‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 48 sur 110 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

encore pour les prévenus et leurs nombreux partisans. En gagnant (}u temps ils croyaient tout gagner. On décréta d^abord qu^il y avait lieu d^examiner la conduite des prévenus ( 25 frimaire ). Ils forent ensuite décrétés d^accusation (12 ventôse.)

Cependant les accusés et leur parti, croyatit leur perte inévitable , ne virent de salut pour eux que dans un complot contre la Convention. Les thermidoriens allaient se trouver sur la défensive. De part et d^autre on se préparait au combat JVtais alors président de la Convention. Des adresses et pétitions spontanées ou provoquées arrivaient chaque jour à la barre. Cétait des boulets qu^on se tirait de loin , en attendant qu^on fût à portée et qu^on en vînt aux mains. Le rappel des députés victimes du 3 1 mai, qui venait devoir lieu précisément pendant ce procès, fournissait aux sections de Paris un prétexte pour flétrir cette journée et demander la punition des chefs de la terreur. Il notait pas douteux que le royalisme ne cherchât à profiter des conjonctures pour faire le procès à la république. Tous les hommes de la révolution étaient flétris comme terroristes par les hommes de la contre-révolution» Ib se faisaient orateurs des sections , et leurs troupes légères se composaient de bandes de jeunes gens , se disant du bon ton , qui se distinguaient par des cadenettes poudrées , des cravattes vertes et des collets noirs à leurs habits.

Dans mes réponses aux pétitionnaires , je cher-

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chais à tenir un juste milieu entre les' deux éoueils sur le penchant desquels nous étions places^ et à écarter tout ce qui pouvait préjuger la décision de la Convention sur les accusés. Mais cela nVtaitpas facile. Les jacobins m^honoràient de leur haine et ne me le cachaient pas. On votait à haute voix pour le 0hoix du président , et lors de Fappel nominal par le résultat duquel j^avais été nommé, un de leurs coryphées s'était écrié : « Pourquoi ne nomme^t-onpas Charette (i)?)> Onfaisaitdonc tout ce que Ton pouvait pour me jeter hors des bornes et me faire verser tout*à-fait du côté de la réaction. Mes réponses aux adresses prouveront mieux que tout ce que je pourrais dire , jusqu'à quel point je parvins à tenir une juste balance entre les extrénies, et si je fis parler à la Convention un langage con-* venable à la fois à sa politique et à sa dignité (2).

(1) Général vendéen.

(a) À une députation de la ville de Lyon , qui dénonçait Collot d'Herbois, un des accusés : « Une fîineste expérience nous a prouvé que vingt-cinq millions d'hommes pouvyaîent être opprimés au nom de la liberté par quelques scélérats Ambitieux. Mais la même génération ne retombe pas deux fois sous le joug affreux de la terreur, et Fattitude imposante de tous les citoyens rassure les amis de la liberté contre les tentatives criminelles des sectateurs du système de destruction. Le peuple n'est point , coinme les tyrans, avide de vengeance; Il l'est seulement de la justice. Il remet aux lois le soin de punir ses oppresseurs. Les droits de la justice sont impéris^ sabkés; elle atteindra têt ou tatd les coupables. Les modernes

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