CHAPITRE IV
entre nos devoirs et nos affections j ainsi que cela arrive ordinairement dans les guerres civiles.
On a Élit grand bruit de Fétalage et de la magnificence des représentans en mission. Je ne sais ce qui en est pour les autres; quant à moi je partis par la diligence de Paris pour me rendre à ma destination ; je fis toutes mes courses sur un cheval que Rempruntai dans ma famille , et je revins à Paris dans une voiture que me fournit Fadministratîon du département de la Vienne , et que je remis à celle du département de la Seine. Mes frais de mission s^élevèrent à environ quinze cents francs assignats. Voilà qui peut donner une idée du luxe asiatique d^'un proconsul de ce temps'-là.
Je m^occupai à lever et organiser des bataillons de gardes nationales , à faire fabriquer ou réparer des armes et des effets d^habillement , à rassembler des subsistances , et à assurer les différens services militaires dans lesquels il j avait la plus grande pénurie et un extrême désordre.
L^indiscipline des troupes était à son comble. Des bataillons entiers s^insurgeaient, un jour pour obtenir Tarriéré, une autre fois pour exiger une augmentation dé leur solde. A Poitiers, je fus obligé de me présenter souvent devant des bataillons de passage qui , réunis en armes , refusaient de partir , et, sourds à la voix de leurs chefs , menaçaient de piller les caisses. Je les pérorais, et ils finissaient par obéir. A ^iort, j^arrétai moimême , dans les- rangs de plusieurs bataillons ras-
S6 GONVENTIOH.
semblas , un officier qvi sanfflait U ro^iriiifi , je le fis cooduine nn prisan par ses propres soldaits , et au eommasideiiieiit d^.en ai^€ini marehe ^ que je pro* BonçflA au nom ide la Gonreolioii , la 'Ooiaoïie^OQ*^ tmpa sa i^iite sans le i]90ÎB4ilffe «mnittwe. fêtais eoBi^aiocu qH^ii ne fallait pas vaisonner ayee ûes hommes en révolte ^ qu^on ne poarait leis rame** œr au deirair que par la feruiteié et l'audace^ et qu^il valait «lieuK s'exposer à pérîr que d^ transi^ ger avec e«Xp En face du danger je sentais toutes mes forces s'exalter. L^autoHtë preoajt daus am« bouche un ion de confiance tel que chaque iadt'=^ vidu se sentait comme isolé ^t oroyak être s^ aux prises «vec tonte la reprësefitatioû ^atio-r* nale.
La mission dont j^^ais revêtu élak à la >Mfi <â« vile et militaire. Je ne fis point oisage de tous mes pouvoirs. Personne nVut à me reproofa^ 4f avoir porté atteinte à sa finrtupe ou à sa liberté.
Je ne fus pas Iong-4emps a fnVpercevoir quW vec les moyens qu^on employait , on ^ parvien-^ drait point à terminer la guerre, il n'^ avak point assez d^umté dans le commandement, il y -avait trop de âélibéra4ion dans les conseils , il h^^hfi* quait d^ensemi/le dans les vues et dans ies iréso-** lutions. Quinze ou vingt represenianfi 4^ ^peu^ jde, qui devaient agir de concert, étaient; divisés d'o^nions et ne pouvaient pasr' s^coorder. ils avaient transporté en face dW oimemi qui était très-uni ) les fatales discussioas qui déchiraient la