MOT
100 partie*.
II résulte évidemment de ces tableaux que la feuille de multicaule est celle dont le parenchyme est le plus mince. Le mûrier à feuille rose et le sauvageon sont, au contraire, ceux qui produisent ies feuilles les plus épaisses.
On voit aussi qu'à surface égale , la feuille mince du multicaule pèse un tiers de moins que la feuille épaisse du sauvageon et du mûrier à feuille rose.
Peu <le personnes eussent été disposées probablement à croire que la feuille du sauvageon pût le disputer pour Fépaisseur à celle du mûrier rose.
Il . reète à déterminer maintenant si l'épaisseur de la feuille peut avoir une influence sur l'alimentation du vèr : cette discussion viendra plus tarcl.
Nervures.
Après avoir déterminé Fépaisseur de la feuille, il m'a paru intéressant d'étudier dans quelle proportion s'y trouvaient les nervures, dont les plus grosses sont, comme ou sait, négligées par le ver à soie.
LT
(7) Pour y pai venir, j'ai pris %ingt feuilles comparables sur chaque variété de mûrier; puis, avec un canif 9 j'ai eolevé rapidement les nervures prin-* cipales : cette opération est facile. J« me suis hâté de les peser; le poids des feuilles entières était connu*
âqpiq^ à» aèriin.
Multicaule. Feuille ro&e.
Moretti.
' Poid* 20£eS^.
Poids de*
47,OQ
3î,oo
3,io
8,io
ProportioK
par.
leOparliM.
Ce résultat me parait assez curieux. Il prouve que^ le sauvageon , dont la feuille est assez épaisse pour le disputer, sous ce rapport, au mûrier greffé, est aussi celui qui contient la moindre proportipi\ de nervures. Le multics^ole vient ensuite^ et Ton voit que, s'il office l'inconvénient d'un parenchyme mince, il a en compensation l'avantage de donner peu de déchet à la consommation p^r les vers, puisque les n^ervures sont peu nombreuses.
Nous verrons plus loiiî quel rôle jouent les ner« vures sous un autre rapport.
Après ces essais, il était tout naturel de rechercher quelle influence pourraient avoir l'épaisseur du parenchyme et la présence des nervures sur la consommation de la feuille par les vers dans un temps donné; il est facile de démontrer l'intérêt de cette discussion : en effet, tous les magnaniers savent que le ver ne mange qu'avec répugnance
la feuille fanée ou ^jà foulée par ses pattes. Si dojac les rers deyaient employer un temps trèslong pour consommer on repas de feuilles, il e»t . évident qu'oBe bonne partie pourrait se faner avant d'avoir été attaquée, et se trouverait perdue; ce serait un dommage pour le magnanier, et au-* tant de moins pour Falimentation du ver, qui devrait attendre, dans l'inaction, la distribution d'un nouveau repas.
Quelqu'un a-t-il vu des vers cesser de manger tant qu'ils ont de la feuille bien fraîche? Non^ par conséquent, il serait très-intéressant de l'entretenir constamment dans cet état, ou d'éviter qu'elle eût le temps de se faner avant sa consommation.
En conséquence , j'ai cherché à m'assurer si des surfaces égales de feuilles de différentes espèces seraient consommées , dans le même temps , par un nombre égal de vers bien pareils.
Consommations comparées.
Sur six belles feuilles de mûrier, j'enlève des carrés en nombre égal et pareils.
Sur ces six carrés , je place six vers au cinquième âge , auàsî égaux que possible; j'en fais autant pour les quatre variétés de mûriers que j'ai à ma disposition. /
Le multicaule est attaqué immédiatement, le rose ensuite, puis le sauvageon; un accident m'oblige à supprimer le moretti.
Après une demi-heure , le sauyageon est aban-
(9) donné; les vers continuent h dévorer le muUicaiiIe; le rose n'a plus qu'un consomniateur.
J'enlève tous les vers, et je pèse la feuille qui reste. Voici le résultat :
Poids primitif
Perte
Espèces defenines.,
des 6 carrés
Poids après
Poids
èptourie
de fcttiUes.
le^epas.
consomma.
par 100.
cenliènes.
Multicaule.
Sauvageon.
Feuille rose.
