‹ Mémoires sur la ChineChapitre 179 sur 220 · EFFECTIF PROBABLE · texte numérisé non relu

EFFECTIF PROBABLE

suivant qu'elle est à pied ou à cheval, de 12 à 24 francs par mois. Il est plus simple <le supposer qu'il est distribué des aumônes en échange desquelles aucun service ou à peu près aucun service n'est requis. A combien de pauvres les dislribue-l-on? Cette question est sans intérêt au point de vue militaire, et je n'y insisterai pas.

La bannière verte, c'est-à-dire l'armée purement chinoise, devrait compter six cent mille hommes. M. Wade suppose qu'elle coûte environ quinze millions d'onces. D'après le China mail, elle en coûterait quatre et demi avec la marine et rations comprises ; ce qui ferait au maximum trente-six millions de francs : c'est encore peu pour six cent mille hommes. Dans des rapports adressés au dernier empereur et cités par M. Wade, on lit que l'armée des provinces, dans laquelle on comprend évidemment les huit bannières, coûte dix millions d'onces et ne compte pas sous les armes la moitié de son effectif illusoire de six cent mille hommes. Je crois que la vérité se trouve là; sur les six cent mille hommes, le gouvernement tolère une diminution de cent cinquante mille qu'il ne saurait payer, et les magistrats locaux s'attribuent la solde de cent cinquante mille autres soldats, sinon plus, qu'ils font figurer sur les rôles et peuvent, si on l'exige, en levant pour un jour quelques vagabonds, faire figurer aussi dans les revues : c'est là un procédé bien connu de la Turquie militaire: la France d'avant la révolution ne l'ignorait pas absolument.

Il me semble, en conséquence, que le chiffre pompeux de l'armée chinoise peut être réduit à trois ou quatre cent mille Chinois et Tartares disséminés sur une surface immense; bons, ou plutôt mauvais, pour la police des villes et des routes, insuffisants pour la répression de la moindre révolte, trop mal armés et trop mal commandés pour que leur résistance à des troupes européennes puisse avoir un autre résultat que leur massacre. Quant à l'invention d'une marine chinoise, elle dépasse les limites de la plaisanterie. M. Wade donne le tableau de ce que l'on appelle la marine chinoise : on n'y voit guère figurer que des barques de rivière, des canots marchant à l'aviron et des bateaux dits bateaux de fleurs. Toute la marine de guerre chinoise consiste encore, à l'heure qu'il est, dans quelques petits bateaux à vapeur achetés à des négociants américains ou anglais. La Chine a failli avoir une flottille en refusant de ratifier la convention Lay, Osborn ; elle a perdu cette chance. Il paraît cependant, d'après de récentes nouvelles, que des Français lui construisent quelques canonnières; mais, pour le moment, il serait aussi oiseux d'étudier sa marine que de dresser un tableau des embarcations employées en France par le service des ponts et chaussées ou par les sauveteurs.

L'armée chinoise est divisée en fractions diverses qui peuvent être placées sous le commandement direct des gouverneurs généraux, des gouverneurs et des intendants appelés pin-pei-tao, comme sous celui de chefs militaires spéciaux.

Si j'ai bien compris les explications qui m'ont été fournies, une partie de celte armée serait considérée comme active, tandis que l'autre partie serait chargée seulement de la garde des places: à chaque fraction de l'armée correspondrait de plus un corps égal, dit extérieur, et qu'on pourrait regarder comme une réserve. Cette réserve n'a probablement d'existence que dans la théorie.

POU-FOU 51IUTAir.ES DU DEUXIEME AU SEPTIEME RANG.

Pour celui du premier rang, voir l'officier en habit de cour.

L'unité pour les troupes actives parait être le yin, qui compte de trois à cinq mille hommes et est commandé par un ti-ts.

Le yin a cinq subdivisions de six cents à mille hommes, dites tmeîi-mao-yin, dont deux sont commandées par des tsan-tsyan et trois par des yes-ki ; chacun de ces officiers a sous ses ordres un iuao-pey et deux tsyen-tssîï : le tsyen-tsbïï a donc trois cents ou cinq cents hommes, formés en deux ou trois compagnies de cent à deux

Page 1