ÉCLAIRCISSEMENTS HISTORIQUES
mon mari , vous demander sa grâce , je viens seulement yous rappeler que vous me l'avez promise. » L'homme était devenu ministre , le ministre redevint homme. Comment résister aux larmes d'une helle infortunée ? M. de Sartines se fit prier pendant quelque temps , parce qu'il y trouvait du plaisir ; et après six mois de détention , le sieur de Mont.... sortit de la Bastille.
» H se rendit à Bordeaux ; à son arrivée dans cette ville , les armateurs lui offrirent le commandement d'un corsaire prêt à partir. Il l'accepta avec reconnaissance; il rentra peu de temps après avec une prise qui lui valut pour sa part 28,000 francs , et fut tué dans la seconde expédition. » [Bastille dévoilée ; 5e livraison, page a4.)
Note (jr),page lJi.
Les paroles rapportées par Linguet sont exactes, mais les faits sont tout différens. La passion de Henri IV pour mademoiselle de Montmorency, qu'il avait donnée en mariage à son neveu le prince de Condé, devenait de jour en jour plus vive et moins secrète. Le prince, dans une entrevue avec Sully, lui avait avoué qu'il projetait de quitter la France. Sully en prévint le roi qui n'en voulut rien croire. Après la fuite du prince qui , pour ainsi dire , enleva sa femme en partant , le roi , à onze heures du soir , envoya chercher Sully à l'Arsenal.
« J'arrive , dit-il , au Louvre ou je trouve le roi dans la chambre de la reine, se promenant la tête baissée et les mains jointes sur le dos. Avec la reine étaient présens MM. de Sillery, de Villeroy, de Gèvres , de la Force , la Varenne , et quelques autres collés contre les murs , et assez écartés les uns des autres pour ne pouvoir même se parler bas. « Eh bien', me dit Henri en me prenant par » la main sitôt qu'il me vit entrer , notre neveu s'en est allé et a » tout emmené. Qu'en dites-vous? Sire , répondis-je , que cela ne » me surprend pas , et que , depuis qu'il parla à moi à l'Arsenal , » je me suis toujours attendu à cette escapade , que vous auriez » bien empêchée si vous eussiez voulu m'en croire. »
Yoilà certainement les paroles dont la note de Linguet fait mention; mais par ces paroles , Sully, comme on voit , ne dit point à Henri IV : Il y a trois mois /aurais fait mettre votre homme
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à la Bastille , où je vous en aurais bien répondu. Le seul mot de Bastille de plus ou de moins dans une phrase en change considérablement le sens et le ton. Linguet , qui avait lu ce passage dans les Mémoires de Sully arrangés par de l'Écluse , aurait dû lire et retenir de même tout ce qui , dans ces Mémoires , est relatif au même sujet. Il aurait vu que Sully mon ti c une peine infinie de l'amour du roi pour la princesse de Condé ; et que prévoyant les suites de ce mariage , les fureurs d'un époux et le ressentiment d'une famille outragée , il employa tous les moyens de faire changer Henri IV de résolution. <c Je suppliai, je remontrai, je me » jetai aux pieds de Henri ; je ne l'importunai pas seulement , je » le fatiguai , je le persécutai : le fatal mariage ne s'en fit pas » moins. »
Ce n'est point là le langage d'un flatteur, prompt à caresser les inclinations du prince dont il est le ministre . L'ami de Henri IV fut toujours le censeur sévère , et jamais le confident de ses désordres. S'il avait été d'avis de retenir en France le prince de Condé , c'est vraisemblablement , d'après les Mémoires , qu'il examinait en homme d'Etat les conséquences de sa faute , et qu'il sentait de quelle importance il était que le premier prince du sang n'allât point chercher un asile à l'étranger.
Voyez , au reste , sur ce sujet, les Mémoires de Sully, revus par TÉcluse ; ou mieux encore les Mémoires originaux , tome VHI , pages 5i , 1 3o et 1 35 , tels que les a donnés M. Petitot , dans la Collection qu'il publie des Mémoires relatifs à l'histoire de France.
