CHAPITRE VIL
Madame Van Halen. — Fidélité de la troupe.
Ce n'est pas seulement dans la prison et au supplice que madame Van Halen se montra décidée à suivre le sort de son mari, elle partagea souvent ses périls au milieu des combats.
Dans le mois de juin 182*2 , Van Halen commandait la caval<3rie de la colonne d'Albornoz. On avait chassé de Berga Gep-dels-Estanys, et on se remettait des fatigues de Texcursion. Van Halen faisait manoeuvrer ses troupes dans un champ. Tout-à-coup une jeune femme habillée en montagnarde catalane , montée sur
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un raulet, paraît sur la route à côté; c'était madame Van Halen. A l'abri de ce déguisement, elle avait traversé vingt-huit lieues de pays au milieu des insurgés, pour voir celui qu'elle ne croyait plus embrasser. Une selle anglaise et un petit porte-manteau formaient tout son équipage. Il avait été impossible de la faire rétrograder. Son guide lui avait été fidèle , autant qu'il était resté auprès d'elle; mais le secret avait déjà percé. Si elle eût été reconnue des factieux, son déguisement n'aurait servi qu'à la compromettre davantage. Comme la colonne d'Albornoz avait continué ses opér rations vers Solsone et Cardone, elle eut à soutenir plusieurs combats. C'est alors qu'on vit des soldats se battre et mourir autour de cette femme courageuse dont le cheval suivait toujours celui de son mari. Elle faillit un jour payer cet excès de tendresse. Le colonel Baza , le même qui est actuellement employé en Catalogne , était occupé par l'ennemi ; le feu était