CHAPITRE ïl
le passage. 11 allait en atteindre le sommet^ lorsqu'il eut la douleur de se voir devancé»
Il était pris de front, de flanc , sur ses denrières ; il n'avait plus que la moitié de sa troupe , eur core cette moitié comptait-elle un grand nombre de blessés ; il fiit obligé de mettre bas le3 armes. C'est ainsi que succomba cette poignée d'Espagnols qui reproduisit les prodiges des défenseurs de Numance.
Gurrea présenta son épée au général Saint- Priest : « Non, lui dit celui-ci, vous en avez trop « bien fait usage , conservez - la ». Le général , dont le chapeau était percé de balles , demanda à Gurrea où était sa trouf>e : « Vous la voyez » j lui répondit -il. Le Français eut de la peine à le croire et plus encore à se persuader que Mina ne dirigeait pas l'action. Il traita les prisonniers avec générosité, et les ^uva des c»«^ trages des factieux.
11 suffit de réfléchir un instant au temps qu avait eu Mina, aux chemins qu'il avait par-
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courus, aux fatigues qu'il avait essuyées, pour se pénétrer de la nécessité où il se trouvait de demander des munitions à Livia (i). ïl donna ordre à Talcade de lui réunir le plus tôt possible du pain et du vin pour restaurer ses troupes, et le chargea de lui acheter toutes les espadrilles qui se trouveraient en vente dans le village. Cet homme, insensible au malheqr, trahit notre détresse et fut la révéler à l'ennemi. Mina, qui pénétra sa perfidie, mit aussitôt la coAonnéen mouvement. A minuit le camp était évacué.
Nous marchions sur Urgel; nous étions parvenus à la hauteur de Puycerda , deux milles sur sa droite , lorsqu'un- poste ennemi se jm^senta. Ossorio , qui était d'avant-garde, le reçut à la baïonnette. £n un clin-d'œil tout fut dispersé. Mais ce poste , le village auquel il était adossé, nous présageaient la proximité de forces
(i) Cette ville est sur le territoire espagnol.