Chaque fois que nous en aurons l'occasion , nous indiquerons de préférence cet important recueil.
Note (z) , page 171.
Voltaire , dans le Siècle de Louis XIV , donne des détails sur Exili et sur la Brinvilliers. Il parle aussi des principaux personnages qui se trouvèrent compromis dans Yaffaire du poison. Nous pensons qu'on nous saura gré de citer ce passage.
«c Deux Italiens , dont l'un s'appelait Exili , travaillèrent longtemps avec un apothicaire allemand , nommé Glaser , à chercher ce qu'on appelle la pierre philosophale. Les deux Italiens y perdirent le peu qu'ils avaient , et voulurent , par le crime, réparer U
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tort de leur folie. Ils vendirent secrètement des poisons. La confession, le plus grand frein de la méchanceté humaine , mais dont on abuse en croyant pouvoir faire des crimes qu'on croit expier; la confession , dis-jc, lit connaître au grand pénitencier de Paris que quelques personnes de Paris étaient mortes empoisonnées. Il en donna avis au gouvernement. Les deux Italiens soupçonnés furent mis à la Bastille ; l'un des deux y mourut. Exili y resta sans être convaincu ; et , du fond de sa prison , il répandit dans Paris ces funestes secrets qui coûtèrent la vie au lieutenant civil d'Aubray et à sa famille , et qui firent enfin ériger la chambre des poisons , qu'on nomme la chambre ardente.
» L'amour fut la première source de ces horribles aventures. Le marquis de Brinvilliers , gendre du lieutenant civil Aubray , logea chez lui Sainte-Croix , capitaine de son régiment , d'une trop belle figure. Sa femme lui en fit craindre les conséquences. Le mari s'obstina à faire demeurer ce jeune homme avec sa femme , jeune ? belle et sensible. Ce qui devait arriver , arriva : ils s'aimèrent. Lé lieutenant civil , père de la marquise, fut assez sévère et assez imprudent pour solliciter une lettre-de-cachet, et pour faire envoyer à Irf Bastille le capitaine , qu'il ne fallait envoyer qu'à son régiment .Sain te- Croix fut mis malheureusement dans la chambre où était Exili. Cet Italien lui apprit à se venger : on en sait les suites qui font frémir. La marquise n'attenta point à la vie de son mari , qui avait eu de l'indulgence pour un amour dont lui-même était la cause; mais la fureur de la vengeance la porta à empoisonner son père, ses deux frères et sa sœur. Au milieu de tantde crimes , elle avait de la religion ; elle allait souvent à confesse; et même , lorsqu'on l'arrêta dans Liège, on trouva une confession générale écrite de sa main, qui servit, non pas de preuve contre elle , mais de présomption. Il est faux qu'elle eut essayé ses poisons dans les hôpitaux , comme le disait le peuple , et comme il est écrit dans les Causes célèbres , ouvrage d'un avocat sans cause, et fait pour le peuple ; mais il est vrai qu'elle eut , ainsi que Snlute-Croix , des liaisons .secrètes avec des personnes accusées dcs,mêmes crimes. Elle fut brûlée en 1676, après avoir eu la tête tranchée. Mais, dépuis 1 670 qu'Ex ili 'avait commencé à faire des poisons, jusqu'en 1680, ce ciime infecta Paris. On ne peut dissimuler que Pénautier, receveur général du clergé , ami de celte femme, fut accusé , quelque temps après , d'avoir mis
ses secrets en usage , et qu'il lui en coûta la moitié de son bien pour supprimer les accusations.
» La Voisin , la Vigoureux , un prêtre nommé Le Sage , et d'autres, trafiquèrent des secrets d'Exili , sous prétexte d'amuser les ames curieuses et faibles par des apparitions d'esprits. On crut le crime plus répandu qu'il n'était en effet. La chambre ardente fut établie à l'Arsenal , près de la Bastille , en 1680. Les plus grands seigneurs y furent cités, entre autres deux nièces du cardinal Mazarin, la duchesse de Bouillon , et la comtesse de Soissons , mère du prince Eugène.
