravalé les forts. Une seule année a suffi pour rétablir Téquilibre. Pourquoi ne pas faire ta même cbpse sur toutes les branches, en proportionnant leur nombre à la force de Tarbre? Cesl ce qu'a fait M. Boyerl Sans doute il n'est pas le seul qui ait eu cette idée, et j'en pourrais trouver la preuve dans le Propagateur lui-même j mais je crois que lui seul en a fait un système complet et bien ordonné.
Voilà pour la formation des jeunes arbres. Passons ù la (aillé périddiquè des arbres faits.
Ici se présente une grave difficulté que tous les auteurs n'ont pas prévue. Les mûriers existent déjà en {^rand nombre dans plus de cinquante départements, et dans des latitudes fo.rt différeniasv. Ayez do^e soin de bien préciser si vos conseils pdUvenC être suivis partout, ou s'ils ne doivent recevoir d'appUbation que dans certaines localités/ Il faut se bien pénétrer de cette idée, que l'industrie des soies est d^MKOmais nationale^ c'est-àdire /7055i6fe dans toutes les parties de notre beau pays. En négligeant ces considérations , on s'expose à des réfu-
( 6) talions inutiles ou qui portent à faux; l'espère que-cétt^ confusion ne «e présentera plus. • v
Mon but ne saurait être de pr^eiuericî tiji< sysiÀmb de taille applicable dans toutes les lôcaiftés sans exc^piioiis; cependant je crois qu'il pouiTa élre essaya dans le plas^ grand nombres )r- ' ï ; ? t
Économiser la main-d'œuvre, ménager les arbres ^obtenir d^abondantes recolles , telles sont lès conditions qu'il faul remplir. ' ' > •' -'■ ■■-
Pour satisfaire à la première, oq est tente d^éloigoer les tailles périodiques. On y M'ouve au^si l'avantage de ménager les arbres j mais alors il faut i;éçoller les mûriers plusieurs^ années de suite.
Prenons un exemple : Taille d'hiver ious les 3 ans. i'* année.. Taille et repos.
'a* — Récolle. ,
3* — aécolte.." .' .
4* — Taille et repos , etc.
Ici nous avons deux années |de r,écqltç.qui ^e suivent., Cest peut-être un inconvénient ; car la première a blessé et fatigué les arbres. ' • ^
Si nous taillons tous les quatre ï^ns , Voici le résuiîat r^^
1'^ >année./ Taille et repois. -= , -
:,: ,^« ;v ^-^•.: . Récolte, ••' - - •..•■'. .•^f 3* — : Bécqhe. ; . ; .
. . : ■ 4« . •..^ ;; Rëqolte. ■' ■ •"■=' 'j' • "î-- • •' ''■'■•'^ ■ -- 5* . .->. X ï»îli«'ci repos, €fc;'": Il < «i!
Oa bi«R
c*tt« aulM combinaiMtt
ann,ée>.
Taill^et,
repos.
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Recolle.
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Repos.
Récolte^
Taille et
repos ,
elc
Dans (^ premier cas j- rïobs avons trois récolieâ de stiite. La 'deuxième) doit ivre médiocre ei la troisièfiiô mauvaise. ■-•"■.':
Dans'le sécdtid ,: nous tie* récoltons que tous' les deux ans ^ lies mûriers se reposent la troisième année ; maisla: ^réi^bhe de la quàtriéinfè set^a^t-elle- bien bonne daa& uri arbre iqui se sera couvert de lambourdes et qtlî donnera bèëucQup de* fruîl? '^- • ' ' '
Tels sont lés^ ii!H20iivénie«it$jqi:^ présentéla'taiifé d^bU Véc praiiqùéé fous les trois cfû quatre aa|s;^ ii !^
La taille bisraîiriueUep<mrraétr&'excellente(8i elle est' exécutée ^véc prudêtice et réserv0<y mai» «lié- sera coûteuse et obifgeirà à un tfSêfolembni; «de: detix anb pour la*
recolle^- ••-• ::■•■■■ ^'»/-,- ■■.''■ :^-îvr] ?! . : \Uivù: , V l
La'tâttle annuelle peut se^ pratiquer ide div^ér^-ma^
niéfes» :''•'*'••': ' ■■''' •«'•: '"•' ' , . wi,: ;j J':,.; /{ .-,7};
-^i*" fFài1lè^h¥rafélle'd'^«é apt^s ta itécoUç.Je h\i rie*! à "^pprèiiât^ à*'^l ëgavd aux Ibotei^s du 'JRrôpdgateur^f ils savent mieux que moi qu'on cbercbe à; se «onstrairo. aux inconvénients de cette taille.
