‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 110 sur 196 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

plus considérables. Comment leur tenir tête avec des troupes exténuées? Que faire, que résoudre dans une extrémité si fachieuse?

Nous tombions sous le feu de l'ennemi si nous nous hasardions dans le village ; nous étions perdus si nous attendions dans la plaine.

D'une autre part, nous ne pouvions espérer de salut qu'en gagnant Guils avec rapidité.

Une reconnaissance, un détour exigeaient du temps dont la perte nous exposait à une ruine assurée. Ossorio hésitait ; je crus de mon devoir de mettre fin à ses perplexités. Je me jetai dans le village ; personne ne le gardait ; la colonne continua son mouvement sans rencontrer d'obstacle.

Il n'en fut pas ainsi de moi-même; le succès m'avait enhardi , je m'aventure sur une colline d'où je devais plonger dans la plaine et découvrir les dispositions de J'ennemi. J'atteignis en effet le but que je me proposais ; mais quand je voulus rejoindre la colonne, il se

aSo LIVRE IV.

trouva que j'en étais séparé par un bataillon de factieux. Je fus obligé de gagner la montagne. Je me jetai dans les taillis, escaladai les rochers et croyais n'avoir plus rien à craindre, lorsque j'aperçus de vigoureux montagnards qui me suivaient à la piste. Ils étaient armés de carabines, je n'avais que mon épée; je fus obligé de fîiir encore. Mais je fus bientôt rendu de soif et de fatigue. J'allais succomber, lors-^ que j'aperçus un filet d'eau que je savourai à longs traits. Mes forces reviennent, je reprends ma course , -échappe à ceux qiii me poursuivent, et j'arrive enfin sur un versant moins roide où j'aperçois des bestiaux. Le contraste des alarmes de la guerre • av€€ la tranquillité de la cabane m'obsède malgré moi. Je cherche le gardien, mais le gardien a fui. J'ai beau appeler , mes cris se perdent d'écho en écho , et personne ne me répond. Je tourne de tous côtés, je découvre enfin un eoÊmt qui se tenait blotti dans le creux d'un rocher.

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