ARTILLERIE CHINOISE
Mousquet, armes à charge mobile, fusées, canon sur son chariot. — D'après le Traité chinois de l'art de la guerre.
L'artillerie chinoise diffère peu de l'artillerie européenne du seizième siècle; elle est seulement peut-être un peu plus grossière. Elle présente des canons formés de deux demi-cylindres de bois, reliés de cuir et cerclés de cordes; un tonnerre en fer garnit la moitié de l'âme et reçoit les premiers battements. Nous en avons vu d'autres de fonte et de bronze dont les musulmans et les missionnaires paraissent avoir porté à la Chine le secret; nous en avons pris de fort grands, une pièce de bronze, entre autres, longue de 3m.51 et du poids de 7 220 kilogrammes. Les pièces de campagne sont montées sur des chariots et reculent sur ces chariots; quelquefois on dissimule les pièces dans des charrettes ordinaires : cela s'est fait, par exemple, à Pa-li-kyao. lt y a des pièces accouplées, des orgues, etc.; il y a, enfin, des mousquets et des canons à tonnerre mobile, appelés ws-ti ta tsyan-kyun : chaque pièce a un certain nombre de ces tonnerres qui reçoivent la charge et sont successivement employés.
Les fusées sont plus anciennement connues en Asie que le canon ; on en fait encore en Chine un grand usage : on nous en a lancé beaucoup avec peu de succès. Celles dont je donne ici la représentation, d'après un ouvrage chinois, y sont indiquées comme ayant une boîte longue de sept pouces et large de deux.
La poudre fusante est, en effet, d'une découverte très-ancienne ; mais je ne crois pas que la poudre explosive ait été connue en Asie avant de l'être en Europe. Les proportions actuelles du mélange en livres et onces seraient, d'après un ouvrage chinois en ma possession, les suivantes :
Poudre à canon.
Salpêtre 5 1. 4L »
Soufre 1 14
Charbon de saule 1 14
Pour une quantité moindre de poudre à mousquet, on emploie : salpêtre, 1 once; soufre, 14 centièmes d'once; charbon de saule, 18 centièmes d'once.
Les divisions, l'ordre de marche et de bataille, les mouvements des troupes, me paraissent ne point différer beaucoup de ce qui était en usage dans les armées de Timour et, vers le même temps, dans celles des Osmanlis. En Chine, comme là, il y a des chefs de dix, de cent et de mille hommes ; les titres se sont conservés à défaut des nombres. L'escouade de cavaliers ou de fantassins compte un chef, dix soldats et un valet, ce que nos soldats appelaient jadis un goujat, c'est-à-dire en langue d'oc un garçon, et ce que les janissaires appelaient le saka ou le porteur d'eau. Le valet moderne est habituellement un enfant volé, ou un enfant attaché aux soldats par les liens de la misère et du vice.
Chaque homme porte à la ceinture une tablette de bois dite yao-pey. haute de trois
Poudre de mine