XXIV NOTICE
» d'un miracle du bienheureux diacre, il fut martyr du » despotisme exileur , comme son fils Ta été du despo- » tisme rayeur. Il perdit en conséquence sa place à » l'Université de Paris; se fixa à Reims, s'y maria; » ainsi je suis né sous les auspices d'une lettre-de- » cachet. »
Ce triste augure ne se démentit pas. Une partie de sa jeunesse s'écoula dans l'obscurité ; plus tard sa célébrité lui coûta le repos. Il eut des ennemis ; il devint la victime d'un pouvoir injuste. Le Palais a retenti de ses clameurs ; ses plaintes attristent presque toutes les pages de ses derniers écrits. L'impartialité cependant veut qu'on examine jusqu'à quel point il pouvait accuser le sort et les hommes. Celui qui se plaint de leur injustice, oublie quelquefois ses propres torts; et tel maudit la fortune, qui souvent a fait seul ses deslins.
Peu de carrières ont été plus agitées que la vie de Simon-Nicolas-Henri Linguet, qui naquît à Reims , le i4 juillet 1736, cinquante-trois ans , jour pour jour, avant la prise de la Bastille,. Ses études semblaient le destiner aux lettres ; mais l'inconstance de ses goûts l'égara d'abord sur d'autres routes. Au sortir du collège, il fut secrétaire d'un grand seigneur ; puis aide-de-camp d'un général. Quittant la plume pour l'épée, et vivant à la fois et du théâtre et de l'église , il fit des parodies pour l'Opcra-Comi que , et des pamphlets en faveur des des jésuites (1). Tour à tour poète, historien , avocat, journaliste, il changea de pays comme de profession; tantôt pauvre, tantôt opulent, toujours mécontent de son sort , il parcourut la Pologn« et la Hollande, il courut chercher la fortune en Espagne, des faveurs à Vienne, un asile en Angleterre. Ses talens et ses succès lui valurent