» La duchesse de Bouillon ne fut décrétée que d'ajournement personnel , et n'était accusée que d'une curiosité ridicule trop ordinaire alors , mais qui n'est pas du ressort de la justice. L'ancienne habitude de consulter des devins , de faire tirer son horoscope , de chercher des secrets pour se faire aimer, subsistait encore parmi le peuple, et même chez les premiers du royaume.
» Nous avons déjà remarqué qu'à la naissance de Louis XIV , on avait fait entrer l'astrologue Morin dans la chambre même de la reine , pour tirer l'horoscope de l'héritier de la couronne. Nous avons vu même le duc d'Orléans , régent du royaume , curieux de cette charlatancrie , qui séduisit toute l'antiquité ; et toute la philosophie du célèbre comte de Boulainvilliers 11e put jamais le guérir, de cette chimère. Elle était bien pardonnable à la duchesse de Bouilion, et à toutes les dames qui eurent les mêmes faiblesses. Le prêtre Le Sage , la Voisin et la Vigoureux s'étaient fait un revenu de la curiosité des ignorans qui étaient en très-grand nombre ; ils prédisaient l'avenir ; ils faisaient voir le diable. S'ils s'en étaient tenus là , il n'y aurait eu que du ridicule dans eux et dans la chambre ardente.
» La Reynie, l'un des présidens de cette chambre, fut assez mal avisé pour demander à la duchesse de Bouillon si elle avait vu le diable; elle répondit qu'elle le voyait dans ce moment, qu'il était fort laid et fort vilain , et qu'il était déguisé en conseiller d'Etat; l 'interrogatoire ne fut guère poussé plus loin.
» L'affaire de la comtesse de Soissons et du maréchal de Luxeinbonrg fut plus sérieuse. Le Sage, la Voisin , la Vigoureux rt d'autres complices étaient en prison , accusés d'avoir vendu des poisons qu'on appelait la poudre de succession ; ils chargèrent toui
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ceux qui les étaient venus consulter. La comtesse de Soissons fut du nombre. Le roi eut la condescendance de dire à cette princesse que si elle se sentait coupable, il lui conseillait de se retirer. Elle répondit qu'elle était très-innocente , mais qu'elle n'aimait pas à être interrogée par la justice. Ensuite elle se retira à Bruxelles oit elle est morte sur la fin de 1708 , lorsque le prince Eugène, son fils, la vengeait par tant de victoires, et triomphait de Louis XIV.
» François-Henri de Montmorency-Bouteville , duc, pair et maréchal de France , qui unissait le grand nom de Montmorency à celui de la maison impériale de Luxembourg, déjà célèbre en Europe par des actions de grand capitaine , fut dénoncé à la chambre ardente. Un de ses gens d'affaires , nommé Bonard , voulant recouvrer des papiers importans qui étaient perdus , s'adressa au prêtre Le Sage pour les lui faire recouvrer. Le Sage commença par exiger de lui qu'il se confessât et qu'il allât ensuite, pendant neuf jours , en différentes églises , où il réciterait trois psaumes.
» Malgré la confession et les psaumes , les papiers ne se retrouvèrent point; Us étaient entre les mains c une fille nommée Dupin. Bonard , sous les yeux de Le Sage, fit, au nom du maréchal de Luxembourg , une espèce de conjuration par laquellè la Dupin devait devenir impuissante en cas qu'elle ne lui rendît pas les papiers. On ne sait pas trop ce que c'est qu'une fille impuissante; la Dupin ne rendit rien et n'en eut pas moins d'amans.
» Bonard désespéré se fit donner un nouveau plein-pouvoir par le maréchal ; et entre ce plein-pouvoir et la signature , il se trouva deux lignes d'une écriture différente , par lesquelles le maréchal se donnait au diable.
» Le Sage , Bonard , la Voisin , la Vigoureux et plus de quarante accusés ayant été enfermés à la Bastille , Le Sage déposa que le maréchal s'était adressé à lui et au diable pour faire mourir cette Dupin qui n'avait pas voulu rendre les papiers ; leurs complices ajoutaient qu'ils avaient assassiné la Dupin par son ordre , qu'ils l'avaient coupée en quartiers et jetée dans la rivière.
