‹ Memoires sur la Bastille (volume 2)Chapitre 24 sur 69 · SUR LA VIE DE LIN GUET. XXXIX · texte numérisé non relu

SUR LA VIE DE LIN GUET. XXXIX

11 nous ne serions bientôt pins que les ministres du mensonge; sans la » liberté , les mains à qui l'indépendance qui nous caracte'rise assure le » droit de protéger l'innocence opprime'e, n'auraient plus d'autres pri- » viléges que de devenir les instrumens de son oppression. » ( Plaidoyer de Linguet dans le procès de madame la duchesse d'Olonne contre le comte Ourouk. )

(7) Lors de la radiation de Linguet , le bâtonnier des avocats mit au nombre des griefs dont l'ordre avait à se plaindre , qu'il déclamait contre le droit romain. Linguet répondit qu'il n'avait jamais eu un attachement bien vift ni une passion bien tendre pour les Pandcctes au pour le Code et les Novelles; qu'il était avocat de Paris et non de Rome ou de Constantinople ; et que sa répugnance pour cette volumineuse collection venait surtout de ce que Von y trouvait , dans toutes les questions , des armes pour et contre. Sans examiner la solidité de la réplique , nous devons remarquer du moins la singularité du reproche; Il eût été trop heureux pour Linguet qu'on fût dans l'impossibilité de lui en adresser de plus graves , et qu'on ne l'accusât point surtout d'avoir violé dans la défense des parties les règles de la modération , de la décence et de l'honnêteté : ce sont les expressions du bâtonnier de l'ordre. '

(8) J'ai lu les deux numéros des Annales dont se plaignit M. le duc de Duras :1a vérité oblige à dire que jusque-là les torts de Linguet n'étaient point graves. 11 s'en serait donné de bien plus condamnables depuis , s'il était possible qu'écrivant à un maréchal de France , il se fût permis d'inconcevables plaisanteries sur sa dignité. Linguet, au reste, n'attribua point toujours sa détention au seul ressentiment de M. le maréchal de Duras; il en accusa plus tard M. le duc d'Aiguillon , l'Académie, le barreau, cherchant ainsi dans ses persécutions de nouveaux prétextes à ses inimitiés.

(9) Linguet, rentré en France après la révolution de Brabant, publia contre Joseph II des écrits dans l'un desquels on trouve ces lignes, qui peignent a la fois l'ingratitude de son cœur et l'égarement de son esprit : « Je l'ai abhorré , dit-il en parlant de ce prince , avec autant de » candeur que je l'avais chéri : sans me livrer comme l'Orgon de la co- » médie à une aversion générale pour tous les individus que l'infortune j) des peuples investit d'une couronne j sans vouer à ces malheureux » qu'on appelle rois une haine aveugle et indistincte, j'ai conçu pour la

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