‹ Mémoires sur la ChineChapitre 130 sur 220 · BOUDDHISTES · texte numérisé non relu

BOUDDHISTES

de la déesse syrienne « s'avançant les bras nus, agitant des glaives tranchants, et sautant au son de la flûte. » Le chant des frères Arvales rappelle la même pratique :

Limen sali! sta! berber! — Triumpe! C'est-à-dire, très-probablement : « Saute sur le seuil ! debout ! Frappe ! saute ! »

Celui qui exerce sur les diables le plus de pouvoir, et qu'ils redoutent le plus, est le chef de la secte des tao-sso, ou du moins d'une partie très-notable de cette secte : on l'appelle le tman-tyen-ssô. Son pontificat est héréditaire et conservé depuis des siècles dans sa famille ; il habite non près du tombeau et du temple de Lao-tso, situédans le Xo-nan, près de Lb-i uiyen dans le h. ou district de Kwei-tô, mais fort loin de là, dans le Kyan-si, à Kwei-tiui myen dans le iv de Kwah-sin; il a sous ses ordresun grand nombre d'exorcistes ambulants qu'il envoie aux personnes qui demandent son secours, et qu'on rencontre parfois sur les routes faisant leur tour de Chine.

Ce pontife est marié ; je crois que ses subordonnés le sont aussi. Il y a d'autrestao-sso qui observent d'autres règles et gardent le célibat.

Les tao-sso ont, comme les anciens Chinois, les cheveux relevés au sommet de la tête en une petite touffe ; ils portent habituellement un bonnet et une longue robe d'étoffe foncée à larges manches.

Les prêtres bouddhistes sont généralement connus sous le nom de xo-man ; on les. appelle aussi ssô, ta-ssô, son. Ceux de la secte lamaïque sont qualifiés de raa-môn (çramanas). On appelle fah-tuian et tsun-tmah les supérieurs de couvent. Le mot de fan-tuian sert aussi à désigner les chefs d'un temple : ceux du Tao s'appellent taotuiah ; enfin, on nomme yin-fo son ceux à qui leur règle permet l'usage de la viande. Les fah-tuian et les uian-ssô ou tman-ssô n'en mangent point. Les bouddhistes appellent tous les laïques mô-tiuK, ou bienfaiteurs ; ce qui veut dire que quiconque n'est pas moine doit faire vivre les moines par ses aumônes : les pauvres, en donnant un peu de riz ou quelque monnaie ; les riches, en réparant les couvents et en offrant à ceux qui les habitent les repas de légumes qualifiés de ta-tmaé, qui se mangent doucement et sans parler, bien différents en cela des repas meilleurs que font les heureux du monde.

Il y a dans les grands monastères , dans ceux de Ss-lmes et de Tmafi-tuiew , par exemple, des supérieurs, fan-tuian, qui exercent sur d'autres couvents et sur les temples une surveillance religieuse. Une surveillance d'un autre genre est exercée sur les mêmes établissements par des individus en nombre égal à peu près, c'est-àdire deux, trois ou quatre par province, qui ont le titre de sôn-kwan, ou magistrats chargés des prêtres, et sont choisis par l'empereur parmi les prêtres eux-mêmes.

On voit que le gouvernement chinois aime, comme les gouvernements européens, à mener ceux qui dirigent les âmes. Je suis convaincu qu'il se prêterait volontiers

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