CHAPITRE VU
avec tant d^autres Français )es déplorables victimes ?
On a exalté leur martyre. Il y a de la gloire à mourir sur une croix pour le salut du genre humain; mais celui qui périt en entraînant les autres dans sa ruine , s^il était de bonne foi , on peut tout au plus le plaindre.
Si le clergé se fài soumis , si comme le lui prescrivait sa religion , il se fut résigné aux sacrifices qu'ion lui imposait, qui sait les malheurs et les crimes qu^il eût épargnés !
Tout ce qu'on peut dire de plus favorable au clergé pour excuser sa conduite , c'est qu'il était imprégné des mœurs du temps, et qu'il pouvait être injuste d'exiger des prêtres des vertus qu'on ne trouvait pas chez les autres citoyens.
L'Assemblée constituante n'était pas plus religieuse que ne le comportait le progrès des lumières , ou si l'on veut le relâchement des moeurs ; mais elle ne fit point la guerre à la religion , car son maintien ne dépendait nullement de l'existence d'un clergé propriétaire et formant un ordre dans l'État. Je parle, il est vrai, de la religion telle qu'elle est sortie des mains de son auteur, et non telle qu'il a plu aux passions humaines de la défigurer depuis.
Il arriva au clergé ce qui arriva au roi , à la cour et aux nobles. En refusant de faire des concessions raisonnables , il entraîna la ruine de la religion , comme ils causèrent celle de la monarchie.
Telles étaient^ sur cet objet, les idées toutes faites, avec lesquelles j'arrivai à la Convention.
Dans la guerre avec les prêtres, on oonimetiça aussi par des discours ^ on en vint ensuite aux lois et on finit par les mftssacreSé On prit les biens du cierge , on dépouilla les egUscs et on se livra à toutes sortes de profanations. Le premier qui, dans sa frénésie, osa fouler impunément aux ^ieds les ^ objets consacrés par la religion , lui porta un coup mortel. Il n^ avait qu'un miracle qui pût la sauver*
La Convention trouva Tédifice renversé. C'eût été une belle occasion pour le reconstruire d'après les idées et les besoins du temps. Mais la terreur en ensanglantait les débris, et la Convention^ en proie elle*-même aux fureurs dont elle était as*siégée, n'avait pas plus alors lu. puissance de relever l'iuitel que le trône.
Cependant les dominateurs sentaient qu'il fallait donner quelque chose au peuple , pour remplacer ce qu'il avait perdu, et, après avoir essayé en vain d'établir un culte à la liberté et à la raison , Robes-* pierre fut assez généreux pour réhabiliter l'Etre*- Suprême dans tous ses droits , et rendre à Prnne son immortalité. Ce retour vers la religion fut précisément ce qui le perdit. A dessein ou par hasard, il ise trouva à la première place daps une procession en l'honneur de l'Être-Suprême ; dès-lors fees complices l'accusèrent d'aspirer au privilège de la tyrannie , et quelques jours après il périt sur l'échafaud.