‹ Mémoires sur la ChineChapitre 177 sur 220 · BUDGET DES DEPENSES · texte numérisé non relu

BUDGET DES DEPENSES

Gouvernement central 668377

Postes 2014984

Digues et édifices publics 2 800 000

Divers 1317 108

Dépôts et réserve 7 379 742

Encouragements aux lettres, examens, etc 293 800

Assistance publique - . 333 572

Pensions et gratifications 401 609

Divers dons à des prêtres, etc 182 182

Total. . . . 27 044150

Budget impérial.

Les huit bannières et les auxiliaires mongous 5 452 421

Riz et autres vivres 4 864 800

Cadeaux et pensions 401 609

Assistance publique pour les Mantchous 991 845

Religion lamaïque, sacrifices 344 574

Fabriques impériales 201 809

Total. . . . 12 257118

Budget de l'État 27044150

Déboursé pour les provinces, le Turkestan et le Thibet. . 0 007 380

Soit alors. ... 45 908 048

Le rédacteur du China mail évalue, de plus, les dépenses de la cour à 12 millions, ce qui porterait le total général à 57 908 048 onces, soit à plus de 420 millions de francs. Il évalue le revenu pour la même année à 425 millions de francs (17 millions sterling) : la plupart de ses chiffres sont plus élevés que ceux publiés offieipllement aujourd'hui. De plus, il fait figurer parmi les sources du revenu divers droits et diverses contributions dont la liste trimestrielle ne parle pas, mais dont l'existence n'est pas pour cela improbable, quelques-uns de ces impôts étant levés en Mongolie et en Mantchourie.

Les contributions publiques sont réparties avec aussi peu d'équité que dans l'ancienne France entre les diverses provinces. Leur assiette est mauvaise, puisque la terre est surchargée tandis que les maisons,

FINANCES DE L'ÉTAT

les boutiques, etc., ne payent rien. Les douanes intérieures, qui donnent peu à l'État, gênent le mouvement du commerce et produisent la contrebande, école de la rébellion et du brigandage.

Le revenu public est insuffisant : en supposant la Chine six à sept fois plus peuplée que la France, ce qui paraît être un minimum, son revenu étant le tiers à peine du nôtre, l'Etat se trouve être en Chine vingt fois moins riche qu'il n'est en France, ce qui le constitue dans une situation inférieure encore à celle de la Turquie. Et l'on voit que si depuis quatre mille ans la Chine se perfectionne, elle n'a pas encore constitué ses finances sur une base convenable et se trouve à peu près dans le même cas que l'ancienne France, qui, jusqu'à la révolution, a dû faire face à des dépenses nécessaires et toujours croissantes avec des ressources précaires et trop faibles; qui. sous Louis XIV, en était réduite au criminel expédient de révoquer l'édit de Nantes, pour obtenir du clergé un don gratuit de six millions de livres; qui, sous Louis XVI enfin, n'avait pas achevé de payer non pas le luxe, mais la gloire et les malheurs de Louis XIV. Quels pas immenses notre esprit actif et toujours en éveil n'a-t-il pas fait faire à l'administration et à la perception de nos finances depuis ce jour où le roi Charles VII osa, pour la première fois, proposer une taille pour l'entretien des gens de guerre !

La Chine a plus do ressources en elle-même que la France n'en eut et n'en aura jamais : depuis les Romains, l'argent de l'Europe va s'y engloutir en échange de la soie; mais cet argent se cache; le peuple est actif, mais la confiance manque. Un gouvernement sage et libéral, fort de l'assentiment public, peut donner à la Chine des finances meilleures et renouveler ce vieil empire ; les Chinois sont comme tous les peuples, ils payent volontiers quand ils savent où va leur argent. Ils ont plus d'une fois offert aux Européens des sommes considérables en échange d'une protection que leur gouvernement ne pouvait leur donner.

Pour le moment, avant de songer à accroître le revenu de l'Etat par de nouveaux impôts, il faudrait préparer l'acceptation de ces impôts en dégageant la matière imposable des charges extralégales dont elle est accablée. En dehors des contributions dont le montant est versé entre les mains des agents du fisc, l'autorité administrative impose chaque jour au public des taxes destinées à subvenir à certaines dépenses d'intérêt local : le commerce est taxé en faveur des hospices ; le batelage, pour fournir au curage des canaux; telles et telles sommités marchandes, pour la réparation d'un mur d'enceinte ou la construction d'un édifice public. Il est naturel et nécessaire que des contributions locales subviennent aux dépenses locales, ce principe est inattaquable et partout admis; mais son application par une autorité irresponsable en fait est singulièrement arbitraire et excessive: les sommes prélevées

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