Il résulterait (Je cette expérience que les quantités réelles et relatives de feuille consommée ont été en raison inverse de l'épaisseur de la feuille, de telle sorte que celle du multicaule ^ qui est la plus mince, est celle qui a été consommée en plus grande quantité. Ou pourrait aussi en conclure que les nervures n'ont pas été sans influence sur ce résultat; cependant je ne présenterais pas ces conséquences, même comme probables, si je n'avais , pour les appuyer, l'expérience que je vais décrire. .
Sur une claie dont les vers étaient parfaitement égaux, j'en ai pris quatre cents que j'ai divisés en quatre séries de cent vers chacune : elles ont été placées sur le même canevas, mais à des distances suffisantes pour ne pas se confondre. Chaque série a reçu dix repas de la même feuille; chacun d'eux se composait de 68 grammes : ce poids résultait de ce qu'on pesait la feuille dans un sac dont la tare était de Sa grammes; on complétait, chaque fois, le poids de 100 grammes. *
Les feuilles étaient cueiïîies sur des arbres du même âge et plantés dans le même sol.
Après le dixième repas^ on a enlevé les vers et pesé la litière, tout compris, débris de feuilles et crottes. Voici le résultat :
ApèMt de firaillefl.
Poiib d^lOrapat.
Poid»
daUliliiK.
Perte iMle
onpoidf deUfemUe
Perte o«
Multicaule.
Moretti.
l^eaille rose.
Cette expérience confirme la première de la manière la plus évidente , car les feuilles se représentent dans le même ordre. Le multicaule se trouve enccMrè celui qui a été consommé en plus forte proportion; le mûrier à feuille rose a fourni la plus grande masse de litière ou résidu.
Ce nouveau résultat est d'autant plus probant, qu'ici ce ne sont pas des surfaces égales , mais bien des poids égaux de feuilles qui ont été donnés; or le multicaule étant le plus mince et le rose le plus épais , la disproportion se trouve encore plus considérable qu'elle ne paraît dans le tableau.
Pour ne laisser aucun doute sur ce fait intéressant, j'ai fait dessécher complètement les quatre litières^ et je les ai pesées de nouveau. Voici ce qui en est résulté :
JEspices a« m&rlen.
Multicaule:
Mor€tti.
Sauvageon.
Feuille rose.
P»ids
PoUb
deUfenilk
des 10 repu.
ttùâm Mc.
grunoi.
RétidnMc.
p<Mf ttO MrtiM
dafenilla.
On voit que oe nouveau résultat ue dérange en rien le premier et le confirme au contraire.
Je crois donc pouvoir en conclure
t^ Que la consommation de la feuille par les vers, dans un temps donné, est d'autant plus considérable que la feuille est plus mince;
2<» Que l'existence d'une grande quantité de nervures est aussi un obstacle à la consommation rapide de la feuille.
Quelle est la feuûle qui se fane le jlm promptement?
En faisant les essais que je viens de décrire, j'avais remarqué que certaines feuilles se fanaient beaucoup plus vite que d'autres. Cette condition devait avpir, sans aucun doute, une cert^juoe influence si>r la <aonsomraalian plus ou moins par^ faite de la feuille; ppur acquérir quelques -données à cet égard, j'ai fait les expériences suivantes :
J'ai pensé qu'il «on veoidt de comparer d'abord la leuille coopée avec la feuille entière. Voici les résultats, de l'expérience Êdte à ce sujet : la feuille coupée l'avait été au moyen du coupe-feuille de M. Charrut^ de Grenoble. Cette feuille et les feuilles
. ( vO
entières ont été placées dans la chambre d'incubation à 25 degrés centigrades.
Feuilles entières.
Feuilles coupées.
A 4 heures 1(2.
A5henretl|9.
A7heiiresli2.
Lelendem.k h. du matiB.
Perte en plus éprouvée par les feuilles coupées.
Ce résultat^ qui n'était pas douteux, démontre combien il importe de renouveler la feuille quand on la coupe pour la donner aux jeunes vers.
Je me suis ensuite occupé de déterminer si toutes les espèces de feuilles dont je pouvais disposer éprouveraient des pertes égales dans le ménie espace de temps, ou,^en d'autres termes, si elles faneraient plus ou moins vite. Voici les expériences que j'ai faites à ce sujet : elles portent sur des feuilles entières exposées dans le inême lieu.