2** Taille aim|CKiile d'invér a^eïQ réqQU^ en automne. Cette Jdiéeiest de 'Si. iiugèpe:P«biia(dan,-de la Ginourgue (Lozère), qui a bien voulu meiH communiquer dans une lettre: 'Elle qffril^aic pèàihéfUè de grands a^ntages
(8) ^ si Ton démontrait UhaiiÂé499i^t}('*fi|ion$4'avitoi|iM. Il parait d'ailleurs raisonnable de suppposer que les mûriers ne souffriraient guère d^ùn dépouillement artificiel qui précéderait de peu Tépoque du dépouillement naturel. La sève qui monterait encore pourrait aoûter l'extrémité du jeune bois de rànnée. et le préserver de Tattcinte du froid.
3<^ L» taille «mPueUe sur.fçqille ç?t|^ IrQUfème. r^Q^e. Ë)ka«Aé préconisée p>rJM./Pv?i«î, p^r M. Aul^eft ; ?He est usitée dans TOrient ^ on en trouve des traces. ij^^fl^ a^ctiin» ckinQis.^ H Varri » ^n disai^^qu'Oi^ peui rçt^^er laïaîlledea jeunea mariera, de m^nièi?e k 4tÂU^r le^^js premièroafeUiiUeè» a. pour ainsii dire mi# le doigt d^^u^., Da{BS;ce systèmli 43^n WèxQ la feuille aveq )i^s .r^n»(çai:|x qu'il convient de retrancher, et qa la dQOm^iaux v^s apvès l'bv^oir'délacbéq. L'?arbvQ w^e^tc pw Qii#^r«fne|i|:flépouillé, et il a pliUède.tpiiipspo^r se v^pf^ç^fp :pvHfqfi^ Ift^iaâlle bommciiic&avefi la naîde^wed^.^^^s,;.. .: j. t
•iMaisvr sL^ttSj;Q(Zs^ irions aj?eosaii(liq0f ti!Qis a{^i<^.lions, dp la taillé, ailnuelie 5 ttQUs lei^r (r^^^^y^içs.,, d^na^ l'application en grand, de graves inconvénients. JRes^te à sa/Totrsi, eu cùmbinant r.une d-elles, Ij^.taMJiGSîftÇ. feuille avec la taille d'hiver , nous n'arriverons pas à un ro^l^r moirt qui remplifa .beajueoup d9 condiUwA e«^ç.i>,Ûell^s« Poaons.d'«))iQrti luie firemièce comi^inajs^i^ ; nfi^m -i'e^^v roinei^ns ensuite; , : ......
.'u 'u. )|t« attn^.. TaiHe d'imêp ei repos* . f Q* . = — . Rëeolte par là lâflle sur feiiitte*
'.r•'^y ^ 'i^>. jo^ij.. ■ Recollée.- • . = !»•.: *•^ -'. ''•.
•,;ri.î.7{«j. :^^, TatUcid'kiiireretrâpoa^^tc* - : .i-
Onvoit^ en premier lieu^^ue, sur Iroi» années, nous avons 4^uj£ récoliç,^. :..;..... .p
La première a lieu aprè« une année de repos. Ell^ enlèvq ^u mûrier> avec la feuille qui le cHarge^, lous les rameaux qu'il n'est pas nécessairç de réserver pour la récolte suivante. Immédis^tement après, Tarbre se répare ccjmplétemeni,
La secoqdç^ récolle se fait comme à Tordinaire^ mais sur vm arbre préparé deux, années de suite. Elle doit être magni&que. I^fi, ta^Uç d^hjver cit 1q repos lui succè-
Si donc on a divisé les mûriers en trois séries, oij. en réçpliçra tous tes.^s l^.çjeux tiep^ •. yç par l^ taille ,«ûr fe^iljjç,, l'ai^lçia .par U m'^tiiode de <|épquil)enieîit ordinaire. Le troisième tiers se reposera. Voilà un premier ayftntag€ia^r. le^ atiLtra^ asisolemejits.
jpfous.yojpns^epsuite que la taille d'Éii.vpi: ^ Vest-à-dire celle qui entraine une forte dépense, sans compen^^ian immédiate , ne revient que tous les quatre ans. Second ayantalge.
