‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 47 sur 110 · CHAPITRE XII. i4f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. i4f

difficile. Si elle refusait de poursuivre les terroristes , elle semblait s^associer à leurs crimes et se perdait dans Popioion publique qui les avait en horreur. Si elle leur faisait leur procès , elle devait s^attendre à ce que les accusés lui répondissent quMls n^avaient agi qu^en vertu des ordres du comité de salut public, quMls lui avaient rendu compte de toutes leurs opérations , qu^elle les avait approuvées formellement ou par son silence. Aloi*s la Convention se trouvait à son tour comme accusée ; les royalistes, par haine ^ et une foule d^ambitieux parjalousie,d^emparaientde cette accusation. Qu^avaîl-elle à répondre? Qu'elle avait été opprimée? C'était la vérité. Mais il était naturel de lui répliquer : Ce qui est arrivé une fois peut arriver encore. Pour réparer Poutrage fait, le 3i mai , à Pinyiolabilité des représentans , on allait lui porter une nouvelle atteinte, et il était impossible qu'une assemblée , qui se mutilait ainsi elle-même ,<ne perdit pas beaucoup de sa considération ; d'ailleurs, les poursuites une fois commencées , où s^arréterait-on ? Gomment faire une distinction entre les terroristes ? Comment condamner les uns et absoudre les autres?

On ne ât point d'aboM toutes ces réflexions.

Entraînée par le besoin de se laver aux yenz de la France des excès de la terreur, la Convention adopta le parti qui satisfaisait à la fois la justice éternelle et les passions des ennemie de la révolution , mais que lui imposait la nécessité.

l42 CONVENTION.

Dès le 8 friictidor, Lç Cointre de Versailles attaqua vigoureusement Barrère , CoUot - d^Herbois , Billaud - Varennes , Vadier, Amar, Vouland et David. Sa dénonciation fut déclarée caJomnieuse. Legendre la reproduisit un mois après, mais seulement contre les trois premiers ; elle, fut prise en considération et renvoyée à une commission, Jetaient les mêmes faits , mais le temps avait marché , et Topinion publique sVtait fortement prononcée.

Carrier, qui sMtait acquis à Nantes une si effroyable célébrité, et qui , depuis le 9 thermidor, loin de sVnsevelir dans la plus profonde obscurité, avait déclaré une guerre à mort aux tl^ermidpriens, fut attaqué non moins vivejnent et décrété d'^accusation ( 4 frimaire ) : m Tout est coupable ici, dit-il en se justifiant, tout jusqu^à la sonnette du président, n Personne n^osa le défendre , excepté Bourbotte qui le fit même faiblement. Les terroristes eux-mêmes crurent prudent de le sacrifier pour apaiser la justice. La presque unanimité le dévoua à la mort. Il monta avec èourage à Téchafaud ( 26 frimaire ) , protestant de son innocence.

Le parti était entamé,, on voulut le frapper au cœur et Ton continuait, les poursuites contre les trois membres du comité de salut public. Mais cMtait un combat plus rude et une victoire plus difficile à remporter. L^instruction marchait lentement au gré de ceux quiia poussaient, et trop vite

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