£spice« de fciùUef .
Feuille rose.
Multicaule.
Sauvageon.
Moretti.
Poids
de la fenille
fraîche.
Poidf
Perte
3 heures après.
par 100 parties.
Quelques jours après, je répète cette expérience, mais sur des feuilles .dont j'avais enlevé les nervures; par conséquent, sur du parenchyme.
Ëspiceide feuinda.
Poids
de la leoOle
fraîche.
Poids 2 heures après.
Feuille rose.
Moretti.
Multicaule.
gramia.
i3,5o i3,oo
Perte
par tOO parties
de feuille.
il résulte du premier tableau que k mûrier à feuille rose est celui dont les feuilles se fanent le moins vite, et que le moretti, au contraire, se flétrit très-rapidement. Tavais déjà fait cette observation plusieurs fois dans le cours de mes recherches, mais sans lui donner le degré de précision d'une expérience directe.- La feuille du mûrier moretti, au moins de ceux que j'ai cueillis, ne souffre aucune conservation; elle se ramollit et se flétrit en très-peu d'instants : il résulte cependant, des essais qui ont eu pour but de déterminer l'épaisseur des feuilles, que celle-ci n'est pas la plus mince de toutes les variétés. Ce n'est donc pas à cette condition seule qu'il faudrait attribuer le défaut signalé; et, en effet ^ j'ai remarqué aussi très-souvent que la feuille du multicaule, qui est la moins épaisse de toutes, ne, se fane pas, à beaucoup près , aussi vite que le moretti y et souvent même se conserve mieux que la fepille du sauvageon; il feut chercher dans d'autres conditions la cause de cet effet. Je'crois que la nature de l'épiderme et surtout la force de végétation sont pour beaucoup dans ce phénomène. Les mûriers moretti sur lesquels j'ai recueilli mes feuilles, bien
(i4) que plantés dans le même carré que les autres mûriers expérimentés, les ont dépassés en végétation d'uçe manière vraiment surprenante : ce sont des basses tiges qui, le i5 mai iSSg, ont été atteintes de la manière la plus cruelle pw la g«lée blanche qui a fait tant de mal ce jour-là; elles avaient alors quelques décimètres de haut. Eh bien 9 en ce moment, :sio octobre 1840, leurs tiges multipliées ont 3, 4 et même 5 mètres de hauteur, bien qu'elles aient été entièrement dépouillées au mois de juin ! C'est l'exemple de végétation vigou* reuse le plus étonnant que j'aie encore eu sous les yeux.
Or je pense que les* feuilles de ces arbres oiit présenté^ bien que détachées de leurs rameaux, le même phénomène qu'on observe dans les feuilles qu'on enlève avec les rameaux eux-mêmes et qui se flétrissent très-promptement. Leur végétation a continué et leur a causé des pertes si rapides et si grandes qu'elles se sont fanées en peu d'instants.
Quant au fait de la prompte flétrissure des feuilles inéme attachées aux nsimeaux, j'ai eu occasion de le constater de la manière là plu$ formelle^ en taillant sur feuilles %Z6 basses tiges magnifiques de mûrier à feuille tx)se. Un seul homme était occupé à couper et transporter les branches. Cinq à SIX ouvriers détachaient les feuilles el; ne parvenaient pas à lefeire assez vite pour les empêcher de se flétrir. J'ai aussi taillé sur feuille quelques moretti : les feuilles se flétrissaient avec une telle
rapidité qu'elles n'étaient plus propres à Valimentation des vers h soie.
Le second tableau que j'ai présenté ci<»dessu8 n'est pas tout à fait d'accord avec le premier; mais il 6iut se rappeler que les feuilles mises en expé* rience avaient été séparées de leurs nervures; ce n'était plus que du parenchyme lacéré par le canif : cette circonstance a dû modifier les résultats. Cependant il y a encore d'utiles rapprochements à faire entre les deux essais; j'ai cru devoir n^en négliger aucun.
