CHAPITRE XII. iSg
avait offerl de Tor pour se sauver en pays étranger, mais que la pureté de leur conscience leur avait fait rejeter ces offres. Comme le peuple sur leur passage les accueillait fort mal, ils montraient de Feffiroi et paraissaient croire que Ton avait envoyé des courriers en avant pour les assassiner. Barrère séparait quelquefois sa cause de celle de ses collègues , il gémissait même sur la journée du 3i mai. Il fit si bien, qu^il resta dans le port lorsquUls furent embarqués; Ton dit à ce sujet que cVtait la première fois qu^il n^avait pas sui{fi le vent. Dans son malheur , il excitait encore quelque intérêt parce quW n^imputait ses torts qu^à sa faiblesse. On citait de lui des mots à effet , il j visait ordinairement. Ilny a que les morts qui ne re^ viennent pas; on bat monnaie sur la place de là Révolution^ étaient des vérités plus qu^acerbes. Il avait été le rapporteur en titre du comité de salut public, et s^entendait parfaitement à donner aux choses les plus déplorables une couleur flatteuse, et à faire mousser les victoires. On appelait ses discours et ses rapports des carmagnoles. Il avait de Pesprit et delà facilité, des formes polies et de la douceur dans le langage. Quand on le rencontrait en so* ciété sans le connaître, on était séduit, on le prenait pour un homme bon et aimable. Mais, déjà trop connu dès VAsserabléc constituante pour pouvoir peut-être garder impunément le silence , la peur Fattira dans le parti dominant II. serait devenu thermidorien si on ne Tavait pas repoussé. De
l6o CONVBNTIOK.
semblables caraetères ne peuvent inspirer ni haine ni estime.
Ce notait pas asset pour la France dWoip <A^ lenu la punition de quelques che& de la terreur. Chaque département demandait celle des proconsuls qui rayaient opprimé , et chaque jour la Convention ordonnait Tarrestation de quelques-uns dVntre eux. Les royalistes auraient voulu qu^elle s'anéantit elle-même en condamnant jusqu^au dernier de ses membres. Elle ne se dissimulait pas ce danger. Mais , je le répète , elle nWait pas pu être sourde aux cris qui s^élevaient de toutes parts sur les mitraillades de Lyon et les noyades de Nantes. La mort de Couthon et la déportation de Collet*d^Herbois, quoique occasionées par d^autres faits, avaient déjà vengé Lyon; elles sauvèrent Fouché.
•Tai déjà signalé le caractère de Pinsurrection de Lyon. Il fut le même à Marseille et à Toulon , républicain dans le principe, royaliste à la fin. Que ces mou vemens eussent été légitimes ou non, ce n^en fut pas moins pour la Convention un devoir et une nécessité dé les réprimer. Ainsi les représentans qui avaient présidé au siège de ces villes , n'étaient pas pour cela plus coupables que les généraux et les soldats qui avaient renversé leurs murailles et enfoncé leurs portes. Le droit de la guerre excuse du moins, s'il ne les justifie pas , les coups portés durant le combat et dans le prer «lier moment de H victoire. Mais égorger le vaincu