CHAPITRE III. 2f
grande majorité. Lorsque Robespierre fut revenu de la tribune à sa place , Massieu lui demanda comment il se faisait qu^après avoir combattu ^ dans le temps , la motion de Louvet , il vint la reproduire aujourd'hui ? Robespierre répondit ; « Je ne puis pas expliquer mes motiÊ à des hommes prévenus et qui sont - engoués d'un individu ; mais j'ai de bonnes raisons pour en agir ainsi, et jY vois plus clair que beaucoup d'autres. » La conversation continuant sur ce sujet, Robespierre ajouta : « Comment peut-on croire qu'Égalité (le duc d'Orléans ) aime la république? Son existence est incompatible avec la liberté; tant qu'il sera en France , elle sera toujours en péril. Je vois parmi nos généraux son fils aine, Biron son ami, Valence , gendre de Sillery, son courtisan. Ses autres fils sont élevés par la femme de Sillery. Il feint d'être brouillé avec Égalité ; mais ils sont tous le» deux intimement liés avec Brissot et ses amis. Ils n'ont /fait la motion d'expulser les Bourbon» que parce qu'ils savaient bien qu'elle ne serait pas adoptée. Ils n'ont supposé à la montagnele projet d'élever Egalité sur le trône que pour cacher leur dessein de l'y porter ensuite.
» — Mais où sont les preuves ?
» — Des preuves ! des preuves ! veut-on que j'en fournisse de légales ? J'ai là-dessu£ une conviction' morale. Au surplus , les événemens prouveront si j'ai raison. Vous y viendrez* Prenez garde que ce ne soit pas trop tard. »
Vemsbmoe de eetie familie en France me jn^a^ niflsait aum îocosipalible avec la république. JTatir^ roloatîers donne ma voix à cette espèce iiV)9tracisinie qui nous en débarrassait. Oeût été rendre serrice à t3e prince aïKfoêi beaucoup 4e pépublicafns ^ par une 9ort« de pudeur 9 ppe-*^ paient encore quelque intérêt. Pendant cette con^ T^satiom , comme pendant la dtso«iftsîoa qui Ta** vait précédée, }e rdj^ais Egalité ^au haut de ia mo»- |itgcie,*paraissant indiffèrent eC résigné à la trififte destinée qui ratlefidai^ «t qui l^t^'guit bienf<A apws-
I^a comia^ne de Paris et la société des jacobins, SQ'uffl^es let soutenues par ia montagne , rirali^aîent ouverlemenit avee la Convention , et mena^ieot Ikaatecneitt la gînodide. Les revers de Tarmée , 'la conduite «mdarcieuse de Dumourie^ et le r^'el Hftéme de la motioii de Robespierre pour expulser les BourboRs , faisaient crier de to«^es paits à ia toahÂBOA. Ou rédan^ait le désarmement des gens aiii^pectset la im^ en activité du tribunal eji^traor*dînaire. La section dei; Tuileries arrêta de ««Mimuniquer aux ^uarante-^huit sections une pétifîon dans laqucâie on demandait à lar ClonTention 'Si elle se croyait en étfft de^saprer la patrie. Toutes les sections et la commune elle-«iéme avaient adopté cette pétition. La fermentation était extrême.
Le comité de défense générale mauda (27 mars) le conseil exécutif, la municipalité et le département , pour s^entcndre sur les mesures à prendre
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9&» de pi-ev/eiur les troubles dont on était me- «aoéf
Avant Fouverture de la séance, Marai dît ces purpVe^ i^iii^^quaMes ; « U eat faux que la souve- T9im^ à^ pePi^e sîoit JadivisiMe. XÎèiaqne commune de la république est souveraine sur son territoire dans les temps de crise, et le peuple peut prendre les mesures qui lui conviennent pour son salut. »
Le maire et (^aup^eUf , poocmveur de la com^ mune , complices de toute cette agitation , la représeijitèFe9t cQmme peu dao^ejreuse et chcyrduàr- Tçpl à end^m^ir efinn qu^ciUe menaçait. JLos ^gûron^ dins protestèrent que $.i l^çm ^ pyortait h quelque attentat contre la représentation nationale, les départemens tireraient une vengeance éclatante de i^ai^s. 'Gensonné dit que les députés n^étaient que les m^Bdatffires de leurs commettans directs , et ne devaient point de compte à d'autres , jusqu'à ee <f£}i eût été . fait une constitution diaprés la-^ queMe les députés seraient considérés comme r^pésentans de la nation. €es déclamations et ces théories n'^étaient guère propres à conjurer Forage*
Le (lendemain le maire vint présenter Fadresse à kr Conv^ation. Pétion proposa de faîue convoquer las ^ssem^lées primaires pour rappeler les députés qu^ellesaie trouveraient pas dignes de leur confiance, ^nv la proposition «de Boyer-Fonfrède , la Convention décida qu'ail gérait répondu aux péti-^
«4 ■ trOWVEWTION
tionnaîres qu^elle sauverait la patrie, mais que la commune de Paris répondait de la sûreté de la
Convention.
Cette responsabilité n^efirayait guère ceux qui mettaient en mouvement et dirigeaientla commune.
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