CHAPITRE I
L'apparition qu'il voulait faire à l'arrièregarde ennemie, son passage rapide tfune'extrémité de la frontière à l'autre , ne pouvaient que diviser l'attention des Français , les obliger à faire un mouvement rétrograde ou à reporter du moins une partie de leurs forces en arrière, ce qui aurait soulagé d'autant le général Milans et les autres divisions. De plus Romagosa se trouvait avec huit cents insurgés à Bellber, et nous allions précisément passer par cet endroit.
La veille de son départ le général en chef envoya Linati occuper le pont de Bar sur la route de la Cerdagne entre Urgel et Montais, avec ordre de ne laisser passer personne. Il fit distribuer à la troupe du biscuit pour quatre jours et prit la direction de Bellber. A moins de deux heures de marche , la division se partagea. Une colonne, aux ordres du colonel Gurrea, prit un sentier sur la gauche et gravit une montagne pour intercepter la
route entre Bellber et Puyeerda et couper la retraite à Romagosa. L'autre , aux ordres du général en chef, continua son chemin jusqu'à un endroit où la route forme un angle et défile entre plusieurs collines. Nous fîmes halte dans cette position. Nous y passâmes le reste du jour et une partie de la nuit pour donner le temps à Gurrea d'atteindre le point désigné. Nous nous remîmes enfin en mouvement, et nous achemi»
nâmes vers Montallâ que nous découvrîmes au lever du soleil. Le village dépassé , le général Mina disposa ses troupes de manière k forcer Romagosa à se défendre ou à se replier sur Puyeerda. Une partie de notre colonne prit une direction diagonale pour lui intercép-» ter toute autre retraite , le reste marcha directement à lui. Soit confiance dans la proximité des Français , soit crainte de reculer en leur présence, il nous laissa d'abord approcher sans se mouvoir; changeant tout-à-coup de résolu-