« Ces accusations étaient aussi improbables qu'atroces. Le maréchal devait comparaître devant la Cour des pairs ; le parlement et les pairs devaient revendiquer le droit de le juger; ils ne le firent pas , l'accusé se rendit lui-même à la Bastille : démarche qui prouvait son innocence sur cet assassinat prétendu.
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» Le secrétaire d'État Louyois , qui ne l'aimait pas , le fit enfermer dans un cachot de six pas et demi de long , ou il tomba très-malade. On l'interrogea le second jour, et on le laissa ensuite cinq semaines entières sans continuer son procès : injustice cruelle envers tout particulier , et plus condamnable encore envers un • pair du royaume. Il voulut écrire au marquis de Louvois pour s'en plaindre, on ne le lui permit pas. Il fut enfin interrogé. On lui demanda s'il n'avait pas donné des bouteilles de vin empoisonné pour foire mourir le frère de la Dupin , et une fille qu'il entretenait.
» Il paraissait bien absurde qu'un maréchal de France , qui avait commandé des armées, eût voulu empoisonner un malheureux bourgeois et sa maîtresse, sans tirer aucun avantage d'un si grand crime.
» Enfin, on lui confronta Le Sage et un prêtre nommé d'Avaux, avec lesquels on l'accusait d'avoir fait des sortilèges pour faire périr plus d'une personne.
» Tout son malheur venait d'avoir vu une fois Le Sage , et de lui avoir demandé des horoscopes.
» Parmi les imputations horribles qui faisaient la base du procès , Le Sage dit que le maréchal duc de Luxembourg avait fait un pacte avec le diable, afin de pouvoir marier son fils à la fille du marquis de Louvois. L'accusé répondit : « Quand Mathieu de » Montmorency épousa la veuve de Louis-le-Gros , il ne s'adressa » point au diable , mais aux états-généraux , qui déclarèrent que , » pour acquérir au roi mineur l'appui des Montmorency , il fallait » faire ce mariage. »
» Cette réponse était fière et n'était pas d'un coupable. Ce procès dura quatorze mois. Il n'y eut de jugement ni pour ni contre IuL La Voisin , la Vigoureux et son frère , et le prêtre , qui s'appelait aussi Vigoureux , furent brûlés avec Le Sage à la Grève. Le maréchal de Luxembourg alla quelques jours à la campagne, et revint ensuite à la cour faire les fonctions de capitaine des gardes , sans voir Louvois , et sans que le roi lui parlât de tout ce qui s'était passé. »
Voltaire parle , dans ce qu'on vient de lire, de l'interrogatoire de la duchesse de Bouillon. Voici l'extrait de cet interrogatoire, tel qu'il est rapporté dans les Mémoires histoi iques sur la Bastille,
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1680 , 23 Janvier.
» Marie- Anne de Mancini , duchesse de Bouillon , épouse de M. le duc de Bouillon , pair et grand chambellan de France , âgée de vingt-neuf ans, native de Rome.
» Elle a été décrétée d'assigné pour être ouïe , par arrêt de la chambre, séante au château de l'Arsenal, le a3 janvier 1680.
» Madame de Bouillon fut chargée par la Voisin d'avoir offert au nommé Le Sage une somme considérable en espèces d'or, pour l'engager à exécuter le dessein qu'elle avait formé de se défaire de M. le duc de Bouillon son mari, afin d'épouser M. le duc de Vendôme, et de s'être d'abord adressée , pour l'exécution de ce dessein, à une femme appelée la Vigoureux; mais que la Voisin, qui avait connaissance des desseins de madame de Bouillon contre M. le duc de Bouillon son mari, était venue chez madame de Bouillon lui dire qu'elle avait un homme qui ferait mieux son affaire que la Vigoureux.