. Qmnl à la taille s«r feuille, c>st ii^e réqqltie^ Un'y a donc pas d.e {paln-d'œuvré spéciale à f^ettre à son compte.
Nous remarquons ensuite que les mûriers se reposeront complètement une année sur trois. Cela parait suffisant, surtout si Ton considère que, daiis Tannée de la taille sur feuille, les arbres subiront cette opération de si bonne heure, qu'ils pourront se rétablir complètement dans la même saison.
En effet, suivant le conseil donné par M. Pu vis, c'est pour nourrir les vers pendant les quatre premiers âges ,
( lo) que D0U8 enlèverons les feuilles avec les rameaux, et comme la consommation de ces quatre périodes n^exige que le tiers à peu près de la feuille , cette combinaison s'accordera merveilleusement avec la division en trois séries de tous les mûriers du domaine.
Enfin , dans cette combinaison , nous aurons la taille d'hiver tous les quatre ans, pour enlever le vieux bois^ réparer les arbres , corriger les vices de forme.
Nous aurons la taille de printemps^ qui sera une récolte moins abondante, sans doute, que celle qui précède la taille d'été \ mais nous éviterons les dangers de cette dernière.
Nous aurons un repos complet tous les quatre ans , et y chaque année^ les deux tiers du produit de tous les mûriers.
Il me semble quUl serait difficile de réunir plus d'avantages. Voici lé tableau de l'assolement des trois séries d'arbres :
1** àhhkb. a*" auxibb. 3' àhhbb. 4' knsiE,
i« série.
Taille d'hiver, Taille sur
Récolte.
Taille d'hiver,
repos. feuille.
Taille sur Récolte.
repos .
»• série.
Taille d'hiver,
Taillé sur
feuille.
repos .
feuille.
3« série.
Récolle . Taille d hiver,
Taille sur
Récolte .
repos.
feuiUe.
J'ai pensé qu^il pouvait élre utile de présenter une autre combinaison ; les praticiens zélés pourront lea essayer toutes deqx.
r^" année.» Taille d'hiver, repos.
»• — Récolte.
3* — Taille sur feuille.
4* — Récolle.
5« ; — Taille d'hiver, repos, etc.
Dans celte combinaison, la taille d'hiver ne revient que tous les cinq ans. On a trois récoltes successives , dont la seconde sur rameaux prépare la troisième, et, comme elle a lieu tout à fait au commencement de l'éducation^ on peut considérer cette année comme une année de repos.
Il est évident que cette taille ne pourrait pas convenir sur des mûriers dont le bois vieillirait vite, puisque l'on ne pourrait le renouveler que tous les cinq ans.
Dans cet assolement , il faudrait diviser les mliriers en quatre séries. On récolterait, chaque année, sur les trois quarts des arbres.
Telles sont, monsieur, les réflexions que j'ai cru devoir vous présenter sur la taille du mûrier. Un de nos plus savants professeurs d'agriculture , qui a visité le Midi et le Nord avec le plus grand soin, m'a assuré qu'il pouvait y avoir quelque utilité à les publier -, je me suis alors décidé à vous les transmettre.
Vous recevrez , dans quelque temps , le résultat des quatre éducations que nous avons faites dans le département de la Vienne en iSSg. Vous verrez^ monsieur, si nos observations méritent que vous en donniez un extrait à vos lecteurs.
J'auraiaussià vous demander, cette année, des échan* tillons d'un kilogramme des diverses espèces de cocons récoltées dans l'Aveyron. Deséchantillons semblablesme
parviendront de' cinquante dëparlementB eitué» dans toutes les parties du sol franiçais; i^ls formeront la base d^un grand travail qui fera ^àiHft à mon mémoire de Tannée dernière sur la [filature, mémoire dans lequel j'avais dû laisser beaucoup 'dfe quîestions indécises : j'espèrte eti tésoàÂ*è ^lm»ieurs, ôettè «rnnée, aMeù \e concotnrsI^icnveiHaTil: des ÎWtatoeé de pt^ogrès qm,èomme vous , monsieur, 'n*on t rlën lani â cœur que de feii*é concourir icurs'«ffoTts au bîeh gëtiéral. ' •
Recevez, monsieui', Va^sumnee deinai haute tonsi'dération.
ROBINET, . Membre dâ VAeadéfm» /tiaymie de : médecine 'de Ji^arîs ^ pfiofesseur du cows sitr tort d'élever lès vàrs à 9Qie.
Imprimerie de L. BOUCHARD-HLIZARD; rue de l'Éperon , 7.