Par exemple^ on peiit remarquer qu'il y avait un poids égal de multicaule et de moretti; or, comme la feuille du premier est beaucoup plus mince que celle du second, il y en avait une surface beaucoup plus considérable; malgré ce désa* vantage , la perte a été à peu près égale.^ On voit donc que le résultat du premier tableau se trouve, en ce points confirmé d'une manière formelle par les résultats du second, dotit la contradiction n'est qu^appai^ente.
La question que j'avais il traiter dans ce para-grsfhe était celle-ci : quelle est là feuille qui se fane le plus promptement? La réponse n'est pas douteuse pour moi : c'est la feuille du moretti. j^prèseUe vient le smivageon, puis le multicaule; enfin le mûrier à fiiuiHes roses est celui qui résiste le mieux à k^ conservation.
De la quantité dteau contenue dans les feuilles:
Plusieurs auteurs ont pensé que la feuille du mûrier devait être d'autant meilleure, d'autant plus nutritive, qu'elle contiendrait^ à poids égal, «.une plus grande quantité de matière solide et moins d'eau de végétation ; en conséquence , ils opt fait sécher comparativement des quantités égales de feuilles de différentes espèces. Moi-même j'avais, déjà pratiqué ce genre d'essais en 1857 et i838;j'ai tâché d'en tirer tout le parti possible dans mes recherches de cette année. Je vais rapporter, par ordre de date, toutes les expériences &ites^ nous verrons ensuite quelles conséquences il sera possible d'en tirer.
Feuilles entières. — 1" expérience, le ^ juin 1840.
EtpicMdefraillM.
Feuille rose.
Idem* Multicaule.
Idem.
Moretti.
Idem.
Poids
Poiaa
Perte^n «an
de la feuiUe
de la feuille
par
fraîche.
sèche.
100 parties.
gra««.
5oo
5oo '
5oo
in2
5oo*
5oo
5oo
ALatiire solide 1
par I Moyenne.
iOO parties. 1
p2,5o }34,5o |34,oo
Il est bien entendu que, chaque fois, les feuilles ont été cueillies sur des arbres du même âge, plantés dans le même terrain; la récolte a été faite simultanément sur les quatre variétés. Les quatre portions de feuilles ont été placées dans la magnanerie sur le même châssis et pesées sèches au même
( *7 ) inâtant. li» plus ^fmè& exâctittïdè à |itr&\dé à temtes <3es opératiops queJ'uJ lduteft.i»iteftMoioimêioie*
' Femlks eféùères. — 4* èxpérieàéê , U 1 3 jiii>i mH^
B«pioifeâ«fea9lM.
Feuille rose.
Sauvageon.
Moretti.
de la-lenille fr^lcka.
inmia.
lOOO
pAéM
de 4» frvUle
■TlO
|Mtrtiçf»
66,oo 63,20
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Feuilles enûèresm'^P ejfip^enc^^ hnJ^jidn suifoni^
£ipic# àtknSBe$.
I^oidi
delafenHe
ibaicfae.
Multica^.
Feuille fo^.
More^tli Sauvageon.
(po6
ooo
t'ooo
îooo
Poidt
ètUtémOê
«iche.
Perte «B MB 100 partie*.
ICeticMfoUde
pw 100 partie*.
Inexpérience suivante a été faite dans uii aut^^ système; jusqu*Jci j'aVaîs employé de |a,^^(ç,uiliç| récoltée sur quelques rameaux : cçtj^e dépouillé des arbres entiers. Ppup le i;i^ûri^r $aii^ vagèon d^ancienne plantation, j'ai pris Hout^s le*, feuilles d'une branche, afin d^avoir une repré$ei;ir* tation exacte de l'arbre luianéme : cet arbre a environ qiynze ans; il n'avait jamais été taillé^ les autres n'en avaient que cinq.
fraîche.
Multicaule.
SauyageQii ancien, Moretii'. V" Sau vai^én jeune .
gramm.
lOOO
«èla^f'eoillë ■icfae.
100 parties.
par- 100 partira.
Pôui* rendre sensibles j maintenant les résultat?» de ce travail, je doi^lesj présenter dans un autre ordre qui les rés<im€^a. I - ■
, .. Proportions de damutHre solide* *
i.Ikl!uiticatileJ ....
a. Feuille rose, grçfié.