» Madame de Bouillon , qui fut interrogée sur ces faits, les nia ; cependant elle avoua qu'il était vrai que la Voisin était venue un jour chez elle , et qu'elle lui avait dit que , sur la connaissance qu'elle avait qu'elle était curieuse , elle Voisin venait lui dire qu'elle avait un très-habile homme chez elle qui savait faire des merveilles : ce que madame de Bouillon ayant dit quelques jours après à M. le duc de Vendôme et autres personnes de sa connaissance , ils dirent qu'il fallait aller voir cet homme ; ce qu'ils firent quelques jours après. Etant arrivés chez la Voisin , madame de Bouillon demanda à cette femme si l'homme dont elle lui avait parlé était chez elle , et la Voisin lui ayant dit qu'il y était , ladite Voisin le lit venir dans un cabinet, où M. de Vendôme alla lui parler; etcet homme , qui était le nommé Le Sage, lui ayant dit qu'il ne pouvait faire ce qu'il savait qu'en la présence d'une seule personne , M. de Vendôme le vint dire à madame de Bouillon , qui témoigna qu'elle voulait avoir part et être présente à ce que Le Sage proposait de faire; et M. le duc de Vendôme, étant retourné sur cela parler à cet homme , il l'obligea de consentir que madame de Bouillon fût présente , aussi bien que lui duc de Vendôme, à ce qu'il ferait. Et en effet, étant passes dans le cabinet où était Le Sage, et madame de Bouillon lui demandant ce qu'il savait faire , il lui
dit cju'il ferait brûler en sa présence un billet dans lequel il fallait écrire quelques demandes , qu'après cela il le ferait retrouver oii elle voudrait. En conséquence , M. le duc de Véndômc écrivit deux demandes , dont l'une était pour savoir où était alors le duc deNevers , et l'autre si M. le duc de Beaufort était mort; lequel billet ayant été cacheté , Le Sage le lia avec du fil et y mit du soufre avec quelques enveloppes de papier ; après quoi M. de Vendôme pritlc billet, qu'il fit brûler lui-même en la présence de madame de Bouillon sur un réchaud , dans la chambre de la Voisin , et après cela , Le Sage dit à madame de Bouillon qu'elle retrouverait le billet brûlé dans une porcelaine chez elle : ce qui n'arriva pas néanmoins. Mais , deux ou trois jours après , Le Sage vint chez madame de Bouillon , et lui rapporta le billet en question ; ce qui la surprit extrêmement, et de le voir cacheté comme il était, et dans le même état qu'il était lorsqu'il fut remis à Le Sage.
» Madame de Bouillon donua une pistole à la Voisin, en sortant de chez cette femme , et M. le duc de Vendôme une pistole à Le Sage.
» Madame de Bouillon ayant fait le récit à M. de Vendôme du billet qui lui avait été rapporté, il dit que ce n'était pas possible, et qu'il fallait obliger Le Sage d'en brûler un autre , et à le lui faire après retrouver; de sorte que madame de Bouillon envoya chercher cet homme , qui vint chez elle , où il fut écrit un autre billet, dans lequel Le Sage dit qu'il fallait mettredeuxpistoles pour les sibylles, lesquelles lui furent données , et le billet fut ensuite brûlé comme la première fois , avec promesse de Le Sage de le faire retrouver aussi bien que l'autre. Il se retira , et madame de Bouillon envoya depuis plusieurs fois chez lui, et y passa elle-même ; mais après plusieurs excuses , il vint trois ou quatre jours après chez madame de Bouillon, et lui dit que les sibylles étaient empêchées , et qu'il n'avait pas pu lui rendre réponse ; ce que madame de Bouillon dit avoir trouvé si ridicule , qu'elle le récita à plusieurs personnes , et l'écrivit même à M. le duc de Bouillon sou mari , qui était à l'armée.
» Madame de Bouillon était accusée d'avoir écrit elle-même ce second billet qu'elle mit dans les mains de Le Sage , et qui fut cacheté pour être brûlé ,mais que Le Sage eut l'adresse d'escamoter* fct dans lequel clic demandait la mort de M. de Bouillon sonmarii