‹ Mémoires sur la ChineChapitre 189 sur 220 · TYPE DES FORTS DU PEI-XO · texte numérisé non relu

TYPE DES FORTS DU PEI-XO

de toute forme et sans nombre. Je donne ici la représentation d'un drapeau dit des huit armées et d'un drapeau dit de l'armée du Nord ■ il ne faut pas confondre ce jeu de drapeaux avec les huit bannières.

L'art de la fortification et celui des sièges sont, en Chine, dans l'enfance : les villes sont habituellement carrées: les murailles, protégées par un fossé, sont hautes de vingt à cinquante pieds, et soutenues par un massif de terre d'une largeur égale à sa base. Les murailles, couronnées de créneaux, sont flanquées, de distance en distance,

de tours généralement carrées, qui portent parfois des postes d'observation élevés sur un échafaudage en bois. Les angles saillants de l'enceinte des villes sont protégés quelquefois par des tours plus hautes; cela s'observe surtout à Pékin. Les portes sont sur le flanc des tours; elles sont doubles et garnies de fer. La grande muraille ne diffère pas des murailles des villes ; elle n'est point d'une même hauteur partout, et se trouve interrompue sur divers points.

Les forts construits pour la défense des côtes sont d'un plan différent et qui paraît adopté depuis près de six siècles. Ils sont de forme carrée ou oblongue; leurs saillants sont atténués. Ceux du Pci-xo, protégés par des fossés de 5 mètres, présentaient un relief de 9 mètres environ; ils étaient en terre; leur développement était variable : quelques-uns, carrés avec un seul cavalier, avaient des côtés de 100 à 200 mètres; d'autres, à deux ou trois cavaliers, avaient un grand côté de 300 à 500 mètres. Chaque cavalier, d'un relief de 12 mètres, était large de 30 mètres environ et portait de deux à cinq pièces. Ces cavaliers regardaient la mer, ce qui obligea les Chinois à retourner leurs pièces quand nous attaquâmes les forts. La porte faisait face au talus du cavalier; elle était quelquefois défendue par un tambour ou un masque en terre. La poudrière était couverte par le cavalier, ce que je n'ai pas bien exprimé clans le dessin ci-joint, fait de mémoire. Les soldats étaient baraqués dans des huttes semi-cylindriques, construites en roseaux et en torchis, et pourvues intérieurement de deux banquettes en briques possédant un foyer à leur centre, et entre leurs briques, quelques espaces vides : on s'en servait comme des poêles russes pendant l'hiver, et leur construction rappelant les chaudières tubulaires était vraiment ingénieuse.

Les défenses accessoires des forts du Pei-xo consistaient surtout en pieux pointus occupant tout l'espace situé entre le fossé et le mur; des chausse-trapes, des grelots pour annoncer l'approche de l'ennemi y furent rencontrés aussi.

A Pci-tan, les Chinois avaient, en évacuant le fort, établi quelques fougasses à bombe; les habitants nous les révélèrent d'eux-mêmes.

Les fortifications d'un caractère plus permanent sont souvent protégées par des tours avancées, tôn-tay, ou détachées, où se logent des archers et des mousquetaires. Les ponts sont défendus de même. 11 y a plusieurs tours de ce genre près de la grande muraille. Il y a aussi des tours d'observation appelées ti-tay, dans lesquelles on n'entre qu'avec une échelle, et qui peuvent contenir, avec leurs vivres et leur eau, quelques hommes à l'abri d'un ennemi sans canon.

Ces tours protègent souvent les télégraphes, ou tours à fumée, yen-tay, placés dans le voisinage de la Tartane ou sur les côtes ravagées jadis par les Japonais. Les signaux s'y faisaient à l'aide de la fumée noire produite par la fiente d'une espèce de

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