Archires des affiûres étrangères
ne point regarder comme une simple cérémonie les engagements que Ton prend en qualité de parrain, engagements qui obligent à veiller, autant qu'on le peut, à ce que Tenfant soit élevé dans la religion catholique. L'impératrice de Russie, le grand-duc et la grande-duchesse étant de la religion grecque, dans laquelle,* par la loi du pays, Tenfant qui doit naître sera élevé, Sa Majesté se fait scrupule d'être parrain d'un enfant qui ne soit pas baptisé et qui ne doive pas être instruit dans la religion catholique; elle Ta refusé à plusieurs princes qui le lui ont demandé. Par conséquent, quoiqu'elle désire faire connaître à l'Europe qu'elle est toujours dans les mêmes sentiments pour l'impératrice de Russie, et que la conduite du maréchal Apraxin n'y apporte aucun changement, elle ne peut consentir à ce que cette princesse souhaite. Si l'on vous en parle, monsieur, vous devez représenter ces raisons, et faire sentir que des principes de religion sont seuls cause de la peine que Sa Majesté sent à ne point contracter une liaison de plus avec l'impératrice de Russie.
« Je suis, etc.
€ Le comte de Berms. »
« P. S. Le plus prudent serait d'éluder cette demande, sans que l'impératrice de Russie pût en être blessée; personne n'est plus capable que vous d'en imaginer le moyen. »
Quel étrange homme que ce Louis XV ! Lui qui vingt fois par jour, à toute minute, à toute seconde, viole les plus saintes lois de la morale et de l'Église, qui foule
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aux pieds remords et pudeur, réprobation divine et humaine ; qui souille à la face de l'Europe et du monde son lit d'époux et son sceptre de roi, du contact impur des plus impures courtisanes; qui encourage la prostitution et couronne Tadultère, le voilà se fai$ant serupiUe iéire parrain d'un enfant qui ne sera pas baptisé et inêtruitdans la reUgion catholique!
Elisabeth fut piquée au vif. Elle avait fait de véritables avances à son frère bien-aimé ; en les voyant repoussées, la tzarine fut blessée dans ce que les femmes ont de plus sensible au monde, Tamour -propre. Louis XV et la cause dont il était un des représentants avaient perdu plus de moitié dans son cœur... Bestucheflf se frotta les mains. Il croyait triompher!...
Un des premiers, le marquis de L'Hospital avait entrevu le changement de la tzarine. Il en comprit le danger pour les trois puissances alliées, et résolut de porter remède au mal avant qu'il eût fait plus de progrès. La désaflfection va vite au cœur des femmes. Le vieux courtisan le sait, et afin d'opposer plus tôt une digue au torrent, il a Tidée d'appeler un auxiliaire.
<t Mon cher petit, mande-t-il au chevalier d'Éon, j'ai appris avec peine votre accident, et avec grand plaisir vos entrevues avec le Vieux et le Nouveau Testament^. Venez pratiquer l'Évangile avec nous, et comptez sur mon amitié et mon estime. »
Le chevalier Douglass se joint à lui et écrit en même temps : « Je vous embrasse aussi, mon cher Éciopé, et je souhaite que vous soyez parti avant la récep-